Alors dis-nous cher lecteur, à titre de comparaison, combien d'argent as-tu donné à des projets libres sur toute ta vie, autres que les tiens ? Je parle de vrai don sans contrepartie directe.
Semble prétendre que non, si on veut vivre du libre il n'y a pas besoin de réfléchir à un modèle économique viable, on à le droit d'attendre de l'argent sans contrepartie...
L'idée c'est plutôt que l'économie du don (avec dons financiers) peut être un modèle économique viable. Quand on achète une baguette de pain, il a fallu la produire, et donc le modèle marchand (je verse une contrepartie pour obtenir la baguette) est assez classique. Dans le monde immatériel, produire une copie d'un logiciel / morceau de musique / ... ne coûte (quasiment) rien. Par contre la production de l'œuvre initiale a bien un coût, et cette idée de donner de l'argent pour la produire plutôt qu'acheter des droits d'utilisation des copies, colle assez bien à la structure des coûts de production (on veut des biens libres, on finance leur création). Par contre c'est forcément une économie du don, au sens où si tu n'as pas payé tu as quand même le droit d'obtenir l'œuvre.
Autrement dit, je devrais coder pour du non libre, sur des projets qui m'intéressent pas des masses, que je ne peux même pas montrer à mes pairs autres que mes collègues (pour avoir les retours et donc m'améliorer), chose qui étouffe quand même pas mal la passion...
Ou coder sur des projets libres, ou sur des logiciels spécifiques pour des entreprises, ou faire un autre métier : cet argent n'a pas à circuler en circuit fermé entre les développeurs (libres ou autres). Et personne n'a dit que faire un métier qui te déplaisait était souhaitable.
et donner sans attendre de contrepartie directe à des gens qui, eux, sont sur des projets, peut-être non viables économiquement, sans vraies deadlines, etc...
Je pense qu'il y a un malentendu ici : la contrepartie des dons c'est la réalisation d'un projet libre. Quand Julien dit "sans contrepartie", je pense qu'il parle bien d'un don dans ces conditions, mais par opposition à d'autres choses qu'on trouve souvent sur les plates-formes de financement participatif : si tu donnes tant, tu as un t-shirt, si tu donnes tant, tu as droit à une journée avec les développeurs, ... La question porte sur le financement direct de biens libres, sans faire boutique de t-shirt ou vendre des services annexes en espérant financer le projet avec les bénéfices. On peut aussi voir ça comme une activité de service qui consiste à produire des biens libres contre rémunération (plutôt que développer quelque chose, faire le pari que ça va marcher, et donc vendre des droits d'utilisation).
aurait plus de valeur que contribuer du code?
Personne ne dit qu'une contribution sous forme de code a moins de valeur. Mais le modèle bénévole n'est pas toujours le plus pratique à grande échelle, ou simplement pour travailler intensivement sur un projet, et la question est de savoir dans quelle mesure ce travail peut être financé. On voit que les projets libres complexes ont souvent des développeurs payés pour travailler dessus. Le monde monétaire (travail spécialisé), mais pas forcément marchand.
On peut remarquer que du point de vue des dates limites et autres contraintes de production, que tu fournisses une contribution sous forme d'argent ou de code, c'est un peu la même chose : à moins que tu sois prêt à porter le projet tout seul s'il s'enlise, tu peux aussi bien fournir une contribution qui ne servira à rien parce que le projet n'aboutira jamais.
[^] # Re: Décompte du temps ?
Posté par ylsul . En réponse au sondage Mes contributions financières à des projets libres s’élèvent à.... Évalué à 1. Dernière modification le 09 février 2019 à 16:31.
L'idée c'est plutôt que l'économie du don (avec dons financiers) peut être un modèle économique viable. Quand on achète une baguette de pain, il a fallu la produire, et donc le modèle marchand (je verse une contrepartie pour obtenir la baguette) est assez classique. Dans le monde immatériel, produire une copie d'un logiciel / morceau de musique / ... ne coûte (quasiment) rien. Par contre la production de l'œuvre initiale a bien un coût, et cette idée de donner de l'argent pour la produire plutôt qu'acheter des droits d'utilisation des copies, colle assez bien à la structure des coûts de production (on veut des biens libres, on finance leur création). Par contre c'est forcément une économie du don, au sens où si tu n'as pas payé tu as quand même le droit d'obtenir l'œuvre.
Ou coder sur des projets libres, ou sur des logiciels spécifiques pour des entreprises, ou faire un autre métier : cet argent n'a pas à circuler en circuit fermé entre les développeurs (libres ou autres). Et personne n'a dit que faire un métier qui te déplaisait était souhaitable.
Je pense qu'il y a un malentendu ici : la contrepartie des dons c'est la réalisation d'un projet libre. Quand Julien dit "sans contrepartie", je pense qu'il parle bien d'un don dans ces conditions, mais par opposition à d'autres choses qu'on trouve souvent sur les plates-formes de financement participatif : si tu donnes tant, tu as un t-shirt, si tu donnes tant, tu as droit à une journée avec les développeurs, ... La question porte sur le financement direct de biens libres, sans faire boutique de t-shirt ou vendre des services annexes en espérant financer le projet avec les bénéfices. On peut aussi voir ça comme une activité de service qui consiste à produire des biens libres contre rémunération (plutôt que développer quelque chose, faire le pari que ça va marcher, et donc vendre des droits d'utilisation).
Personne ne dit qu'une contribution sous forme de code a moins de valeur. Mais le modèle bénévole n'est pas toujours le plus pratique à grande échelle, ou simplement pour travailler intensivement sur un projet, et la question est de savoir dans quelle mesure ce travail peut être financé. On voit que les projets libres complexes ont souvent des développeurs payés pour travailler dessus. Le monde monétaire (travail spécialisé), mais pas forcément marchand.
On peut remarquer que du point de vue des dates limites et autres contraintes de production, que tu fournisses une contribution sous forme d'argent ou de code, c'est un peu la même chose : à moins que tu sois prêt à porter le projet tout seul s'il s'enlise, tu peux aussi bien fournir une contribution qui ne servira à rien parce que le projet n'aboutira jamais.