• [^] # Mon expérience en demi-hors-sujet

    Posté par . En réponse au message Votre avis m'intéresse. Évalué à 8. Dernière modification le 08 mai 2018 à 01:36.

    Alors, demi-hors-sujet, parce que je n'ai pas encore 35 ans.
    Cela dit, je pense pouvoir apporter un témoignage, à prendre pour ce qu'il est, et qui, à mon sens, renforce celui de fanto30.

    Pour commencer, niveau cursus scolaire, je n'ai que le baccalauréat, STI électronique (ancien bac F2) de validé. J'ai un niveau (donc, pas obtenu) officiel de BTS IRIS, successeur du BTS informatique industrielle. Il s'agit principalement de programmation, notamment en C++. Il peut peut être intéressant de noter que j'avais déjà un très bon niveau (ahem... pour un étudiant, hein!) en C en arrivant et j'avais déjà commencé à lire des docs sur le C++. Le shell du DOS ne me cachait plus rien depuis quelques années déjà, et j'avais mes notions de reverse engineering de binaire.
    Voilà pour les études que j'affiche sur le CV (je n'affiche pas vraiment le côté cracker, ou du moins, plus maintenant). Ah, non, il y a bien une formation de 4 mois, d'administrateur réseau et bases des données que j'affiche aussi, mais je doute que ça vaille son pesant d'encre, si imprimé... :)

    Certes, je suis jeune (enfin, par rapport à vous deux), mais sans diplômes, ça a été un «peu pénible», au début, dans un monde on l'on considère les diplômes à ce point. Je vous passe les désagréments, mais sachez que je n'ai jamais été viré contre ma volonté d'un CDI. J'en suis à mon 3ème.

    Le 1er CDI, je suis parti parce que travaillant dans une petite SSII (moins de 10 personnes, plutôt orientée gestion système et réseau que développement, pour faire simple) je n'avais plus rien à faire pendant trop longtemps.
    Ceci dit, les leçons que j'en ai retenu, tant au niveau humain que développeur, furent intéressantes.
    La première: j'ai appris qu'un développeur (un ingénieur logiciel) ne sait pas nécessairement gérer un projet, même s'il peut être compétent dans son domaine (dans mon cas, les collègues me considéraient compétents en C++, devant moi. Derrière, je ne sais pas.).
    La seconde: ne pas oublier la distinction entre collègues et amis, ou entre travail et vie privée. Les conséquences de celle-ci ne sont toujours pas finies, mais bon, vous savez probablement déjà mieux que moi les emmerdes que ça peut apporter de mélanger ça.

    Le 2nd CDI, j'étais dans une grosse SSII, et je suis parti avant la fin de ma période d'essais, pour les raisons suivantes:
    La première: la gestion de l'infrastructure m'empêchait littéralement de travailler, le jour ou je suis parti j'ai tout de même eu le matériel et le logiciel pour compiler le projet sur lequel je devais bosser, après 3 mois (c'est à dire que j'avais déjà démissionné, et j'aurais pu ne rien essayer, mais je voulais éviter qu'un éventuel successeur ait les mêmes problèmes que moi. Et puis, ne pas savoir pourquoi un code ne compile pas, c'est frustrant. En l'occurrence, il s'agissait d'une installation de windows foireuse, probablement).
    La seconde: j'avais la sensation de ne pas pouvoir faire avancer les choses. Que j'allais n'être qu'un numéro, une ressource. Ça peut convenir à certains, mais, pour moi, l'informatique, c'est avant tout une passion, et même s'il est vrai que je gagne ma vie plus que des gens mieux mieux diplomés que moi, l'argent n'est pas mon leitmotiv. Il me faut apprendre, toucher à des choses de plus en larges, et apprendre encore, et ça, à mes yeux, ça vaut plus que quelques centaines d'euros mensuels.

