• [^] # Re: R.I.C. / R.I.P

    Posté par . En réponse au journal Cahier de doléances. Évalué à 10.

    Je vais me faire moinssé, mais ce n'est pas grave, ta réponse me gêne.

    En 2007 la France a élu des députés et un président dont il était très clair qu'ils voulaient remettre un texte proche de celui de 2005 sur la table des négociation. Ils ont appliqué le programme que le peuple a choisi.

    Si cet argument semble juste, je pense qu'il faut le repenser au regard de la légitimité d'un vote.

    Une élection n'est pas un vote sur une question, elle comprend un ensemble de réponses à des questions de sociétés.

    Par contre, lors d'un référendum, on est sensé répondre à une question bien précise qui a été analysée lors de débats contradictoire et qui a fait l'objet d'un arbitrage.

    Il est tout à fait raisonnable de considérer que d'aller contre un arbitrage direct du peuple suite à une élection sort du champ de la démocratie car une réponse très claire à une question a été donnée et un gouvernement et parlement vote un texte contradictoire à l'arbitrage du peuple. Un gouvernement démocratique aurait eu tout à fait la légitimité de proposer dans son programme le fait qu'il respectera les traités, mais il aurait été indispensable pour que la légitimité populaire soit établie que ce point bien précis repasse devant le peuple par le même processus de référendum.

    Pour être tout à fait clair élire quelqu'un n'est pas la même chose que voter sur une question spécifique. Le fait que l'on fasse des choses opposées à ce qui a été voté par le peuple est clairement un déni de la légitimité du peuple à être constituant, c'est pour moi extrêmement grave, que l'on soit pour ou contre la dite décision.

    C'est comme la hiérarchie des normes que l'on tente de renverser, référendum au dessus de élection devrait être évident pour tout le monde.

    De moins en moins de gens votent, car ils considèrent que cela ne sert à rien, et je pense que ce genre d'action renforce clairement le sentiment que ceux qui nous dirigent sont une nouvelle noblesse qui sert des intérêt orthogonaux à ceux du peuple. Nous les classes moyennes éduquées, nous ne sommes pas le peuple, mais nous sommes le rouage qui permet cohésion, car nous nous soumettons à l'impôt sans tricher et faisons preuve d'un réel consentement à le redistribution. De plus en plus de gens pensent que ceux qui nous dirigent, nous représentent et animent les débats (médias) sont au service d'une caste d'hyper riches qui se soustraient systématiquement au devoir de redistribution qu'exige la solidarité.

    Quasiment tous les renversements de représentants se sont fait sur un constat d'injustice devant les prélèvements de l'état, la révolution en tête.

    Comme les gens ne sont pas bêtes, ils savent que les lois passent après les traités, ils savent donc que le choix d'appliquer ou non un traité est constituant. Ce n'est donc pas une petite décision, elle est majeure dans le processus démocratique car elle définit les contour même de notre démocratie et de qui la régente réellement.

    Il est donc absolument légitime que les gens qui ont constaté ce qu'engendrait le respect de ces textes constituants, remettent sur la table cette décision qu'ils considèrent comme illégitime bien que légale.

    Le traité de Lisbonne n'est pas le même texte que celui soumis au référendum en 2005, de nombreuses sections ont été changées, en particulier sur l'aspect symbolique, n'étant plus une Constitution et supprimant toute référence qui pourrait faire assimiler l'UE à un État (ce qui était reproché dans le camp du NON).

    Probablement que ceux qui ne sont pas satisfait pensent que la majorité de ce qui leur à fait voter non reste présent dans ce texte, le faire passer en référendum aurait réglé cette question. Si cela n'a pas été fait, c'est bien que le problème est tel que le gouvernement ainsi que les parlements Français ont pensé que cela ne passerait pas et ont donc décidé de revenir sur une décision du peuple. C'est très clairement le plus grand clivage qu'a connu la Vieme république, car bientôt 15 ans après les sondeurs qui interrogent les Français obtiennent toujours une majorité pour le non. Le peuple ne semble pas être en faveur de ces traités.