• # Tu rêves

    Posté par . En réponse au journal Solution au conflit de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Évalué à -2.

    Si l'État a "cédé" sur l'aéroport c'est parce que tout modèle alternatif représente un danger pour l'ordre "social" établi.

    Le but était d'essouffler un mouvement orphelin, parce que dépossédé de son combat anti aéroport.

    L'État n'avait pas prévu que les militants de la ZAD s'étaient rassemblés pour une cause qui dépassait la simple question de l'aéroport, quoiqu'on en pense. Ou du moins c'est ce qu'il craignait à laisser la situation perdurer.

    Ce fut flagrant à l'époque, pour ceux qui suivent, que la période de flottement fut de très courte durée. De plus les gens ont très vite compris que la décision sur l'aéroport fut purement stratégique - désamorcer une source de contestation - les politicards ayant très vite vendu la mèche.

    Les zadistes ont su rapidement communiquer sur ce qu'ils avaient déjà commencé à faire sur la zone. À savoir muter un objectif "anti-" à un projet "pro-" plus constructif. C'est l'expérience des luttes passées qui a permis cette réactivité exemplaire.

    Ce que tu proposes, a savoir un modèle alternatif, c'est précisément l'enjeu de la discorde. Ce n'est pas une solution mais la source réelle du conflit.

    Au passage dans la gauche radicale moderne, on ne va pas nécessairement chercher à définir précisément le modèle alternatif dans la théorie, comme tu as tendance à le faire. C'est aussi et surtout une expérience pratique du quotidien. Ceci afin d'éviter les errements du passé, mouvements sectaires, violences internes, isolement, etc.

    Évidemment ces pratiques qui ne se donnent aucun objectif mais des moyens, des méthodes, des initiatives et des opportunités dans la vie de tous les jours, ça ne rentre pas du tout dans les exigences institutionnelles rigides - avoir un projet, un financement, etc.