• [^] # Re: Snowflake

    Posté par . En réponse au journal Le flicage dans l'Open Source. Évalué à 10.

    «d'une, il ne fait que descendre, il n'a pas vécu l'esclavage, et d'autre part il est probable que son peuple ait vendu les siens, donc, qui est le méchant peuple reste à définir»

    Tu ne sais pas de quoi tu parles, mais on ne peut pas tout savoir. Et on a coutume de simplifier certaines problématiques au point de perdre la vérité de vue. Full disclosure : je suis noir (et pas "black", cet euphémisme douteux)

    "Il n'a pas vécu l'esclavage"

    Non, je n'ai pas vécu l'esclavage. Par contre je peux t'assurer que nous (nègres de beaucoup de pays) en supportons les conséquences encore aujourd'hui. Voir le documentaire "Les derniers maîtres de la Martinique" pour ceux qui ne connaîtraient pas la situation martiniquaise, unique au monde, d'une caste blanche (les békés) qui détient l'essentiel des richesses du territoire et reconnaît ne pas vouloir se mélanger au reste de la population pour conserver la pureté de la race. De fait, 2 membres de ma famille ayant eu un conflit avec un membre de cette caste sont dorénavant blacklistés dans toutes les entreprises békés de l'île. Sachant qu'ils sont les détenteurs du pouvoir économique (grande distribution, hôtels, pièces détachées, agriculture...) ces descendants d'esclavagistes ont un pouvoir tout à fait palpable sur nous, descendants d'esclaves.

    Extrait : «Dans les familles métissées, les enfants sont de couleurs différentes, il n’y a pas d’harmonie. Moi, je ne trouve pas ça bien. Nous (ndlr: les Békés), on a voulu préserver la race.» «Les historiens ne parlent que des aspects négatifs de l’esclavage et c’est regrettable» [...] « les bons côtés de l’esclavage et les colons qui étaient très humains avec leurs esclaves, qui les ont affranchis et qui leur donnaient la possibilité d’avoir un métier » Ces propos ont été tenus en 2009 dans un département français. Leur auteur a été relaxé On constate ici que bien que reconnu comme crime contre l'humanité, l'apologie de l'esclavage n'est pas condamnée : «La Cour de Cassation considère que la loi sur la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité ne comporte aucune disposition répressive. Ce n’est qu’une loi mémorielle.» Et la bourgeoisie locale à parfaitement le droit d'en vanter les avantages.
    Tu pourras également te renseigner sur le scandale du chlordécone : cette molécule cancérigène utilisée dans les bananeraies antillaises de 1972 à 1993 était interdite aux USA depuis 1976 et en France depuis 1990. Les planteurs (békés) de l'île ayant leurs entrées au gouvernement ont pu obtenir des dérogation successives permettant de prolonger l'utilisation du pesticide. Une fois l'interdiction effective (bien après le reste du monde), les stocks ont continué à être écoulés sous le manteau. Ceci est la résultante directe de l'économie coloniale qui place les îles en situation de dépendance. On consomme "importé" et ce qu'on produit (mono-culture de la banane) doit être exporté vers ""la métropole"". Je n'entrerai pas dans les travers psychologiques enseignés aux populations noires par cette colonisation, d'autres comme Frantz Fanon l'ont fait bien mieux que moi.