• [^] # Re: Bof. Ca reste de la democratie representative.

    Posté par . En réponse au journal Passer l'élection présidentielle au scrutin jugement majoritaire.. Évalué à 7.

    Personne ne "choisi" de vivre dans ses coins-là. Souvent, ils y ont toujours vécu.

    Exactement. Et ceux qui sont partis devenir ouvriers à l'usine l'ont été en raison de politiques économiques décidées en ville par des urbains.

    Ce qui est incroyable, c'est qu'on demande toujours aux gens plus à la périphérie de s'adapter à la vie urbaine et de centre-ville, jamais l'inverse.

    Dans mon village un peu paumé, l'économie est altérée au profit du tourisme, des résidences secondaires et des pavillons d'urbains qui ont ramassé un pécule en ville et cherchent à s'installer à la campagne. On emmerde les paysans pour le bruit et la saleté que leurs fermes séculaires font à côté de résidences nouvellement réhabilitées ou construites. Il n'y aurait ni route ni électricité s'il n'y avait pas eu d'abord les fermes. On emmerde les bûcherons en interdisant le débardage tant qu'il y a de la neige dans les chemins qui servent au ski de fond. Il n'y aurait eu ni chemin ni parking au bord de la route s'il n'y avait pas eu l'exploitation forestière. On leur reproche de ne pas "baliser" les chantiers forestiers pour prévenir les promeneurs (en oubliant que poser 50 panneaux sur cinq hectares dans une forêt touristique, c'est en retrouver 3 à la fin du chantier). Toute l'attractivité touristique (les routes, les chemins, les forêts sans arbres en travers, les jolis champs plein de jolies vaches, les panneaux..) de la campagne est le fruit quotidien du travail des gens qui y vivent. Il ne faut pas compter sur les gens "de passage" (qui semblent penser qu'ils peuvent aller partout faire ce qu'ils veulent en laissant leurs déchets au bord de la route) pour maintenir en état de marche leur cadre de détente du week-end et des vacances (puisqu'apparemment, les gens qui "montrent l'exemple" en vivant en ville sont les premiers à souhaiter la fuir dès que possible).

    Le même phénomène se produit à l'échelle de la ville : l'économie purement "de service" du centre-ville (formations, banques, assurance, administrations, vente de vêtements ou d'électronique de luxe..) a besoin pour être construite, entretenue, améliorée, maintenue, de l'activité des artisans et des PME qui viennent de la périphérie. Les livreurs, les fourgons, les camions se font chier à mort pour venir rendre service aux gens qui vivent là et te regardent de travers parce que tu as réussi à te garer sur le trottoir.

    Et comme toujours il y a les gens les mieux placés dans le système économique, qui n'ont pas besoin de bagnole pour aller au boulot avec 4kg d'ordinateur portable (fabriqué à des miliers de km et transporté par voilier), s'installent dans un joli bureau qui a poussé tout seul, vont manger à midi de la bouffe qui pousse toute seule, se tiennent loin des machines bruyantes, des produits chimiques, des départementales dangereuses, des vapeurs de carburant, et expliquent aux gens qu'ils dominent socialement et économiquement qu'ils sont des cons de dépendre autant du pétrole.

    Je pense que si on ferme les vannes du pétrole, les gens qui vivent en ville seront les premiers à fuir à la campagne. Donc bon, leurs leçons sur la dépendance énergétique..

    En ce qui me concerne, vu ce qu'est devenue l'implication de l'état en zone rurale (le service public le plus proche est souvent un radar), je n'ai besoin d'aller en ville que pour les démarches administratives qu'elle m'impose. C'est à dire, même plus pour les cartes grises ou les impôts. Le mouvement des gilets jaunes c'est aussi ça : "on a besoin d'eux pour quoi, déjà ?"

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.