Efface et remplace : pour passer des heures à bloquer les gens, les menacer de mort, à partir du moment où ils ne sont pas d'accord, et casser, casser, encore casser. Oui, c'est moins légitime comme moyen d'action...
Tu mélanges les agressions d'automobilistes qui ont eu lieu surtout au début du mouvement, avec le phénomène déjà ancien de casse ciblée (état, banques..) en complément aux manifestations. Les agressions d'automobilistes ont rapidement tari (il n'y avait pas besoin de réfléchir bien loin pour voir qu'on se tire une balle dans le pied en étant agressif envers des gens qui sont dans le même bateau).
Sans excuser le fait de prendre à parti des quidams qui n'y peuvent mais, il me semble qu'il y a deux facteurs qui pourraient expliquer les violences commises sur les ronds-points, principalement au début du mouvement :
- un sentiment d'impatience qui couvait depuis des années, un isolement social croissant, et un "miroir médiatique" qui donnait l'impression à chaque élément de la société que "les autres" étaient totalement étrangers à leurs misères. "Vous êtes avec nous ou contre nous", ce ne sont pas les gilets jaunes qui l'ont inventé : c'est le discours dominant depuis des années. Il n'y a pas si longtemps, soit on votait Macron au deuxième tour, soit on était un ami des nazis.
- ironiquement, la violence propre à la voiture et à la culture qui l'entoure. Même sans réelle urgence, il y a des gens qui pètent un câble si ça n'avance pas devant, ou si on touche à leur carrosserie, comme si c'était une extension de leur corps.
Et c'est bien le problème de manquer de légitimité pour ce mouvement, ça brouille beaucoup le message. Ne pas voir ce problème est ne pas comprendre pourquoi une autre partie de la population n'accepte pas d'écouter, débattre, changer, avec "ça".
Et c'est toi qui parles de légitimité.. une majorité de la population approuve le mouvement. Et une partie de la minorité qui désapprouve est pourtant ouverte à l'écoute, au débat et à l'échange. Du reste, c'est aussi comme ça qu'une démocratie doit fonctionner : quand une partie d'une société pète totalement les plombs, c'est au reste de la société d'aller chercher, autant que possible, le dialogue.
Et c'est ce qu'a fait la société civile pendant des années en France, vis à vis du pouvoir qui a pété les plombs. C'est ce qu'il y a des gens qui ont encore la patience de faire : suivre l'évolution des lois, mener une veille pro-active (sur les directives européennes, les traités internationaux..), se constituer en associations, en lobbys citoyens, écrire à son maire ou son député, donner à des caisses de soutien juridiques (pour des manifestants arrêtés, blessés, pour des migrants..). C'est épuisant et décourageant quand on se rend compte qu'on travaille contre soi-même (on paie des impôts pour décider des conneries ET on donne de son temps/argent pour lutter contre les conneries en question), ET qu'on travaille toujours sur le terrain de l'adversaire (en utilisant des moyens dont il dispose bien davantage : temps, argent, complexité juridique..), ET qu'il faut sans arrêt repartir de zéro, relancer le combat, suivre le rythme, qu'aucune victoire n'est définitive ni même consolidable à moyen terme, tout ça pour des résultats de plus en plus maigres et une tendance à long terme très défavorable.
Le mouvement des gilets jaunes a repris l'initiative, en choisissant son terrain, en attaquant le pouvoir par la bande, en utilisant des moyens (palettes, transpalettes, réseaux sociaux, ciment..) que pour une fois le pouvoir maîtrise moins bien. Évidemment, les moyens n'ont pas été mis sur ce qui caractérise le militantisme plus institutionnel : une coordination lente pour aboutir à des revendications textuelles précises et compatibles avec le droit. Évidemment, le caractère public et improvisé (on parle de l'émergence d'un mouvement, sur une base vaguement géographique et socio-économique) a rendu bien plus visibles les comportements agressifs, homophobes, sexistes... comportements qui existent dans d'autres milieux militants mais sont cachés de l'extérieur (c'est plus organisé, plus attaché à son image publique, plus ancien donc il y a des hiérarchies tacites et des copinages..).
Bordel, c'est plutôt le contraire que d'autres constatent : pas encore de mort on ne sait pas comment, ha si il y a comme consigne de laisser casser plutôt que d'aller au contact. Tu as du mal à te rendre compte de ce que ça devrait être si c'était une "violence répressive"... Dans les pays avec "violence répressive", les morts se comptent par dizaines...
J'ai écrit : "une violence répressive rarement vue ces dernières années en France", c'est bien que je sais qu'il y a des pays où c'est pire. Mais... sérieusement, l'argument du "il y a pire ailleurs", encore ?
J'ai écrit : la police vise la tête. L'écrasante majorité des blessures sont à la tête : https://pbs.twimg.com/media/Dw4VXyGWwAABVBS.jpg (source : Libération). Pourtant, la tête ne représente pas une surface aussi grande (à supposer que la police tire au hasard). Donc, la police vise la tête. C'est interdit de viser la tête. Viser la tête avec un LBD mutile à vie : les manifestants le savent, la police le sait, et j'espère que je ne te l'apprends pas. Si pour toi, viser illégalement avec l'intention de mutiler à vie, ce n'est pas de la "violence répressive", qu'est-ce que c'est ?
