RMS a toujours considéré que le logiciel était un cas particulier, il ne s'est jamais opposé à l'utilisation de licences plus restrictives pour les œuvres d'art, y compris pour les artwork de jeux vidéo, par exemple. La discussion tournerait plutôt autour de la durée de protection excessive des lois existantes sur le droit d'auteur.
Historiquement, le logiciel libre et l'art libre ont donc des bases différentes ; l'art libre est arrivé après le logiciel libre, et pour d'autres raisons. Je pense que le premier rapprochement a été par l'intermédiaire de la GFDL, qui était la licence couvrant les doc de logiciels. Des projets libres (comme Wikipédia par exemple) ont alors été construits autour de la GFDL, qui était un outil inadapté. Les CC sont arrivées en parallèle, indépendamment du logiciel libre, et elles ont peu à peu été adoptées, y compris par la possibilité exceptionnelle de transformer "magiquement" la GFDL en CC pendant une petite période, motivée par un changement de licence de Wikipédia.
Bref, tout ça pour dire que prétendre que la FSF ne comprend rien au libre, c'est un peu ridicule. La FSF ne s'intéresse qu'au logiciel libre, a conçu des licences pour les logiciels libres, et seulement pour les logiciels. D'autres projets plus ou moins flous se sont consuits autour de la généralisation du concept de "libre" au delà du logiciel, généralisation qui n'a jamais été soutenue par la FSF ou ses fondateurs pour tout un tas de raisons. J'aurais donc tendance à dire que c'est les tenants de l'art libre qui n'ont rien compris au logiciel libre, plutôt que l'inverse. Pas étonnant que peu de gens comprennent ou appuient le mouvement "art libre", c'est un mouvement qui n'a pas été "pensé". Il s'est inspiré du logiciel libre par une tentative de translation, en espérant un peu magiquement que ce qui fonctionne pour le logiciel fonctionnerait aussi pour l'art. À mon avis, c'est peine perdue, ça fonctionne pour les œuvres collectives (comme Wikipédia), qui correspondent aussi à des outils, mais la démarche artistique est bien trop personnelle et complexe pour que pouf, le partage d'outils et de méthodes informatique conçu par et pour des ingénieurs puisse avoir une quelconque utilité pour le partage d'œuvres artistiques. On peut par exemple citer des projets comme Battle for Wesnoth, qui a arrêté de lutter et qui a assoupli ses critères de licence pour les parties artistiques.
[^] # Re: Le logiciel libre est un outil pour répondre à un problème concret
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 8. Dernière modification le 14 mai 2018 à 15:42.
RMS a toujours considéré que le logiciel était un cas particulier, il ne s'est jamais opposé à l'utilisation de licences plus restrictives pour les œuvres d'art, y compris pour les artwork de jeux vidéo, par exemple. La discussion tournerait plutôt autour de la durée de protection excessive des lois existantes sur le droit d'auteur.
Historiquement, le logiciel libre et l'art libre ont donc des bases différentes ; l'art libre est arrivé après le logiciel libre, et pour d'autres raisons. Je pense que le premier rapprochement a été par l'intermédiaire de la GFDL, qui était la licence couvrant les doc de logiciels. Des projets libres (comme Wikipédia par exemple) ont alors été construits autour de la GFDL, qui était un outil inadapté. Les CC sont arrivées en parallèle, indépendamment du logiciel libre, et elles ont peu à peu été adoptées, y compris par la possibilité exceptionnelle de transformer "magiquement" la GFDL en CC pendant une petite période, motivée par un changement de licence de Wikipédia.
Bref, tout ça pour dire que prétendre que la FSF ne comprend rien au libre, c'est un peu ridicule. La FSF ne s'intéresse qu'au logiciel libre, a conçu des licences pour les logiciels libres, et seulement pour les logiciels. D'autres projets plus ou moins flous se sont consuits autour de la généralisation du concept de "libre" au delà du logiciel, généralisation qui n'a jamais été soutenue par la FSF ou ses fondateurs pour tout un tas de raisons. J'aurais donc tendance à dire que c'est les tenants de l'art libre qui n'ont rien compris au logiciel libre, plutôt que l'inverse. Pas étonnant que peu de gens comprennent ou appuient le mouvement "art libre", c'est un mouvement qui n'a pas été "pensé". Il s'est inspiré du logiciel libre par une tentative de translation, en espérant un peu magiquement que ce qui fonctionne pour le logiciel fonctionnerait aussi pour l'art. À mon avis, c'est peine perdue, ça fonctionne pour les œuvres collectives (comme Wikipédia), qui correspondent aussi à des outils, mais la démarche artistique est bien trop personnelle et complexe pour que pouf, le partage d'outils et de méthodes informatique conçu par et pour des ingénieurs puisse avoir une quelconque utilité pour le partage d'œuvres artistiques. On peut par exemple citer des projets comme Battle for Wesnoth, qui a arrêté de lutter et qui a assoupli ses critères de licence pour les parties artistiques.