Les monnaies-dettes ayant pu être à certains moments de l'histoire fortement instables quant à leur valeur utile, la notion de réserve de valeur est toujours relative à un temps mais si vous préférez parler de crypto-actif plutôt que de monnaie, vous pouvez très bien le faire. Les nuances définies par la banque de France sont très amusantes d'ailleurs :
- "leur valeur fluctue très fortement, ce qui ne permet pas d’en faire des unités de compte." C'est sûr que les crises de 1929 ou de 1987 ont bien montré la stabilité d'une monnaie-dette.
- "De fait, très peu de prix sont exprimés dans ces crypto‐actifs." La raison en est historique, pas structurelle, ce sont des monnaies récentes.
- "la volatilité de leur cours rend de plus en plus difficile leur utilisation comme moyen de paiement", induction fallacieuse de l'idée d'une situation se dégradant irrémédiablement alors qu'on n'en est qu'au début de l'histoire des crypto-monnaies.
- "ils induisent des frais de transactions qui sont démesurés pour de simples opérations de détail", ça dépend des crypto-monnaies, certains en prennent... 0, soit moins que les monnaies-dettes.
- "ils n’offrent aucune garantie de remboursement en cas de fraude", c'est sûr que les fraudes bancaires sont toujours remboursées au centime près.
- "leur absence de valeur intrinsèque ne permet pas non plus d’en faire des réserves de valeur, inspirant confiance." Alors ça c'est intéressant, on nous parle de confiance en la monnaie. Je ne savais pas que ça faisait partie de la définition d'une monnaie. Conclusion : tout ce qui est nouveau est moins sûr et donc finalement quoi... à éviter ? C'est pratique.
- "Les crypto‐actifs ne s’appuient sur aucun sous‐jacent réel." Celle-là c'est ma préférée je crois, quand on voit la proportion de monnaie scripturale en circulation. Au passage, je cite Wikipédia, puisque depuis quelques années, on y trouve toute la vérité absolue si je comprends bien : "Entre le 22 octobre et le 13 novembre, l'indice Dow Jones passe de 326,51 à 198,69 (-39 %), ce qui correspond à une perte virtuelle de 30 milliards de dollars, dix fois le budget de l'État fédéral américain et plus que ce que les États-Unis avaient dépensé pendant toute la Première Guerre mondiale." Alors, réel ou virtuel ?
- "Ils sont souvent émis en fonction d’une puissance de calcul informatique, sans considération des besoins de l’économie et de ses échanges, ce qui ne permet pas de leur attacher une valeur intrinsèque." Bon là, le mot-clé c'est "considération", car effectivement on considère pas tous pareil et personnellement, à l'heure actuelle, je n'apprécie pas que l'état considère à ma place.
Bref, c'est du sophisme en barre. Et puisqu'on est sur le sophisme :
- "Le livre de référence se base sur les travaux d’aucun économiste, genre c’est sorti de la tête d’un demi-dieu. Tout juste une fleur est lancée à Yoland Bresson en disant que le résultat de ses travaux est proche de l’auteur de la TRM."
Et alors ? Est-ce qu'une avalanche de sources et de remerciements garantit l'exactitude d'un travail ? Non. Il n'y a que l'analyse rigoureuse qui le peut, le reste est superflu voire fallacieux.
- "Bref, cette fameuse "relativité" n'est en rien une découverte, c'est une vieille théorie de 1870."
Peut-être, et alors ? Du coup c'est moins vrai parce que ça a déjà été dit ?
- "Votre gourou c’est un crypto-libertarien."
Non non c'est pas crypto, c'est très clair. Par contre je passe (à mon tour) sur le terme "gourou" parce que c'est simplement de l'ignorance (ou de l'interprétation, mais ça va souvent avec.)
Après tout ça, vous voulez qu'on vous prenne au sérieux ?
