Sur internet utilisé de façon classique, tu n'es pas juste identifiable, tu es identifié. Et pas juste par ton FAI, mais aussi par un tas de sociétés comme Facebook ou Google qui connaissent la majorité des pages que les gens visitent, car la majorité des sites contiennent des éléments de Facebook, Google et autres
Oui.
Le seul moyen fiable d’empêcher cela c'est de se rendre non identifiable techniquement
Non.
mais en pratique il n'existe pas et n'existera probablement jamais.
C'est parce que tu poses le problème de manière absolue, mais ça n'est pas comme ça qu'il faut le poser. Si tu combines un navigateur loyal correctement configuré (*) et un intermédiaire de confiance (type VPN), tu est dans la situation «idéale» où ton identitication par les services commerciaux est très difficile, alors que ton identifiabilité par les services de police est tout à fait possible (accès aux logs de ton VPN et aux données de ton FAI).
face aux adversaires qu'il y a en face.
La rhétorique est délirante. Tu n'as pas des «adversaires» en face de toi—par définition, un adversaire te veut du mal, ce qui n'est pas du tout le cas dans tout ce dont on discute. Peut-être que les dissidents chinois en ont, peut-être que les entreprises qui ont des secrets industriels en ont, mais la plupart des gens n'ont pas d'adversaires. Ils ont éventuellement des relations commerciales avec des partenaires peu scrupuleux, du même type que ceux qui te refilent des cartes de fidélité dans les magasins, mais c'est complètement excessif de les traiter d'«adversaires».
En réalité la police est toujours capable de faire des enquêtes, même si on ne leur pointe pas le coupable directement.
1) ça leur complique énormément la vie, 2) ça rend les enquêtes plus longues, plus coûteuses, et moins efficaces (et donc ça nous coûte du pognon), et 3) rien ne te prouve que ça ne facilite pas la vie de ceux qui sont assez prudents pour passer à travers les mailles du filet. Encore une fois, ça ne sert à rien de raisonner en tout ou rien, ce que font souvent les paranos de la sécurité. La sécurité absolue est impossible, tout est affaire de compromis. Il faut trouver les moyens informatiques relativement efficaces, qui garantissent au maximum les libertés publiques, tout en permettant un mininum aux services de police de fonctionner de manière efficace.
Depuis le début, on parle de la police, pas du renseignement. Je ne doute pas que les services de renseignement aient un accès bien plus efficace que les services de police à des informations confidentielles, notamment parce que le renseignement a besoin de beaucoup moins de bases légales (la valeur de l'information se suffit à elle-même, même si elle a été obtenue par des moyens douteux. Ça n'est pas du tout le cas dans une enquête de police, où une preuve n'a aucune valeur si elle n'a pas été obtenue de manière légale).
(*) Le navigateur est à mon avis le principal responsable dans les problèmes d'intrusion dans la vie privée. Les standards du web sont neutres vis-à-vis du respect de la vie privée, les outils et les protocoles qu'ils fournissent peuvent être utilisés à des fins légitimes et à des fins illégitimes, de manière totalement amorale. Le choix des navigateurs d'implémenter de manière neutre ces protocoles, et éventuellement de déléguer à des greffons, des extensions, ou des options le respect de la vie privée, est une énorme erreur de design—un peu la même que de celle de déléguer la sécurité d'un OS à des antivirus. Depuis le début, les navigateurs auraient dûs être conçus pour être loyaux à leur utilisateur, et pas au site visité. Firefox a récemment compris qu'il fallait changer de stratégie, mais c'est à mon avis beaucoup trop tard. S'ils avaient proposé il y a encore 5 ans le meilleur navigateur (celui qui fournit à l'utilisateur ce qu'il souhaite (le contenu des sites) sans fournir ce qu'il ne souhaite pas (les mouchards, les pubs, les liens cachés, les redirections douteuses...), alors il n'aurait probablement pas dégringolé comme il l'a fait).
[^] # Re: Complices
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Nos oignons, retours sur 2017-2018 et campagne de dons. Évalué à 3.
Oui.
Non.
C'est parce que tu poses le problème de manière absolue, mais ça n'est pas comme ça qu'il faut le poser. Si tu combines un navigateur loyal correctement configuré (*) et un intermédiaire de confiance (type VPN), tu est dans la situation «idéale» où ton identitication par les services commerciaux est très difficile, alors que ton identifiabilité par les services de police est tout à fait possible (accès aux logs de ton VPN et aux données de ton FAI).
La rhétorique est délirante. Tu n'as pas des «adversaires» en face de toi—par définition, un adversaire te veut du mal, ce qui n'est pas du tout le cas dans tout ce dont on discute. Peut-être que les dissidents chinois en ont, peut-être que les entreprises qui ont des secrets industriels en ont, mais la plupart des gens n'ont pas d'adversaires. Ils ont éventuellement des relations commerciales avec des partenaires peu scrupuleux, du même type que ceux qui te refilent des cartes de fidélité dans les magasins, mais c'est complètement excessif de les traiter d'«adversaires».
1) ça leur complique énormément la vie, 2) ça rend les enquêtes plus longues, plus coûteuses, et moins efficaces (et donc ça nous coûte du pognon), et 3) rien ne te prouve que ça ne facilite pas la vie de ceux qui sont assez prudents pour passer à travers les mailles du filet. Encore une fois, ça ne sert à rien de raisonner en tout ou rien, ce que font souvent les paranos de la sécurité. La sécurité absolue est impossible, tout est affaire de compromis. Il faut trouver les moyens informatiques relativement efficaces, qui garantissent au maximum les libertés publiques, tout en permettant un mininum aux services de police de fonctionner de manière efficace.
Depuis le début, on parle de la police, pas du renseignement. Je ne doute pas que les services de renseignement aient un accès bien plus efficace que les services de police à des informations confidentielles, notamment parce que le renseignement a besoin de beaucoup moins de bases légales (la valeur de l'information se suffit à elle-même, même si elle a été obtenue par des moyens douteux. Ça n'est pas du tout le cas dans une enquête de police, où une preuve n'a aucune valeur si elle n'a pas été obtenue de manière légale).
(*) Le navigateur est à mon avis le principal responsable dans les problèmes d'intrusion dans la vie privée. Les standards du web sont neutres vis-à-vis du respect de la vie privée, les outils et les protocoles qu'ils fournissent peuvent être utilisés à des fins légitimes et à des fins illégitimes, de manière totalement amorale. Le choix des navigateurs d'implémenter de manière neutre ces protocoles, et éventuellement de déléguer à des greffons, des extensions, ou des options le respect de la vie privée, est une énorme erreur de design—un peu la même que de celle de déléguer la sécurité d'un OS à des antivirus. Depuis le début, les navigateurs auraient dûs être conçus pour être loyaux à leur utilisateur, et pas au site visité. Firefox a récemment compris qu'il fallait changer de stratégie, mais c'est à mon avis beaucoup trop tard. S'ils avaient proposé il y a encore 5 ans le meilleur navigateur (celui qui fournit à l'utilisateur ce qu'il souhaite (le contenu des sites) sans fournir ce qu'il ne souhaite pas (les mouchards, les pubs, les liens cachés, les redirections douteuses...), alors il n'aurait probablement pas dégringolé comme il l'a fait).