Je trouve quand même qu'il y a une complexité supplémentaire quand on fait du libre, c'est qu'on n'est pas tout seul à prendre le risque, et qu'on peut très bien tromper des gens de bonne foi qui reprennent le code libre et qui ignorent qu'il manque des ayant-droit dans la liste des contributeurs.
Je ne sais pas à quel point l'auteur du logiciel prend des risques juridiques quand il publie un "clone" sous licence libre à des fins non-commerciales, et que ce clone est repris dans une compilation de jeux libres distribuée à des fins commerciales. L'éditeur commercial peut très bien être attaqué par les ayant-droits (qui ont fermé les yeux sur l'utilisation non-commerciale mais pas sur l'utilisation commerciale), mais cette situation n'a été possible que parce que le vendreur a été trompé par l'auteur du logiciel. J'ai toujours considéré que s'assurer qu'un document publié sous licence libre était réellement libre constituait un devoir moral quand on voulait défendre le modèle du libre.
Le plus simple reste quand même de «cloner» sans mentionner le nom du logiciel original et sans reprendre les artworks, quitte à modifier sensiblement l'interface et à personnaliser l'ensemble, bref, de produire indéniablement un travail original. Dans cette situation, il faudra que les ayant-droits prouvent que la ressemblance n'est pas due au hasard ou ne relève pas d'une simple "inspiration", et ça, ça n'est pas forcément facile. Si on garde le nom, si on copie les graphismes, les musiques, les détails, alors il est évident qu'il suffise que l'ayant-droit décide de poursuivre pour que tout se casse la gueule. En plus, même si on peut débattre éternellement de la justification de la propriété intellectuelle, il me semble quand même éthiquement discutable de mener à bien une entreprise de «pompage» de cette ampleur, et de décider par soi-même de la limite entre l'hommage et le parasitisme.
[^] # Re: Quelle actions ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le statut juridique des jeux video libres. Évalué à 3. Dernière modification le 06 juin 2018 à 13:18.
Je trouve quand même qu'il y a une complexité supplémentaire quand on fait du libre, c'est qu'on n'est pas tout seul à prendre le risque, et qu'on peut très bien tromper des gens de bonne foi qui reprennent le code libre et qui ignorent qu'il manque des ayant-droit dans la liste des contributeurs.
Je ne sais pas à quel point l'auteur du logiciel prend des risques juridiques quand il publie un "clone" sous licence libre à des fins non-commerciales, et que ce clone est repris dans une compilation de jeux libres distribuée à des fins commerciales. L'éditeur commercial peut très bien être attaqué par les ayant-droits (qui ont fermé les yeux sur l'utilisation non-commerciale mais pas sur l'utilisation commerciale), mais cette situation n'a été possible que parce que le vendreur a été trompé par l'auteur du logiciel. J'ai toujours considéré que s'assurer qu'un document publié sous licence libre était réellement libre constituait un devoir moral quand on voulait défendre le modèle du libre.
Le plus simple reste quand même de «cloner» sans mentionner le nom du logiciel original et sans reprendre les artworks, quitte à modifier sensiblement l'interface et à personnaliser l'ensemble, bref, de produire indéniablement un travail original. Dans cette situation, il faudra que les ayant-droits prouvent que la ressemblance n'est pas due au hasard ou ne relève pas d'une simple "inspiration", et ça, ça n'est pas forcément facile. Si on garde le nom, si on copie les graphismes, les musiques, les détails, alors il est évident qu'il suffise que l'ayant-droit décide de poursuivre pour que tout se casse la gueule. En plus, même si on peut débattre éternellement de la justification de la propriété intellectuelle, il me semble quand même éthiquement discutable de mener à bien une entreprise de «pompage» de cette ampleur, et de décider par soi-même de la limite entre l'hommage et le parasitisme.