À mon avis, la police évite d'aller au contact parce qu'il y a un risque d'aller au contact : des armes ont été volées comme ça, certains policiers ont été attrapés et entraînés dans la foule en colère (c'est arrivé en Espagne il me semble). C'est caractéristique de la violence fasciste : sa lâcheté.
Un mot facile à lui mettre dans la bouche, sans réfléchir à comparer avec par exemple UK et US (si lui est "ultra", eux sont quoi?).
Son modèle ?
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.
[^] # Re: Bof. Ca reste de la democratie representative.
Posté par Grunt . En réponse au journal Passer l'élection présidentielle au scrutin jugement majoritaire.. Évalué à 4.
Tu mélanges les agressions d'automobilistes qui ont eu lieu surtout au début du mouvement, avec le phénomène déjà ancien de casse ciblée (état, banques..) en complément aux manifestations. Les agressions d'automobilistes ont rapidement tari (il n'y avait pas besoin de réfléchir bien loin pour voir qu'on se tire une balle dans le pied en étant agressif envers des gens qui sont dans le même bateau).
Sans excuser le fait de prendre à parti des quidams qui n'y peuvent mais, il me semble qu'il y a deux facteurs qui pourraient expliquer les violences commises sur les ronds-points, principalement au début du mouvement :
- un sentiment d'impatience qui couvait depuis des années, un isolement social croissant, et un "miroir médiatique" qui donnait l'impression à chaque élément de la société que "les autres" étaient totalement étrangers à leurs misères. "Vous êtes avec nous ou contre nous", ce ne sont pas les gilets jaunes qui l'ont inventé : c'est le discours dominant depuis des années. Il n'y a pas si longtemps, soit on votait Macron au deuxième tour, soit on était un ami des nazis.
- ironiquement, la violence propre à la voiture et à la culture qui l'entoure. Même sans réelle urgence, il y a des gens qui pètent un câble si ça n'avance pas devant, ou si on touche à leur carrosserie, comme si c'était une extension de leur corps.
Et c'est toi qui parles de légitimité.. une majorité de la population approuve le mouvement. Et une partie de la minorité qui désapprouve est pourtant ouverte à l'écoute, au débat et à l'échange. Du reste, c'est aussi comme ça qu'une démocratie doit fonctionner : quand une partie d'une société pète totalement les plombs, c'est au reste de la société d'aller chercher, autant que possible, le dialogue.
Et c'est ce qu'a fait la société civile pendant des années en France, vis à vis du pouvoir qui a pété les plombs. C'est ce qu'il y a des gens qui ont encore la patience de faire : suivre l'évolution des lois, mener une veille pro-active (sur les directives européennes, les traités internationaux..), se constituer en associations, en lobbys citoyens, écrire à son maire ou son député, donner à des caisses de soutien juridiques (pour des manifestants arrêtés, blessés, pour des migrants..). C'est épuisant et décourageant quand on se rend compte qu'on travaille contre soi-même (on paie des impôts pour décider des conneries ET on donne de son temps/argent pour lutter contre les conneries en question), ET qu'on travaille toujours sur le terrain de l'adversaire (en utilisant des moyens dont il dispose bien davantage : temps, argent, complexité juridique..), ET qu'il faut sans arrêt repartir de zéro, relancer le combat, suivre le rythme, qu'aucune victoire n'est définitive ni même consolidable à moyen terme, tout ça pour des résultats de plus en plus maigres et une tendance à long terme très défavorable.
Le mouvement des gilets jaunes a repris l'initiative, en choisissant son terrain, en attaquant le pouvoir par la bande, en utilisant des moyens (palettes, transpalettes, réseaux sociaux, ciment..) que pour une fois le pouvoir maîtrise moins bien. Évidemment, les moyens n'ont pas été mis sur ce qui caractérise le militantisme plus institutionnel : une coordination lente pour aboutir à des revendications textuelles précises et compatibles avec le droit. Évidemment, le caractère public et improvisé (on parle de l'émergence d'un mouvement, sur une base vaguement géographique et socio-économique) a rendu bien plus visibles les comportements agressifs, homophobes, sexistes... comportements qui existent dans d'autres milieux militants mais sont cachés de l'extérieur (c'est plus organisé, plus attaché à son image publique, plus ancien donc il y a des hiérarchies tacites et des copinages..).
J'ai écrit : "une violence répressive rarement vue ces dernières années en France", c'est bien que je sais qu'il y a des pays où c'est pire. Mais... sérieusement, l'argument du "il y a pire ailleurs", encore ?
J'ai écrit : la police vise la tête. L'écrasante majorité des blessures sont à la tête : https://pbs.twimg.com/media/Dw4VXyGWwAABVBS.jpg (source : Libération). Pourtant, la tête ne représente pas une surface aussi grande (à supposer que la police tire au hasard). Donc, la police vise la tête. C'est interdit de viser la tête. Viser la tête avec un LBD mutile à vie : les manifestants le savent, la police le sait, et j'espère que je ne te l'apprends pas. Si pour toi, viser illégalement avec l'intention de mutiler à vie, ce n'est pas de la "violence répressive", qu'est-ce que c'est ?
À mon avis, la police évite d'aller au contact parce qu'il y a un risque d'aller au contact : des armes ont été volées comme ça, certains policiers ont été attrapés et entraînés dans la foule en colère (c'est arrivé en Espagne il me semble). C'est caractéristique de la violence fasciste : sa lâcheté.
Son modèle ?
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.