• [^] # Re: Pauvres élèves qui aiment les sciences

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal La spécialité N.S.I. de la réforme du lycée. Évalué à 5.

    On parle de réflexion sur soi, sur le monde, mais en fait non, juste le soi des Grand Philosophe, celui de l'élève on s'en badigeonne le nombril avec le pinceau de l'indifférence.

    Il me paraît indispensable avant de réfléchir sur soi d'avoir un peu de culture et de ne pas réinventer des concepts. Cela aide d'ailleurs à véhiculer sa pensée de se référer à ce qui a déjà été identifié et qui est connu par les autres gens. De la même façon que qu'avant de redémontrer un théorème mathématiques on te donne (et tu devras utiliser) le nom qui lui a été attribué plus facile pour communiquer) et il est très rare que tu démontres quelque chose même dans le supérieur sans que le prof ne 'lai fait avant (ou quelque chose de similaire).

    On parle de la première année d'un cours au lycée. Ce ne sont pas des universitaires avec une longue expérience de la matière, avant d'arriver au stade finale que tu décris, il faut passer par la base.

    Le principe du cours magistral est à l'opposé même de la démarche philosophique qui est de tout remettre en question.

    La base de la science est aussi d'expérimenter ou de démontrer (en maths). Dans ces matières tu ne fais rien de sérieux à ce sujet avant le lycée, pourtant tu as probablement déjà 4-9 ans d'apprentissage de ces matières derrière toi.

    Donc tu espères que les élèves à 18 ans puisse dès leur première année en philo devenir de grands philosophes ? C'est assez surréaliste.

    écart de 11 points (5-16), hors sujet ou non... Désolé, mais un écart de 11 points avec fort coef... On ruine ce qui restait du bac.

    Des articles sur le sujet pour des matières scientifiques, tu en as aussi. L'écart est souvent moins grand, mais d'un prof à l'autre, même en maths, tu peux avoir des écarts de plusieurs points. Avec coef 9 en scientifique spé maths, ça peut faire mal aussi.

    D'autant plus que l'article oublie une chose, là c'est probablement des profs, des sujets et des copies pris au hasard. Je rappelle qu'au bac le sujet et la correction sont connus en avance et qu'il y a des commissions d'harmonisation pour limiter les écarts de notes. Ainsi les cas particuliers (genre un élève qui a fait quelque chose d'inattendu mais pertinent) sont traités collectivement, les profs ont des instructions pour éviter des écarts trop importants dans l'interprétation de la correction.

    Et cela se fait en philo mais en maths aussi. Car tu sais devant une même démonstration les profs n'ont pas le même jugement. Suivant les étapes mis sous le tapis, jusqu'où l'élève a su faire ou pas, les erreurs qu'il a commise. Cela est subjectif aussi.

    Bref, on peut faire mieux, mais la philo n'est pas un cas isolé (toutes les matières sont concernées, les maths et le français aussi) et il y a déjà pas mal de choses en place pour éviter cet arbitraire.

    C'est marrant 2 commentaires plus haut tu disais que la philo c'était analyse logique et présentation des arguments, là maintenant c'est savoir restituer son cours déguisé en argumentaire.

    Je ne vois pas de contradiction entre ces deux commentaires. Le cours de philo ce n'est pas juste un philosophe + une date + une idée. Dans ce cours tu as le détail, tu as le raisonnement complet des philosophes sur cette notions, les différentes thèses, avec le contexte de l'époque ce qui permet en plus de relativiser une notion par rapport aux connaissances du moment, etc.

    Il est assez peu probable que l'élève ait une vision neuve et pertinente du sujet. Reposer donc son analyse sur ce qui a été déjà fait par des philosophes par le passé est nécessaire. Cela simplifie la communication car tu utilises le même vocabulaire ou tu fais référence à des éléments communs entre l'élève et le correcteur. Et en plus comme tu as tous les éléments en tête, que ce soit els différentes thèses ou les arguments, il est plus probable que tu sortes quelque chose de positif.

    Mais là encore, rien de spécifique à la philo. En maths tu mentionnes aussi les théorèmes connus pour gagner du temps et simplifier la communication. Tu ne redémontres pas tout, tu ne pars pas de zéro à chaque fois.

    Les maths aussi n'évaluent que le raisonnement et la démonstration en elle même. Rien ne t'empêche de ne pas connaître ton cours et de réussir en redémontrant tout. Mais c'est peu probable que tu y arrives au bac ainsi, tu perds du temps, le risque d'erreur est grande et beaucoup de notions ne sont pas intuitives.

    Pourquoi croire que la philo devrait faire exception ?

    En pratique ça marche vachement mieux si t'es de l'opinion du prof, notamment au niveau de ce qu'on est sensé penser dans notre petit corps d'ado!

    Mauvais prof, sanctionner le prof. Pas sanctionner la matière en tant que telle.

    Récemment on a eu sur linuxFr une longue discussion sur un terme simple: 'censure' pour certain la censure ne peut venir que d'un état, pour d'autre non.

    Sur un sujet donné en philo, l'ensemble des sens possibles d'un mot ou d'une notion est abordée. Une notion complexe comme l'État (qui était au programme de philo à mon époque) tu avais les différents points de vue sur ce que c'était et ce que cela pouvait ou devrait faire. L'élève doit connaître justement tout cela pour éviter un non sens en dissertation car tu utilises une définition de manière imprécise ou intuitive uniquement.