• [^] # Re: Ha ouais, quand même...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Une backdoor vient d’être trouvée dans un paquet npm connu. Évalué à 6.

    J'ajouterai également que la naissance de l'OSI pour définir l'OpenSource, qui a choisi une définition en 10 points qui colle avec la définition en 4 points de la FSF pour le terme Logiciel Libre, n'est pas le fruit du hasard.

    Déjà les membres fondateurs de l'OSI on retrouve Eric Raymond (Emacs, pas mal d'outils UNIX libres) et Ian Murdock (Debian). Bref des gens qui connaissent bien la FSF et Stallman.

    Le problème est que la FSF et RMS ont une communication assez désastreuse. RMS est indéboulonnable et il est difficile de forcer la FSF de communiquer autrement (suffit de voir les polémiques récurrents sur la com' de RMS et son comportement en général pour s'en convaincre).

    L'OSI et l'OpenSource n'est qu'un moyen de contourner ce problème. On prend une définition identique mais avec un autre nom. Ainsi ils ont tout le loisir de communiquer sur les libertés et l'intérêt de ces licences libres / ouvertes de la manière qu'ils veulent. À savoir ici le volet économique et technologique plutôt que des valeurs humanistes.

    Et on note, comme Zenitram le souligne, que la FSF n'est pas cohérente avec elle même. Elle définie un Logiciel Libre comme un logiciel respectant les 4 libertés et c'est tout puis ensuite essaye de dire qu'il y a aussi des à côté au mouvement mais pas très bien définis, non dits et non assumés. Car non seulement les licences de la FSF comme la GPL ne proposent rien pour apporter les valeurs supplémentaires mais en plus même un logiciel avec son développeur emblématique ou initial en faveur de l'OpenSource comme Linux n'est jamais considéré comme non libre. Bien au contraire, ils affirment que Replicant, ou gNewSense sont des systèmes d'exploitation totalement libres et recommandées alors qu'il y a du Linux dedans.

    Prenons un autre exemple d'incohérence. La GPL encore. Avec la GPLv2 on s'est rendu compte que la tivoïsation était possible. Pour corriger ce problème gênant et non anticipé, la FSF corrige cela avec la GPLv3. Donc une pratique qui était selon eux amoral mais licite avec la GPLv2 a été corrigé, mais ils n'ont rien fait pour dire après coup que la GPLv2 n'était plus libre. Ils continuent d'affirmer que la GPLv2 permet l'élaboration de Logiciel Libre.

    Par ailleurs aussi, Replicant se base de souvenir sur la partie libre d'Android pour fournir un système totalement libre pour téléphone. Pourtant si cette partie est bien libre, Android tout entier n'est pas communautaire, Google s'occupe de l'ensemble du développement, de la feuille de route, etc. Mais cela ne les gêne pas de faire reposer un système libre dessus. Et là encore dans aucune licence de la FSF, rien n'impose un développeur communautaire ou les valeurs additionnelles. Au contraire, ils expliquent que cela a été fait à dessein.

    Bref la seule conclusion valable que l'on peut tirer de ce dossier, c'est que la définition du Logiciel Libre et d'OpenSource reposent sur 4 (ou 10) points précis. Rien d'autres, c'est eux qui le disent. Ces points ayant une bijection, on parle donc bien d'un concept identique. Ce qui diffère est le marketing autour. Mais cela reste du marketing. Tant qu'un logiciel respecte la définition, il sera libre et opensource.

    Et c'est tant mieux, sinon on entre dans le milieu religieux ou politique où chacun a sa propre définition de ce qu'est la chrétienté, de l'islam, du socialisme, du communisme, etc. Et chacun sera convaincu que sa définition est la vraie, la meilleure, tout ça. Bref, cela n'aiderait clairement pas pour communiquer sur le sujet. Et qui par ailleurs devrait dire ce qui est libre ou pas dans ce cas ? Avec frontières floues, le résultat le sera aussi avec beaucoup d'arbitraire.

    Et tout cela pour quel résultat ? Le Logiciel Libre accorde de l'importance à des droits minimum qu'un utilisateur peut avoir sur un logiciel qu'il utilise. Je me fou que Linus Torvalds ait choisi la GPLv2 pour Linux et Git car il voulait le meilleur logiciel possible ou par bonté humaniste. Ce qui compte, c'est le résultat : j'ai des garanties sur ce que je peux faire. Peu importe la motivation initiale.