Puisque c'était moi qui causait dans le poste, je ne peux que confirmer tes conclusions.
Le modèle économique du logiciel libre, qui consiste à vendre un service plutôt que le logiciel l'a emporté. C'est du moins le modèle économique que le représentant de Microsoft considère dorénavant le plus viable.
C'est même pire que ça : le représentant de MS a clairement dit qu'ils allaient vers un modèle cloud locatif, donc oui il vont proposer du service, mais plus à la location qu'à la vente. Et pour moi, ça signifie beaucoup plus de difficultés à changer de prestataires.
Le logiciel libre, entendu comme 4 libertés, prospère dans les piles logicielles éloignées de l'utilisateur final, mais peine à s'imposer dans les logiciels plus proches de l'utilisateur final.
Ouaip.
Et pour moi, nous devons faire une autocritique, car :
- on sait depuis plus de 20 ans que MS pratique le https://fr.wikipedia.org/wiki/Embrace,_extend_and_extinguish et ils ne vont pas arrêter demain, et que même si on l'a vu venir de loin, on s'est laissé déborder.
- on a foiré (avis perso) pas mal de choses, sur la sensibilisation, sur l'éducation au numérique, sur notre capacité à co-construire avec les utilisateurs, avec les designeurs, sur la prétendue facilité de switcher du proprio au libre, sur une forme d'élitisme libriste qui a fait fuir beaucoup d'utilisateurs (qui doivent "mériter" la lumière), sur le fait qu'on se marre sur TapTempo mais qu'on ne met pas vraiment nos talents aux services de personnes qui veulent vraiment changer la société, etc.
L'éthique que certains (dont moi) associent au logiciel libre, de maîtrise de son outil de travail ou de ses données perd du terrain. Non seulement parce que le modèle du service (dans les nuages) s'est imposé, mais aussi parce que d'une manière générale, plus l'on s'approche de l'utilisateur final, moins on trouve de logiciel libre.
Tout à fait. C'est l'analyse d'Amaelle Guitton que je trouve plutôt juste.
Après, plein de gens, que ça soit chez MS ou sur LinuxFr, ne définissent pas forcément le libre comme "Libre = open source (qualités technique) + valeurs (éthiques et sociales)", car pour beaucoup, l'opensource se suffit à lui-même, est amoral et apolitique (et que pour définir ce qu'est l'éthique du libre dans la startup nation des premiers de cordée, faut pas avoir peur de passer pour un ringard ou un hippie).
Bref, c'était très frustrant de devoir débattre à 4 sur 40mn sur un sujet aussi vaste. Mais je pense que si on veut rééquilibrer opensource et valeurs, il va sérieusement falloir se sortir les doigts :-/
# D'accord avec tes conclusions
Posté par pyg (site web personnel) . En réponse au journal France Culture: que reste-t-il du logiciel libre ?. Évalué à 10.
Puisque c'était moi qui causait dans le poste, je ne peux que confirmer tes conclusions.
C'est même pire que ça : le représentant de MS a clairement dit qu'ils allaient vers un modèle cloud locatif, donc oui il vont proposer du service, mais plus à la location qu'à la vente. Et pour moi, ça signifie beaucoup plus de difficultés à changer de prestataires.
Ouaip.
Et pour moi, nous devons faire une autocritique, car :
- on sait depuis plus de 20 ans que MS pratique le https://fr.wikipedia.org/wiki/Embrace,_extend_and_extinguish et ils ne vont pas arrêter demain, et que même si on l'a vu venir de loin, on s'est laissé déborder.
- on a foiré (avis perso) pas mal de choses, sur la sensibilisation, sur l'éducation au numérique, sur notre capacité à co-construire avec les utilisateurs, avec les designeurs, sur la prétendue facilité de switcher du proprio au libre, sur une forme d'élitisme libriste qui a fait fuir beaucoup d'utilisateurs (qui doivent "mériter" la lumière), sur le fait qu'on se marre sur TapTempo mais qu'on ne met pas vraiment nos talents aux services de personnes qui veulent vraiment changer la société, etc.
Tout à fait. C'est l'analyse d'Amaelle Guitton que je trouve plutôt juste.
Après, plein de gens, que ça soit chez MS ou sur LinuxFr, ne définissent pas forcément le libre comme "Libre = open source (qualités technique) + valeurs (éthiques et sociales)", car pour beaucoup, l'opensource se suffit à lui-même, est amoral et apolitique (et que pour définir ce qu'est l'éthique du libre dans la startup nation des premiers de cordée, faut pas avoir peur de passer pour un ringard ou un hippie).
Bref, c'était très frustrant de devoir débattre à 4 sur 40mn sur un sujet aussi vaste. Mais je pense que si on veut rééquilibrer opensource et valeurs, il va sérieusement falloir se sortir les doigts :-/