• # Les voyages réservent toujours des surprises

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal Henry fait le tour du monde en 80 jobs. Évalué à 7. Dernière modification le 05 novembre 2018 à 19:32.

    Troisième année sans mail d'Adèle, Henry se demande si leur histoire n'est pas totalement terminée. Peut-être est-il temps de tourner la page et d'aller, soyons fous, draguer comme une bête, d'autre expat au karaoké du club français en chantant du Francis Lalanne? Ou alors s'inscrire au Meetic local et fonder une famille avec une fille d'ici ?

    Ah, il s'est enfin remis de ses deux rencards les plus traumatisants de sa carrière de chasseur de beaux postérieurs exotiques qu'il a adopté pour tenter d'oublier Adèle pendant son tour du monde? Il serait grand temps.

    * Voit depuis le satellite de la DGSE piraté en douce les regards intrigués de certains lecteurs *

    Bon okay, quelques précisions pour ceux qui ne sont pas encore au courant:

    Rencard 1: Irina Sangue, Fortaleza

    Petite brune mignonne brésilienne à la voix chantante héritée de ses ancêtres italiens, étudiante en écologie du système amazonien.

    Pendant une soirée du meetup spécialement taillé pour la communauté du Nordeste pour faire des échanges linguistiques (au sens intellectuel officiellement, mais avec applications physiques si affinités), il tomba sur un groupe qui eut une discussion très animée sur le bien-fondée de la déforestation pour raison économiques. L'étudiante a toutes les peines à faire valoir au groupe la nécessité de préserver la forêt vierge.

    Porté par un instinct chevaleresque, Henry a battu à plate couture les membres du groupe pro-agrobusinness et pro-minier en invoquant les milliards de dollars de retombées économiques si le poumon vert de la planète restait intact, en détaillant avec malice le chiffre de malus financier de chacune des différentes catégories de désastre d'une déforestation totale (il peut remercier le Grand Ami Koogle qu'il a consulté en toute discrétion sur son terminal portatif à la Pomme).

    Émue par la bravoure scientifico-économique du Français, la Migonne Brune lui désigna une table pour deux afin de faire plus amplement connaissance.

    Passé quelques verres de cocktail, elle lui dévoila ses centres d'intérêts en dehors de la protection de l'environnement.

    Et là, c'est le drame.

    Henry apprit avec stupéfaction que Irina est une amatrice de heavy metal, de films d'horreur et de FPS sanguinolentes. Tout ce qu'il déteste au plus profond de lui-même.

    Il décida de ne pas donner suite. Il fait croire à la Brune qu'il la recontactera dès qu'il ouvrira son compte sur Urban Terror, un des FPS qu'elle adore.

    Rencard 2: Nikolova Mendeleïeva, Sterlitamak

    Une radieuse trentenaire blonde russe d'origine ukrainienne. Elle a ensorcelé pendant un temps notre ami avec des yeux de jade d'un vert aussi étincelant que la barre de combustible manipulée par Homer Simpson à la Centrale Electro-Nucléaire de Springfield.

    Rencontrée in extremis dans une pharmacie de la ville la veille de son départ à Abbotsford sans avoir pu le courage de l'aborder, c'est son véritable motif de retour dans la lointaine ville de la république de Bachkirie. La direction a été très impressionnée de sa détermination à retourner dans le coin, sans avoir eu connaissance de "l'incident", évidemment.

    De retour à Sterlitamak 6 semaines plus tard, il rencontra à nouveau la Radieuse Blonde à la même pharmacie. Un signe du Destin, se dit-il. Et en effet, après avoir consenti de donner son ID VKontract sans résistance, elle l'invita d'office dans un bar pas très loin de la gare centrale et de ses entrepôts.

    Henry supporta tant bien que mal les verres d'affilés de vodka pour ne pas donner mauvaise impression à la Radieuse Blonde.

    Elle lui avoua qu'elle est née à Kiev. Henry a ensuite commis la bourde d'évoquer un documentaire sur Arte sur le désastre nucléaire de Tchernobyl où il a pu apprendre que la capitale de l'Ukraine n'était pas très loin de l'explosion de la centrale. Et surtout, que l'explosion était semblable à un magnifique feu d'artifice multicolore d'après les dires sans aucune ironie d'un ancien employé de la centrale.

    Elle fixa Henry. Elle prit une moue hésitante, comme si elle est sur le point d'avouer un secret intime.

    "Je suis née quelques mois après l'explosion", avoue-t-elle.

    Une vague nausée s'empare d'Henry.

    "Tu vois bien à part ça que... je suis parfaitement normale ?" continue-t-elle avec un sourire bête.

    Henry ne voulut pas prendre de risque de savoir si le reste du corps caché sous les sous-vêtements de la blonde était parfaitement normal.

    Rentré à son domicile, Henry froissa le ticket de caisse où était inscrit l'identifiant VKontrackt et le jeta dans la cuvette WC après avoir vomi un bon coup de ses litres de vodka.