[^] # Re: Utilisez ce que vous comprenez
Posté par Léo . En réponse à la dépêche La monnaie libre pour une économie du Libre. Évalué à 5.
Les monnaies-dettes ayant pu être à certains moments de l'histoire fortement instables quant à leur valeur utile, la notion de réserve de valeur est toujours relative à un temps mais si vous préférez parler de crypto-actif plutôt que de monnaie, vous pouvez très bien le faire. Les nuances définies par la banque de France sont très amusantes d'ailleurs :
- "leur valeur fluctue très fortement, ce qui ne permet pas d’en faire des unités de compte." C'est sûr que les crises de 1929 ou de 1987 ont bien montré la stabilité d'une monnaie-dette.
- "De fait, très peu de prix sont exprimés dans ces crypto‐actifs." La raison en est historique, pas structurelle, ce sont des monnaies récentes.
- "la volatilité de leur cours rend de plus en plus difficile leur utilisation comme moyen de paiement", induction fallacieuse de l'idée d'une situation se dégradant irrémédiablement alors qu'on n'en est qu'au début de l'histoire des crypto-monnaies.
- "ils induisent des frais de transactions qui sont démesurés pour de simples opérations de détail", ça dépend des crypto-monnaies, certains en prennent... 0, soit moins que les monnaies-dettes.
- "ils n’offrent aucune garantie de remboursement en cas de fraude", c'est sûr que les fraudes bancaires sont toujours remboursées au centime près.
- "leur absence de valeur intrinsèque ne permet pas non plus d’en faire des réserves de valeur, inspirant confiance." Alors ça c'est intéressant, on nous parle de confiance en la monnaie. Je ne savais pas que ça faisait partie de la définition d'une monnaie. Conclusion : tout ce qui est nouveau est moins sûr et donc finalement quoi... à éviter ? C'est pratique.
- "Les crypto‐actifs ne s’appuient sur aucun sous‐jacent réel." Celle-là c'est ma préférée je crois, quand on voit la proportion de monnaie scripturale en circulation. Au passage, je cite Wikipédia, puisque depuis quelques années, on y trouve toute la vérité absolue si je comprends bien : "Entre le 22 octobre et le 13 novembre, l'indice Dow Jones passe de 326,51 à 198,69 (-39 %), ce qui correspond à une perte virtuelle de 30 milliards de dollars, dix fois le budget de l'État fédéral américain et plus que ce que les États-Unis avaient dépensé pendant toute la Première Guerre mondiale." Alors, réel ou virtuel ?
- "Ils sont souvent émis en fonction d’une puissance de calcul informatique, sans considération des besoins de l’économie et de ses échanges, ce qui ne permet pas de leur attacher une valeur intrinsèque." Bon là, le mot-clé c'est "considération", car effectivement on considère pas tous pareil et personnellement, à l'heure actuelle, je n'apprécie pas que l'état considère à ma place.
Bref, c'est du sophisme en barre. Et puisqu'on est sur le sophisme :
- "Le livre de référence se base sur les travaux d’aucun économiste, genre c’est sorti de la tête d’un demi-dieu. Tout juste une fleur est lancée à Yoland Bresson en disant que le résultat de ses travaux est proche de l’auteur de la TRM."
Et alors ? Est-ce qu'une avalanche de sources et de remerciements garantit l'exactitude d'un travail ? Non. Il n'y a que l'analyse rigoureuse qui le peut, le reste est superflu voire fallacieux.
- "Bref, cette fameuse "relativité" n'est en rien une découverte, c'est une vieille théorie de 1870."
Peut-être, et alors ? Du coup c'est moins vrai parce que ça a déjà été dit ?
- "Votre gourou c’est un crypto-libertarien."
Non non c'est pas crypto, c'est très clair. Par contre je passe (à mon tour) sur le terme "gourou" parce que c'est simplement de l'ignorance (ou de l'interprétation, mais ça va souvent avec.)
Ah non. Être pris au sérieux ça se mérite !