Je ne comprends pas. C'est évident que toute production de monnaie hors inflation doit forcément correspondre à de la croissance. Ça n'a rien à voir avec la manière dont tu produis ta monnaie.
Quand tu empruntes de l'argent, c'est du vrai pognon : un tiers (une banque, en l'occurrence) garantit que c'est du vrai pognon que tu peux échanger contre des trucs ou d'autres devises. Quand un État fabrique du pognon, il dilue la valeur du pognon déja en circulation d'autant : imprimer des billets de crée pas de richesse, ça se saurait! Après plusieurs années, les citoyens d'un pays qui emprunte auront une dette à rembourser et une richesse en monnaie qui vaut quelque chose, les citoyens d'un pays qui imprime ses billets n'auront pas de dette, mais leur pognon ne vaut plus rien. La situation n'est pas plus enviable; ça revient à rembourser ses dettes avec de l'inflation.
Dans une bonne gestion, l'argent emprunté sert à investir, ce qui devrait te permettre de couvrir (et même mieux que ça) les intérêts. Si tu empruntes 1M€ et que 10 ans après, non seulement tu as tout dépensé mais tes revenus n'ont pas augmenté, alors en effet, tu vas avoir des problèmes à rembourser. Mais tu aurais pu t'en douter à partir du moment où tu as cru avoir trouvé une martingale pour dépenser du pognon qui venait de nulle part. Au final, l'argent n'est qu'une construction artificielle pour échanger des richesses, mais ce qui compte, c'est les richesses, c'est pas l'argent.
Les intérêts d'un prêt couvrent le risque, l'inflation, et la marge du prêteur. Pour les emprunts d'État, ne cherche pas la marge, il n'y en a pas, le rendement est plutôt négatif. Le risque, ça n'est pas une science exacte, mais il n'est pas nul, même en Europe; les banques et les fonds d'investissement qui ont prêté à la Grèce au mauvais moment ne reverront pas leur pognon (pas grave, tu vas dire, ils avaient pris le risque en compte dans leurs calculs de taux d'intérêt, et ils ont prêté à de fort taux au Portugal et à d'autres pays qui, eux, payeront leur dette. Ceci dit, ça justifie quand même les forts taux pour les pays qui peuvent faire défaut). L'inflation bouffe le reste, et les taux d'interet sont très proches de l'inflation (voire inférieurs). Il semble que les niveaux de dette pour un pays comme la France sont très supportables à l'heure actuelle, le risque serait plutôt dans l'avenir, où on pourrait être amenés à rembourser plus que maintenant. Faire rouler sa dette, pour un État, semble un fonctionnement assez normal, contrairement à ce que tu sembles suggérer. Tant que l'économie fonctionne, on pourra rembourser les intérêts.
[^] # Re: Allez hop, des doléances en bon uniforme
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cahier de doléances. Évalué à 5.
Je ne comprends pas. C'est évident que toute production de monnaie hors inflation doit forcément correspondre à de la croissance. Ça n'a rien à voir avec la manière dont tu produis ta monnaie.
Quand tu empruntes de l'argent, c'est du vrai pognon : un tiers (une banque, en l'occurrence) garantit que c'est du vrai pognon que tu peux échanger contre des trucs ou d'autres devises. Quand un État fabrique du pognon, il dilue la valeur du pognon déja en circulation d'autant : imprimer des billets de crée pas de richesse, ça se saurait! Après plusieurs années, les citoyens d'un pays qui emprunte auront une dette à rembourser et une richesse en monnaie qui vaut quelque chose, les citoyens d'un pays qui imprime ses billets n'auront pas de dette, mais leur pognon ne vaut plus rien. La situation n'est pas plus enviable; ça revient à rembourser ses dettes avec de l'inflation.
Dans une bonne gestion, l'argent emprunté sert à investir, ce qui devrait te permettre de couvrir (et même mieux que ça) les intérêts. Si tu empruntes 1M€ et que 10 ans après, non seulement tu as tout dépensé mais tes revenus n'ont pas augmenté, alors en effet, tu vas avoir des problèmes à rembourser. Mais tu aurais pu t'en douter à partir du moment où tu as cru avoir trouvé une martingale pour dépenser du pognon qui venait de nulle part. Au final, l'argent n'est qu'une construction artificielle pour échanger des richesses, mais ce qui compte, c'est les richesses, c'est pas l'argent.
Les intérêts d'un prêt couvrent le risque, l'inflation, et la marge du prêteur. Pour les emprunts d'État, ne cherche pas la marge, il n'y en a pas, le rendement est plutôt négatif. Le risque, ça n'est pas une science exacte, mais il n'est pas nul, même en Europe; les banques et les fonds d'investissement qui ont prêté à la Grèce au mauvais moment ne reverront pas leur pognon (pas grave, tu vas dire, ils avaient pris le risque en compte dans leurs calculs de taux d'intérêt, et ils ont prêté à de fort taux au Portugal et à d'autres pays qui, eux, payeront leur dette. Ceci dit, ça justifie quand même les forts taux pour les pays qui peuvent faire défaut). L'inflation bouffe le reste, et les taux d'interet sont très proches de l'inflation (voire inférieurs). Il semble que les niveaux de dette pour un pays comme la France sont très supportables à l'heure actuelle, le risque serait plutôt dans l'avenir, où on pourrait être amenés à rembourser plus que maintenant. Faire rouler sa dette, pour un État, semble un fonctionnement assez normal, contrairement à ce que tu sembles suggérer. Tant que l'économie fonctionne, on pourra rembourser les intérêts.