• [^] # Re: La FSF défend le logiciel libre, pas le libre

    Posté par . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 2.

    Parce que c'est le système de rémunération des auteurs qui veut ça. Il est conçu comme ça, et on n'en est pas responsables, mais la logique veut que les droits tiennent sur une durée potentiellement plus longue que la vie des auteurs.

    Prends le cas d'une avance versée à un auteur sur les droits d'un livre. L'éditeur achète l'exploitation des droits patrimoniaux à un auteur, et en échange, l'éditeur verse une avance. Il fait un pari sur la vente de l'œuvre, mais pas sur la durée de vie de l'auteur, ça serait absurde (ou alors, ça s'apparente à un viager inversé, mais un éditeur n'est pas un assureur, non plus!). Si l'auteur meurt, du jour au lendemain, le livre se trouverait dans le domaine public, alors que l'éditeur est en train de le vendre. C'est pas logique.

    Encore une fois, la rémunération que tu touches par l'exploitation des droits patrimoniaux (que ce soit toi-même ou bien via des intermédiaires, ça ne change rien au principe), ce n'est pas de l'argent qui te tombe du ciel sans que tu ne fasses rien, c'est de la rémunération décalée pour un travail que tu as déja effectué. Cette somme t'es due, quoi qu'il en soit, même si elle dépend de ventes potentielles.

    Je pense que les «artistes» eux-mêmes se sont mis dans cette situation stupide, pour des bonnes et mauvaises raisons. La plupart des gens acceptent de "vendre" immédiatement leur production (manuelle ou intellectuelle, ça ne change pas grand chose) à un employeur, qui est celui qui prend le risque dans le temps. Il rémunère de manière fixe ses employés, récupère le fruit de leur travail, le fait fructifier comme il le souhaite, et en tire tous les bénéfices qu'il veut. S'il fait 100 fois la culbute, tant mieux pour l'employeur, l'employé a déja reçu son salaire, il ne peut prétendre à plus.

    C'est le fonctionnement usuel même dans des métiers créatifs (informatique, recherche scientifique, édition de livres techniques, etc). Salaire fixe, c'est l'employeur qui fait fructifier. D'un autre côté, même en cas de succès, on ne devient pas millionnaire. Dans quel mesure l'appat du gain a-t-il aussi encouragé les auteurs a accepter un système de rémunération différée?