Ah mais je suis d'accord avec toi : ce n'est pas illogique, hein. C'est même très cohérent. Mais ça ne veut pas dire que ça soit intelligent.
Ce qui me dérange, et ce en quoi je ne suis pas d'accord avec la politique gouvernementale, c'est de considérer qu'une association, c'est un truc de hippies qui veulent jouer aux boules ou au bridge.
Si, dans notre société, tu enlève les "premiers de cordée", il te reste les 2e, 3e, 4e, Xième de cordée.
Et quand tu regarde en bout de cordée (les précaires, les malades, les SDF, les "mal-inséré", les prisonniers, les vieux, etc) tu verras vite que l'une des rares choses qui les empêchent de décrocher, ce sont des associations.
Je prends un cas que je connais : une asso d'aide aux malades psy en banlieue lyonnaise. Ils font de l'accompagnement de malades qui vont "trop bien" pour aller en Hopital Psychiatrique, mais "trop mal" pour pouvoir être """inséré normalement""" dans la société.
Cette asso est en difficulté financière du fait de baisse des subventions. Si je suivais ton raisonnement, on pourrait se dire : mettons une entreprise à la place, elle sera rentable et paiera des impôts. Certes, sauf que cette entreprise devra être rentable et gagner de l'argent. Faire des profits et croître. Sauf que cet impératif n'est tout simplement pas compatible avec une mission sociale. Notamment, pourquoi ces entreprises iraient se faire chier à aider un SDF de 65 ans, alcoolique et psychotique depuis 10 ans, alors qu'elles pourraient se concentrer sur des publics moins "difficiles" et plus "vendeurs" (ex: schizophrènes, paranoïaques, etc, qui ont des pathologies lourdes, mais plus facilement "contrôlables).
Du coup, les entreprises ne veulent pas vraiment prendre le relai de cette asso (pas assez rentable), mais l'asso voit ses subventions baisser (donc salariés débordés, donc moins efficaces, donc moins de sub). Maintenant, la question à 100 balles : qui va prendre soin de ces malades ?
Bref, je comprends ton raisonnement, hein. Mais il part du principe à mon avis faux que les entreprises peuvent être substituées aux associations. Mon avis, c'est que les assos ont des missions sociales et éducatives qui sont essentielles, justement parce qu'elle ne cherchent pas la rentabilité ou le développement/croissance.
La politique gouvernementale (Macron ne fait qu'accélérer un mouvement commencé bien avant lui) va dans le sens d'une société ou, si tu fais partie des "premiers de cordée" - globalement, si vous lisez un message sur LinuxFR, il y a de fortes chances que vous en fassiez partie, même avec un salaire faible ou pas de salaire - ça devrait bien se passer pour toi, et la situation ira de mieux en mieux. Par contre, si tu n'en fais pas partie, ça va être de plus en plus compliqué pour toi (pas de travail = de + en + compliqué accès d'avoir des soins dentaires de qualité, par exemple)
En gros, on accèlère le mouvement vers un système à l'américaine, qui compte quand même +13% de "pauvres". (bon ça monte aussi en France https://www.inegalites.fr/600-000-pauvres-de-plus-en-dix-ans )
Je voudrais pas passer pour un sale islamogauchiste, hein, mais c'est un choix politique, à la fois individuel et collectif. En tant qu'informaticiens, éduqués (qui a dit "homme blanc cis het barbu ?" ? ) on est clairement du bon côté de la barrière. Ce que je voulais dire quand je disais que l'Etat se désengageait, c'est qu'on est aujourd'hui dans une période de communication politique ou l'idéologie (car c'en est une) que l'entreprise doit prendre le pas sur le non-marchand (associations, services publics, etc) va creuser les inégalités.
[^] # Re: Victoire pour Framagit ... défaite pour Framasoft (ou pas !)
Posté par pyg (site web personnel) . En réponse au journal Une victoire pour Framagit. Évalué à 10.
Ah mais je suis d'accord avec toi : ce n'est pas illogique, hein. C'est même très cohérent. Mais ça ne veut pas dire que ça soit intelligent.
Ce qui me dérange, et ce en quoi je ne suis pas d'accord avec la politique gouvernementale, c'est de considérer qu'une association, c'est un truc de hippies qui veulent jouer aux boules ou au bridge.
Si, dans notre société, tu enlève les "premiers de cordée", il te reste les 2e, 3e, 4e, Xième de cordée.
Et quand tu regarde en bout de cordée (les précaires, les malades, les SDF, les "mal-inséré", les prisonniers, les vieux, etc) tu verras vite que l'une des rares choses qui les empêchent de décrocher, ce sont des associations.
Je prends un cas que je connais : une asso d'aide aux malades psy en banlieue lyonnaise. Ils font de l'accompagnement de malades qui vont "trop bien" pour aller en Hopital Psychiatrique, mais "trop mal" pour pouvoir être """inséré normalement""" dans la société.
Cette asso est en difficulté financière du fait de baisse des subventions. Si je suivais ton raisonnement, on pourrait se dire : mettons une entreprise à la place, elle sera rentable et paiera des impôts. Certes, sauf que cette entreprise devra être rentable et gagner de l'argent. Faire des profits et croître. Sauf que cet impératif n'est tout simplement pas compatible avec une mission sociale. Notamment, pourquoi ces entreprises iraient se faire chier à aider un SDF de 65 ans, alcoolique et psychotique depuis 10 ans, alors qu'elles pourraient se concentrer sur des publics moins "difficiles" et plus "vendeurs" (ex: schizophrènes, paranoïaques, etc, qui ont des pathologies lourdes, mais plus facilement "contrôlables).
Du coup, les entreprises ne veulent pas vraiment prendre le relai de cette asso (pas assez rentable), mais l'asso voit ses subventions baisser (donc salariés débordés, donc moins efficaces, donc moins de sub). Maintenant, la question à 100 balles : qui va prendre soin de ces malades ?
Bref, je comprends ton raisonnement, hein. Mais il part du principe à mon avis faux que les entreprises peuvent être substituées aux associations. Mon avis, c'est que les assos ont des missions sociales et éducatives qui sont essentielles, justement parce qu'elle ne cherchent pas la rentabilité ou le développement/croissance.
La politique gouvernementale (Macron ne fait qu'accélérer un mouvement commencé bien avant lui) va dans le sens d'une société ou, si tu fais partie des "premiers de cordée" - globalement, si vous lisez un message sur LinuxFR, il y a de fortes chances que vous en fassiez partie, même avec un salaire faible ou pas de salaire - ça devrait bien se passer pour toi, et la situation ira de mieux en mieux. Par contre, si tu n'en fais pas partie, ça va être de plus en plus compliqué pour toi (pas de travail = de + en + compliqué accès d'avoir des soins dentaires de qualité, par exemple)
En gros, on accèlère le mouvement vers un système à l'américaine, qui compte quand même +13% de "pauvres". (bon ça monte aussi en France https://www.inegalites.fr/600-000-pauvres-de-plus-en-dix-ans )
Je voudrais pas passer pour un sale islamogauchiste, hein, mais c'est un choix politique, à la fois individuel et collectif. En tant qu'informaticiens, éduqués (qui a dit "homme blanc cis het barbu ?" ? ) on est clairement du bon côté de la barrière. Ce que je voulais dire quand je disais que l'Etat se désengageait, c'est qu'on est aujourd'hui dans une période de communication politique ou l'idéologie (car c'en est une) que l'entreprise doit prendre le pas sur le non-marchand (associations, services publics, etc) va creuser les inégalités.