Posté par arnaudus .
En réponse au journal Cahier de doléances.
Évalué à 1.
Dernière modification le 06 février 2019 à 10:56.
Les artisans sont comme tout le monde, ils veulent être payés pour leur travail. À ma connaissance, peu d'artisans sont millionnaires, et il existe des «mafias» rémunératrices bien plus choquantes (notaires?).
Évalue simplement le coût d'une réparation de lave-vaisselle. Tu dois te déplacer chez le client, démonter l'appareil, diagnostiquer la panne, remonter l'appareil, commander la pièce (parce que bon, il est peu probable que tu aies du stock sur toutes les pièces possibles de tous les appareils possibles), revenir une semaine après, re-démonter l'appareil, remplacer la pièce, tester si ça marche bien, et couvrir une éventuelle erreur (erreur de diagnostic, boulette lors du démontage, bris de pièce ou panne concommittante du type «mettre du neuf avec du vieux» qui peuvent en plus créer des conflits avec les clients). Bref, tu en es pour plusieurs dizaines de km de déplacement en moyenne (avec quoi, une heure de conduite?), une ou deux heures de main-d'œuvre, l'immobilisation d'un véhicule sur plusieurs heures, la gestion de commande, de stocks, et de factures. Ça fait quoi, au moins 50€ pour le véhicule, 100€ de main d'œuvre, plus le prix de la pièce et ta marge dessus, la TVA, et les frais fixes (gestion, prise de RDV). Pour les artisans, tu peux aussi ajouter le fait qu'ils ne travaillent pas forcément 40h/semaine et qu'il faut bien qu'ils compensent les jours où ils n'ont pas grande chose à faire et/ou les coûts supplémentaires d'employer quelqu'un ou de gérer les périodes où l'activité est trop importante. Bon, là, on en est facile à 300€ pour une panne «simple».
Tu pourrais descendre les coûts substantiellement si tu crées une grosse entreprise de réparation et que tu demandes aux gens d'apporteur leur matériel. Tu peux ainsi avoir plus de stock, sous-payer tes techniciens, mieux gérer leur temps de travail, etc. D'un autre côté, la qualité du service rendu est certainement plus douteuse (moins de temps passé avec les clients, pas d'évaluation du contexte (humidité, installation électrique, évacuation...) et donc moins bon diagnostic des pannes, baisse de compétence et de motivation des employés, et ça demande aux clients de se déplacer, de louer éventuellement une petite camionette pour apporter et aller chercher leur matériel... Bref, la qualité de service est beaucoup plus faible, peut-être que ça peut t'arranger toi parce que tu disposes de la force physique, de la disponibilité et de la logistique pour que cette solution te convienne, mais ça n'est pas le cas de tout le monde.
Bref, un modèle où les propriétaires d'électroménager pourraient bénéficier de réparation «low cost» qui rendraient la réparation et la maintenance des appareils rentable sur le long terme par rapport au système actuel où on achète pas cher et on jette, ça demanderait forcément une armée d'esclaves mal payés et des réparations au rabais. La réparation, ça ne peut être rentable que si tu ne comptes pas tes heures à toi, et que tu ne comptes pas non plus le coût de tes erreurs lors des réparations (commande de la mauvaise pièce, casse, risques liés à du bricolage non-règlementaire...).
À mon avis, si tu veux un modèle pérenne, il faut forcément passer pas un système de location et de contrat de maintenance. Dans un tel modèle, tout le monde a intérêt à avoir un matériel fiable, de le remplacer le moins possible, d'assurer la maintenance à périodicité régulière, etc. Par contre, évidemment, ça coûte beaucoup plus cher pour le client. Le fond du problème, c'est que la fameuse hausse du pouvoir d'achat, ça repose sur les gains de productivité et l'exploitation d'ouvriers chinois qui eux, n'ont pas de pouvoir d'achat. Le jour où les ouvriers chinois vont être payés autant que toi, alors tu vas payer tes appareils à leur «vrai» prix, et ça va faire tout drôle.
