Posté par kantien .
En réponse au journal Cahier de doléances.
Évalué à 5.
Dernière modification le 16 janvier 2019 à 15:09.
Il semble que l'on ne se soit pas compris sur la question de ton capital d'origine qui justifie ta position de banquier. En son absence, ton soit disant service est une escroquerie pure et simple : l'intérêt légitime du prêt devrait revenir à Jice; il devrait recevoir pour ses dix noix de coco, outre son abri, les 10% d'intérêt sous la forme d'une noix de coco ou tout autre bien/service qu'il jugera équivalent.
En ton absence, tel est le marché qui aurait lieu entre Strach et Jice : les dix noix de coco sont estimées, par les deux parties, équivaloir un abri. Or Jice fait avance des noix de coco et reçoit donc son abri plus les intérêts de son prêt (une noix de coco ou toute valeur équivalente). En tant que banquier, tu te substitues, dans cet échange, à Jice et exige donc que les intérêts te soient dus. Mais pour te substituer à lui, il te faut un capital équivalent au sien, si tu ne l'as pas tu voles en émettant du papier monnaie de singe. Après si Jice ne sait pas gérer convenablement son capital et accepte n'importe quel substitut, c'est un peu son problème aussi. Son avantage dans un système bancaire sain (ce qui n'exclut pas les principes le crédit créé le dépôt et tout prêt réclame outre la restitution du principal, un intérêt), en laissant le banquier se substituer à lui, étant qu'il transforme son capital en liquidité et transfert la prise de risque sur le banquier.
Enfin, que les banques ne possèdent pas la totalité en valeurs faites (capital) de ce qu'elles mettent en circulation, je le sais bien aussi. Mais, comme on est en train de refaire un débat qui a déjà eu lieu en 1849 suite à la révolution de 1848 où, à l'époque, certains réclamaient la gratuité du crédit (absence d'intérêt, comme le souhaite Jice); que ma position sur la question est faite depuis bien des lustres (une bonne quinzaine d'années); qu'il y a peu de chance que vous me fassiez changer d'avis du fait que vous me ressortez le même argumentaire que Proudhon à l'époque; je préfère renvoyer au compte-rendu de celui-ci. Vos deux histoires et leur comptabilité sont analogues à celle de Proudhon dans sa lettre 11 (voir la partie sur le système de l'intérêt) et je partage la position de Bastiat dans sa réponse de la lettre 12. Dans cette dernière, on peut par exemple trouver ceci :
Les billets d’une banque, on ne saurait trop le répéter, sont des titres de confiance. Le jour où elle les émet, la Banque proclame hautement qu’elle est prête à les rembourser à bureau ouvert et à toute heure. Rigoureusement, elle devrait donc tenir toujours en disponibilité une valeur faite égale à la valeur représentative lancée dans la circulation, et alors l’intérêt payé par B serait perdu pour tout le monde. Mais l’expérience ayant appris à la Banque que ses billets courent le monde pendant un temps déterminé, elle ne prend ses précautions qu’en conséquence. Au lieu de garder 1,000 fr. elle n’en garde que 400 (par hypothèse), et fait valoir 600 fr. C’est l’intérêt de ces 600 fr. qui est supporté par le public, par les détenteurs successifs du billet, et gagné par la Banque.
Partie qui traite, par exemple, le fait que les banques ne couvrent pas en fond propre la totalité de leurs émissions.
Enfin, pour revenir, sur vos historiettes qui parte de zéro. Dans une société humaine quelconque, en l'absence de capital existant et suffisant, aucune monnaie ni aucune banque ne peuvent apparaître. Leurs conditions de possibilités ne sont pas remplies. Or, dans ton histoire, hormis le capital initial de dix noix de coco de Jice, je ne vois rien. Aucune banque ne peut apparaître, sauf à se faire voleur. Vos histoires sont des modèles totalement erronées d'une économie avec un système bancaire. Si vous voulez partir de zéro, en restant crédible, faîtes comme Bastiat dans sa lettre 14 :
Qu’on me permette de remonter un peu haut, seulement... au Déluge.
Les eaux s’étant retirées, Deucalion jeta derrière lui des pierres, et il en naquit des hommes. lire la suite
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Allez hop, des doléances en bon uniforme
Posté par kantien . En réponse au journal Cahier de doléances. Évalué à 5. Dernière modification le 16 janvier 2019 à 15:09.
Il semble que l'on ne se soit pas compris sur la question de ton capital d'origine qui justifie ta position de banquier. En son absence, ton soit disant service est une escroquerie pure et simple : l'intérêt légitime du prêt devrait revenir à Jice; il devrait recevoir pour ses dix noix de coco, outre son abri, les 10% d'intérêt sous la forme d'une noix de coco ou tout autre bien/service qu'il jugera équivalent.
En ton absence, tel est le marché qui aurait lieu entre Strach et Jice : les dix noix de coco sont estimées, par les deux parties, équivaloir un abri. Or Jice fait avance des noix de coco et reçoit donc son abri plus les intérêts de son prêt (une noix de coco ou toute valeur équivalente). En tant que banquier, tu te substitues, dans cet échange, à Jice et exige donc que les intérêts te soient dus. Mais pour te substituer à lui, il te faut un capital équivalent au sien, si tu ne l'as pas tu voles en émettant du papier monnaie de singe. Après si Jice ne sait pas gérer convenablement son capital et accepte n'importe quel substitut, c'est un peu son problème aussi. Son avantage dans un système bancaire sain (ce qui n'exclut pas les principes le crédit créé le dépôt et tout prêt réclame outre la restitution du principal, un intérêt), en laissant le banquier se substituer à lui, étant qu'il transforme son capital en liquidité et transfert la prise de risque sur le banquier.
Enfin, que les banques ne possèdent pas la totalité en valeurs faites (capital) de ce qu'elles mettent en circulation, je le sais bien aussi. Mais, comme on est en train de refaire un débat qui a déjà eu lieu en 1849 suite à la révolution de 1848 où, à l'époque, certains réclamaient la gratuité du crédit (absence d'intérêt, comme le souhaite Jice); que ma position sur la question est faite depuis bien des lustres (une bonne quinzaine d'années); qu'il y a peu de chance que vous me fassiez changer d'avis du fait que vous me ressortez le même argumentaire que Proudhon à l'époque; je préfère renvoyer au compte-rendu de celui-ci. Vos deux histoires et leur comptabilité sont analogues à celle de Proudhon dans sa lettre 11 (voir la partie sur le système de l'intérêt) et je partage la position de Bastiat dans sa réponse de la lettre 12. Dans cette dernière, on peut par exemple trouver ceci :
Partie qui traite, par exemple, le fait que les banques ne couvrent pas en fond propre la totalité de leurs émissions.
Enfin, pour revenir, sur vos historiettes qui parte de zéro. Dans une société humaine quelconque, en l'absence de capital existant et suffisant, aucune monnaie ni aucune banque ne peuvent apparaître. Leurs conditions de possibilités ne sont pas remplies. Or, dans ton histoire, hormis le capital initial de dix noix de coco de Jice, je ne vois rien. Aucune banque ne peut apparaître, sauf à se faire voleur. Vos histoires sont des modèles totalement erronées d'une économie avec un système bancaire. Si vous voulez partir de zéro, en restant crédible, faîtes comme Bastiat dans sa lettre 14 :
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.