Au moment de la naissance de nos enfants, nous avons eu la chance incroyable ma femme et moi d'avoir autour de nous des formateurs et formatrices expérimentés principalement en la personne de nos parents, grands-parents et de quelques amis proches. Expérimentés mais discrets, nous laissant faire nos propres expériences et nos propres choix et donc quelquefois nos propres erreurs. Suggérant, plutôt que de d'imposer un schéma rigide et définitif du genre : "de mon temps c'était comme ça".
Je crois donc que c'est d'abord le cercle familial et amical proche qui apporte cette "formation". Comment s'organiser au moment de la naissance, que faire ou ne pas faire en fonction des actions du nouveau né, puis plus tard de l'enfant, de l'adolescent et du jeune adulte. Comment préparer à chaque période, ses priorités, son organisation relativement à ce développement. Tout ça va bien plus loin qu'une simple formation. C'est plutôt un art de vivre, à mon avis, c'est à dire quelque chose de continu, tout au long de l'existence.
Dans la maternité où est née ma fille, se trouvait une affiche qui rappelait aux jeunes parents, dessin à l'appui, que non, on ne secoue pas violemment un nouveau né parce qu'il pleure trop longtemps... Cette affiche m'a profondément marqué. Elle était collée manifestement depuis un long moment, et pour en discuter avec les sages-femmes, était toujours d'actualité.
Ma fille aura 20 ans dans quelques semaines. Nos interrogations de parents ont bien sûr évolué en 20 ans, mais elles sont toujours aussi fréquentes, aussi bien avec nos enfants, qu'avec ceux qui en ont eu autour de nous, plus ou moins jeunes, plus ou moins éloignés de nos références. S'il faut parler de formation alors il faudrait que ce soit une formation permanente.
Plus largement, c'est aussi ce qui fait société autour de nous, qui favorise ou non l'aventure d'élever un enfant. Que penser d'un monde dans lequel l'organisation quotidienne ne laisse aucune place à cette transmission de savoir inter générationnelle sinon dans un mode purement commercial. L'enfance découpée en tranches et en segments est proposée aux parents comme une succession d'acquisitions commerciales obligatoires, faute de quoi on passe aux yeux de beaucoup au mieux pour des clowns irresponsables, au pire pour de dangereux inconscients.
Définir des règles telles que celles énoncées dans le journal est peut être rassurant, mais ne suffira pas. Dans l'exercice d'élever un enfant, il n'y a rien à gagner. Si vous voulez du temps pour vous, ce qui est tout à fait respectable, choisissez de ne pas faire d'enfant. Nous parviendrons peut-être un jour à faire suffisamment société pour que soit considéré qu'élever un enfant ne se résume pas à établir une check-list corrélée à un ticket de caisse.
En rédigeant ces quelques lignes, par symétrie (et aussi parce que les années passent :-) je me rends compte que se pose le même questionnement à l'autre bout de la vie, du coté de nos anciens. Là ou il faut aussi d'abord du temps et beaucoup d'autres qualités pour les considérer dignement ....
# un art de vivre plutôt qu'une formation
Posté par Christophe SELLIER . En réponse au journal une formation à être parent. Évalué à 4.
Au moment de la naissance de nos enfants, nous avons eu la chance incroyable ma femme et moi d'avoir autour de nous des formateurs et formatrices expérimentés principalement en la personne de nos parents, grands-parents et de quelques amis proches. Expérimentés mais discrets, nous laissant faire nos propres expériences et nos propres choix et donc quelquefois nos propres erreurs. Suggérant, plutôt que de d'imposer un schéma rigide et définitif du genre : "de mon temps c'était comme ça".
Je crois donc que c'est d'abord le cercle familial et amical proche qui apporte cette "formation". Comment s'organiser au moment de la naissance, que faire ou ne pas faire en fonction des actions du nouveau né, puis plus tard de l'enfant, de l'adolescent et du jeune adulte. Comment préparer à chaque période, ses priorités, son organisation relativement à ce développement. Tout ça va bien plus loin qu'une simple formation. C'est plutôt un art de vivre, à mon avis, c'est à dire quelque chose de continu, tout au long de l'existence.
Dans la maternité où est née ma fille, se trouvait une affiche qui rappelait aux jeunes parents, dessin à l'appui, que non, on ne secoue pas violemment un nouveau né parce qu'il pleure trop longtemps... Cette affiche m'a profondément marqué. Elle était collée manifestement depuis un long moment, et pour en discuter avec les sages-femmes, était toujours d'actualité.
Ma fille aura 20 ans dans quelques semaines. Nos interrogations de parents ont bien sûr évolué en 20 ans, mais elles sont toujours aussi fréquentes, aussi bien avec nos enfants, qu'avec ceux qui en ont eu autour de nous, plus ou moins jeunes, plus ou moins éloignés de nos références. S'il faut parler de formation alors il faudrait que ce soit une formation permanente.
Plus largement, c'est aussi ce qui fait société autour de nous, qui favorise ou non l'aventure d'élever un enfant. Que penser d'un monde dans lequel l'organisation quotidienne ne laisse aucune place à cette transmission de savoir inter générationnelle sinon dans un mode purement commercial. L'enfance découpée en tranches et en segments est proposée aux parents comme une succession d'acquisitions commerciales obligatoires, faute de quoi on passe aux yeux de beaucoup au mieux pour des clowns irresponsables, au pire pour de dangereux inconscients.
Définir des règles telles que celles énoncées dans le journal est peut être rassurant, mais ne suffira pas. Dans l'exercice d'élever un enfant, il n'y a rien à gagner. Si vous voulez du temps pour vous, ce qui est tout à fait respectable, choisissez de ne pas faire d'enfant. Nous parviendrons peut-être un jour à faire suffisamment société pour que soit considéré qu'élever un enfant ne se résume pas à établir une check-list corrélée à un ticket de caisse.
En rédigeant ces quelques lignes, par symétrie (et aussi parce que les années passent :-) je me rends compte que se pose le même questionnement à l'autre bout de la vie, du coté de nos anciens. Là ou il faut aussi d'abord du temps et beaucoup d'autres qualités pour les considérer dignement ....