    Mon CDI actuel, le plus intéressant pour l'OP je pense, je suis dans une petite boîte, de moins de 10 employés, qui ne voulais pas à la base créer des logiciels, mais à du le faire pour piloter les produits qu'elle développe.
    Il y a pas mal de choses à dire, tant en bien qu'en mal. Je vais commencer par le mal, parce que c'est plus simple et aussi parce que ça peut peut-être casser des mythes qui feraient que l'OP ne se sentirait pas adapté:

    • nous n'avons, à l'heure actuelle, aucune infrastructure réseau. Notre réseau, c'est littéralement un tas de PC reliés par des cascades de switchs à NAS et un routeur de particulier.
    • nous, les développeurs, n'avons aucune visibilité sur ce qui va nous tomber sur le coin de la gueule demain. Le chef décrète, car il est propriétaire et le commercial unique. Nous essayons de négocier avec lui les fonctionnalités. Nous nous démerdons avec les sous-traitants et les fournisseurs (bon, je dresse un tableau noir ici: lui aussi gère une partie de la R&D hein).
    • la plupart d'entre nous (les développeurs notamment) sont des alternants et des stagiaires. J'ai, en fait, été le 1er développeur avec de l'expérience (j'ai du mal avec ce mot...) embauché. À bien y réfléchir, je suis d'ailleurs le seul, et la raison est évidente: je n'ai pas de diplôme officiel, j'ai juste bourlingué. L'une des conséquences, c'est que je ne sais pas trop combien demander en salaire, je me rabaisse peut-être (m'enfin, 1800€ net mensuel, pour un type qui n'a que le bac, je trouve pas ça si crade à l'embauche en province, sachant que depuis mon patron m'a monté de 100 balles brut sans que je lui demande, entres autres.). Cela dit, et ce point sera intéressant pour l'OP, mon patron à embauché (sans mon avis, faut bien le dire) quelqu'un pour me seconder, qui à la 50aine passée. Cette personne a, à priori, bossé en tant que dev il y a plus de 20 ans, et m'a été «mise sur le dos» comme j'aurais dis à l'époque, en tant que stagiaire. Je suis un geek, un pur, un dur. Transmettre mes connaissances, de base, je sais pas faire. Surtout devant certaines questions ou je brûlais d'envie de sortir un bon vieux "RTFM" des familles. Bref, il est vrai que j'aurai pu faire la totalité de ce qu'il a fait en moins de temps qu'il ne m'a fallu pour lui expliquer comment le faire (en même temps, je n'étais pas prêt à former quelqu'un, et j'étais... ah, zut, je suis toujours... dans un état d'urgence par rapport au projet en question), mais, force est de reconnaître, cette personne sera un aide très utile, et je pense que le fait d'avoir bossé dans d'autres milieux est la raison pour laquelle elle à pu apprendre aussi vite (ceci dit, j'ai la désagréable impression qu'il m'a fallu faire mes preuves devant lui à cause de notre différence d'âge, ça reste à prouver, faudra que je demande frontalement quand on sera enfin au calme)

    Maintenant, les choses que j'apprécie:

    • il ne s'agit pas d'une SSII. Nous vendons les produit que nous concevons, et ça implique que le patron est réceptif au fait que l'on essaie de faire des choses pérennes.
    • il y a des tas de choses à faire. Trop pour une seule personne. Ça implique que si cette personne sait ce qu'il y a faire, et parviens à convaincre le chef, cette personne va se retrouver à faire un grand nombre de choses bien distinctes. Dans mon cas, je travaille sur notre infra réseau interne, sur l'infra réseau des produits que l'on vends, et sur une partie de l'électronique. Vu que, gamin, je rêvais d'être inventeur, je me sens quasi comblé :)
    • encore une fois, une petite boîte. On cottoie les collègues, tous les collègues, y compris le chef. Je garde une certaine déférence envers lui et sa femme, mais on est loin de la relation impersonnelle malgré tout.

    Conclusion, je rejoins mon prédécesseur sur 2 points:

    • plus simple d'être débutant mais éclectique dans une petite boîte
    • le taf est quand même vachement plus simpa quand on ne fait le même à longueur d'année, mais ça demande une souplesse d'esprit que tout le monde n'a pas. Si tu penses à changer de métier, et fais l'effort d'apprendre les bases, je ne suis pas inquiet pour toi, et te souhaite bon courage.