[^] # Re: Proposition n°1: la production doit être durable
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cahier de doléances. Évalué à 1. Dernière modification le 06 février 2019 à 10:56.
Les artisans sont comme tout le monde, ils veulent être payés pour leur travail. À ma connaissance, peu d'artisans sont millionnaires, et il existe des «mafias» rémunératrices bien plus choquantes (notaires?).
Évalue simplement le coût d'une réparation de lave-vaisselle. Tu dois te déplacer chez le client, démonter l'appareil, diagnostiquer la panne, remonter l'appareil, commander la pièce (parce que bon, il est peu probable que tu aies du stock sur toutes les pièces possibles de tous les appareils possibles), revenir une semaine après, re-démonter l'appareil, remplacer la pièce, tester si ça marche bien, et couvrir une éventuelle erreur (erreur de diagnostic, boulette lors du démontage, bris de pièce ou panne concommittante du type «mettre du neuf avec du vieux» qui peuvent en plus créer des conflits avec les clients). Bref, tu en es pour plusieurs dizaines de km de déplacement en moyenne (avec quoi, une heure de conduite?), une ou deux heures de main-d'œuvre, l'immobilisation d'un véhicule sur plusieurs heures, la gestion de commande, de stocks, et de factures. Ça fait quoi, au moins 50€ pour le véhicule, 100€ de main d'œuvre, plus le prix de la pièce et ta marge dessus, la TVA, et les frais fixes (gestion, prise de RDV). Pour les artisans, tu peux aussi ajouter le fait qu'ils ne travaillent pas forcément 40h/semaine et qu'il faut bien qu'ils compensent les jours où ils n'ont pas grande chose à faire et/ou les coûts supplémentaires d'employer quelqu'un ou de gérer les périodes où l'activité est trop importante. Bon, là, on en est facile à 300€ pour une panne «simple».
Tu pourrais descendre les coûts substantiellement si tu crées une grosse entreprise de réparation et que tu demandes aux gens d'apporteur leur matériel. Tu peux ainsi avoir plus de stock, sous-payer tes techniciens, mieux gérer leur temps de travail, etc. D'un autre côté, la qualité du service rendu est certainement plus douteuse (moins de temps passé avec les clients, pas d'évaluation du contexte (humidité, installation électrique, évacuation...) et donc moins bon diagnostic des pannes, baisse de compétence et de motivation des employés, et ça demande aux clients de se déplacer, de louer éventuellement une petite camionette pour apporter et aller chercher leur matériel... Bref, la qualité de service est beaucoup plus faible, peut-être que ça peut t'arranger toi parce que tu disposes de la force physique, de la disponibilité et de la logistique pour que cette solution te convienne, mais ça n'est pas le cas de tout le monde.
Bref, un modèle où les propriétaires d'électroménager pourraient bénéficier de réparation «low cost» qui rendraient la réparation et la maintenance des appareils rentable sur le long terme par rapport au système actuel où on achète pas cher et on jette, ça demanderait forcément une armée d'esclaves mal payés et des réparations au rabais. La réparation, ça ne peut être rentable que si tu ne comptes pas tes heures à toi, et que tu ne comptes pas non plus le coût de tes erreurs lors des réparations (commande de la mauvaise pièce, casse, risques liés à du bricolage non-règlementaire...).
À mon avis, si tu veux un modèle pérenne, il faut forcément passer pas un système de location et de contrat de maintenance. Dans un tel modèle, tout le monde a intérêt à avoir un matériel fiable, de le remplacer le moins possible, d'assurer la maintenance à périodicité régulière, etc. Par contre, évidemment, ça coûte beaucoup plus cher pour le client. Le fond du problème, c'est que la fameuse hausse du pouvoir d'achat, ça repose sur les gains de productivité et l'exploitation d'ouvriers chinois qui eux, n'ont pas de pouvoir d'achat. Le jour où les ouvriers chinois vont être payés autant que toi, alors tu vas payer tes appareils à leur «vrai» prix, et ça va faire tout drôle.