Je serais curieux de savoir quel est cet état étrange dans lequel un être vivant peut être plongé lorsqu'il est sous anesthésie.
Le sommeil est défini comme l'abolition de la conscience mais pas de la vigilance. Quand tu dors, tu peux être réveillé par un événement extérieur (un bébé qui pleure, un réveil qui sonne, un prédateur, le lever du soleil, une odeur de brûlé, un contact... Ça peut être n'importe quelle modalité sensorielle). Ceci est possible parce que le cerveau n'arrête pas tout fonctionnement : le sommeil est un état actif, au sens où le cerveau continue de tourner (certes différemment). Il existe plusieurs phases de sommeil où différents modes de fonctionnement alternent, et le réveil n'est pas toujours aussi facile selon la phase. Mais il est toujours possible.
L'état où le cerveau est rendu incapable de fonctionner s'appelle le coma et il est défini par l'abolition simultanée de la conscience et de la vigilance. Une personne dans le coma peut ressembler en tout point à une personne endormie, si ce n'est qu'elle est non réveillable. Cet état est causé par un dysfonctionnement du cerveau.
Il peut exister des pseudo-comas : c'est le cas d'une personne qui est consciente mais paralysée et donc incapable d'exprimer une réponse. Cet état se retrouve dans le syndrome du scaphandrier, mais il peut aussi survenir suite à l'administration de curares qui bloquent les muscles mais pas la conscience.
L'anesthésie générale correspond à l'association de trois produits : un sédatif, un curare et un antalgique (morphinique). Le sédatif plonge le patient dans le coma en bloquant certaines protéines au niveau neuronal. Le curare et l'antalgique ne sont pas systématiques.
Le curare empêche les muscles de se contracter. Il faut savoir que, même inconscient, le corps réagit à la douleur en se contractant. Ceci a pour conséquence un risque de blessures et une gêne pour le chirurgien. Le curare empêche ceci. Le curare est aussi nécessaire à l'intubation et à la ventilation mécanique car les muscles du larynx se contractent par réflexe sans lui. Note que, en bloquant le diaphragme, le curare rend lui-même l'intubation nécessaire, anesthésie générale ou pas (après, il y a plein de cas où on intube un patient non curarisé, mais on ne curarise pas un patient sans l'intuber derrière).
Le morphinique (qui est parfois utilisé directement à titre de sédatif) permet de diminuer l'intensité de la douleur et donc la quantité de sédatif nécessaire. Toutefois, il ne faut pas se leurrer : la chirurgie serait atrocement douloureuse sans sédatif, bien plus que tout ce que permet un morphinique. Il est impossible de supprimer une douleur chirurgicale sans sédatif.
Pour faire court : l'état dans lequel on est lors d'une anesthésie générale, c'est donc le coma. Pour faire long : il y a plusieurs types d'anesthésie générale selon le type d'opération prévue, plusieurs profondeurs de coma, et au final, l'état dans lequel on est plongé lors d'une anesthésie générale est suffisamment spécifique pour justifier un nom spécifique. Je propose donc de le nommer "anesthésie générale".
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Cause psychologique ?
Posté par Liorel . En réponse au journal J'ai testé... me faire électriser. Évalué à 10.
Le sommeil est défini comme l'abolition de la conscience mais pas de la vigilance. Quand tu dors, tu peux être réveillé par un événement extérieur (un bébé qui pleure, un réveil qui sonne, un prédateur, le lever du soleil, une odeur de brûlé, un contact... Ça peut être n'importe quelle modalité sensorielle). Ceci est possible parce que le cerveau n'arrête pas tout fonctionnement : le sommeil est un état actif, au sens où le cerveau continue de tourner (certes différemment). Il existe plusieurs phases de sommeil où différents modes de fonctionnement alternent, et le réveil n'est pas toujours aussi facile selon la phase. Mais il est toujours possible.
L'état où le cerveau est rendu incapable de fonctionner s'appelle le coma et il est défini par l'abolition simultanée de la conscience et de la vigilance. Une personne dans le coma peut ressembler en tout point à une personne endormie, si ce n'est qu'elle est non réveillable. Cet état est causé par un dysfonctionnement du cerveau.
Il peut exister des pseudo-comas : c'est le cas d'une personne qui est consciente mais paralysée et donc incapable d'exprimer une réponse. Cet état se retrouve dans le syndrome du scaphandrier, mais il peut aussi survenir suite à l'administration de curares qui bloquent les muscles mais pas la conscience.
L'anesthésie générale correspond à l'association de trois produits : un sédatif, un curare et un antalgique (morphinique). Le sédatif plonge le patient dans le coma en bloquant certaines protéines au niveau neuronal. Le curare et l'antalgique ne sont pas systématiques.
Le curare empêche les muscles de se contracter. Il faut savoir que, même inconscient, le corps réagit à la douleur en se contractant. Ceci a pour conséquence un risque de blessures et une gêne pour le chirurgien. Le curare empêche ceci. Le curare est aussi nécessaire à l'intubation et à la ventilation mécanique car les muscles du larynx se contractent par réflexe sans lui. Note que, en bloquant le diaphragme, le curare rend lui-même l'intubation nécessaire, anesthésie générale ou pas (après, il y a plein de cas où on intube un patient non curarisé, mais on ne curarise pas un patient sans l'intuber derrière).
Le morphinique (qui est parfois utilisé directement à titre de sédatif) permet de diminuer l'intensité de la douleur et donc la quantité de sédatif nécessaire. Toutefois, il ne faut pas se leurrer : la chirurgie serait atrocement douloureuse sans sédatif, bien plus que tout ce que permet un morphinique. Il est impossible de supprimer une douleur chirurgicale sans sédatif.
Pour faire court : l'état dans lequel on est lors d'une anesthésie générale, c'est donc le coma. Pour faire long : il y a plusieurs types d'anesthésie générale selon le type d'opération prévue, plusieurs profondeurs de coma, et au final, l'état dans lequel on est plongé lors d'une anesthésie générale est suffisamment spécifique pour justifier un nom spécifique. Je propose donc de le nommer "anesthésie générale".
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.