• # Une belle version alpha

    Posté par . En réponse au journal Et numworks tu connais ?. Évalué à 10.

    La calculatrice est jolie. Elle est élégante, les couleurs sont belles, l'écran est beau, les caractères semblent lisibles à l'écran.

    Mais si je devais acheter une calculette à mon moi qui entrait en seconde en septembre 2000, en sachant ce que m'a apporté cette calculette, c'est bien simple : je n'achèterais jamais cette calculatrice en l'état actuel.

    Pour faire court : elle est plus chère qu'une Casio Graph 35, et présente moins de fonctionnalités.

    La fonctionnalité la plus évidente est l'autonomie. J'ai dit, dans le journal en lien, que j'avais codé un RPG sur Graph 35. Je vous laisse imaginer que ça a pris plus de 20 heures. Eh bien c'est simple : depuis que je possède cette calculette, j'ai changé ses piles une fois. Une seule. J'ai passé des partiels de stats avec cette calculette en 2015, c'est dire. Pour moi, une calculette qui présente un risque de s'éteindre en cours d'épreuve par manque de batterie, c'est hors de question.
    D'ailleurs, Une calculette avec batterie intégrée, c'est le meilleur moyen de se faire avoir : on peut toujours emporter des piles de rechange dans sa trousse et les changer en cours d'épreuve (j'avais des piles de rechange au cas où). Une batterie intégrée, c'est mort.

    Concernant les fonctions mathématiques, elle semble convenir à un élève de lycée qui n'ira pas en prépa. Sauf qu'une Casio a à peu près les mêmes fonctions (un peu plus) et coûte 10€ de moins à la Fnac.

    Concernant le langage de programmation, je ne comprends pas l'enthousiasme. Déjà, on ne peut pas transférer de données : ni entre deux calculettes, ni d'ordinateur à calculette, ni l'inverse (d'après l'article de nextinpact. Je n'ai pas pu tester, car le simulateur ne permet pas de simuler une connexion par câble USB). Ceci ose un premier problème : les programmes seront nécessairement tapés en intégralité depuis le clavier de la calculatrice. Ils sont de plus éphémères : en effet, le passage en mode examen a pour effet d'effacer la mémoire de la calculatrice, or, sans transfert possible vers un autre support, pas de sauvegarde possible.

    Mais le pire est à venir : Python est un très mauvais choix dans cette configuration ! En effet, le manuel utilisateur ne précise nulle part comment utiliser Python (je suppose que l'élève regardera sur Internet, où il trouvera des dizaines de tutoriels inutilement compliqués), ni même comment taper des lettres sur la calculatrice ! Or, sur la plupart des calculatrices, la touche ALPHA permet de taper une lettre tandis que la combinaison Shift-Alpha permet de ne plus taper que des lettres (et des espaces) jusqu'au prochain appui sur alpha. Ça pourrait permettre de pallier à l'absence de clavier 105 touches avec un peu d'habitude. Sauf que... Sur la Numworks, Alpha permet de taper une minuscule, Shift-Alpha de taper une majuscule, et le manuel utilisateur ne précise pas comment verrouiller le mode alphabétique. Il faut aller sur la FAQ sur le site. Pourquoi ne pas l'inclure dans le manuel ? Et d'ailleurs, pourquoi ne pas proposer une saisie assistée pour les commandes les plus fréquentes, ce qui est le cas de toutes les autres calculatrices programmables du marche ? En fait, d'après les screenshots, cette saisie assistée existe bel et bien. Elle n'est juste pas documentée dans le manuel.

    Ensuite, le langage en lui-même. Python est un très bon langage dans l'absolu. Cependant, les mises à jour citées dans l'article de NextInpact ajoutent la librairie random. La librairie random fait partie des bibliothèques de base de Python. Quelles autres librairies de base sont manquantes ? Faut-il procéder par essais et erreurs ?

    Enfin, Python est un bon langage à condition de savoir par où commencer. Si la marche de départ est trop élevée, l'élève ne saura pas par où commencer. C'est pourquoi le langage de la Casio Graph 35 était si approprié : il réutilise les objets de la mémoire de la calculatrice de façon intuitive, ce qui lui permet de facilement s'intégrer dans l'environnement logiciel existant, il propose suffisamment de fonctionnalités pour être utilisable mais pas trop pour ne pas perdre l'élève, et surtout, il est intégralement documenté dans le manuel.

    On pourrait tabler sur les mises à jour pour corriger tout ce que je viens d'évoquer. Sauf que les mises à jour sont en elles-mêmes un calvaire à réaliser.

    Bref, une calculatrice qui a du potentiel, c'est sûr, mais qui nécessite encore un gros travail d'ergonomie, de documentation, et à laquelle il manque encore pas mal de fonctionnalités, notamment en matière de connexion.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.