• [^] # Re: Ha ouais, quand même...

    Posté par . En réponse au journal Une backdoor vient d’être trouvée dans un paquet npm connu. Évalué à 10.

    Ce genre de personnes ne devraient pas affirmer faire de l'opensource.

    Ils utilisent une licence libre, donc ils font du libre. Ils ne font pas du libre communautaire, ils ne font rien pour favoriser la réutilisation de leur travail, ni même l'inclusion de leur travail dans les distributions courantes, mais ils font indéniablement du libre.

    Sur le fond, le problème, c'est qu'on pourrait avoir l'impression qu'en ayant codé leur truc, ils ont fait 90% du taf et que c'est par flemme qu'ils ne font pas les 10% qui restent pour offrir un cadeau au reste de l'humanité. Sur le principe, c'est vrai, sauf que les chiffres ne sont pas les bons, et c'est ça le problème. S'ils doivent passer 90% de leur temps à bricoler leur truc pour faire plaisir au monde entier (faire en sorte que ça compile sous tout un tas de systèmes, faire en sorte que le logiciel soit facile à packager, faire en sorte d'utiliser les versions récentes mais stables des bibliothèques, documenter, classer les bugs, tester les bugs, corriger les bugs, etc.), eh bien ils n'ont plus de temps pour faire ce qui les intéresse. Bien sûr, à un stade de notre vie, en fonction de nos affinités personnelles, ce genre de dévouement peut être une fin en soi; avoir une grosse base d'utilisateurs, être inclu dans plein de distributions, voire devenir une dépendance pour d'autres projets... Mais à d'autres moments, ou pour d'autres personnes, cette reconnaissance sociale peut ne pas représenter grand chose.

    De là à refiler la maintenance du logiciel à quelqu'un qu'on ne connait pas du tout, dont on ignore même la vraie identité, tout ça parce qu'on a la flemme de maintenir un truc minimalement fonctionnel, il y a un pas que je ne peux pas vraiment comprendre. Soit on considère qu'on bosse pour soi, et que les autres se débrouillent, mais dans ce cas, on va laisser le code tel quel et encourager les forks. Soit on espère quand même que notre travail soit utile, et on va faire en sorte de maintenir une certaine qualité dans le logiciel qu'on a conçu, dont on a choisi le nom, et pour lequel les utilisateurs nous font confiance. Mais l'attitude qui consiste en gros à affirmer «vous me faites chier, vous n'aviez qu'à pas me faire confiance si vous n'êtes pas contents», je ne comprends pas.