To: Gloo
Subject: Re: Jurisprudence Tati/Kitetoa ?
From: Emmanuel JUD
Bonjour,
> Absolument pas. Mon commentaire est l'illustration qu'il faut condamner > un acte delictueux . Rien d'autre. Vous voyez des dérives possibles > (dans votre article), j'en vois d'autres.
S'introduire dans un système étranger en utilisant un exploit doit être
considéré comme un acte délictueux quel que soit le motif. C'était l'esprit
de la loi "Godfrain" jusqu'à présent et ça l'est encore à l'exception de
l'utilisation irrégulière d'un navigateur web.
> "Il semble inenvisageable d'instaurer une jurisprudence répressive dont > il résulterait une véritable insécurité permanente, juridique et > judiciaire, pour les internautes, certes avisés, mais de bonne foi, qui > découvrent les failles de systèmes informatiques manifestement non > sécurisés"
Le Procureur ne parle que de protéger les découvreurs de faille, pas
d'autoriser le téléchargement des fichiers confidentiels. Kitetoa a soutenu
devant la Cour qu'il n'avait pas téléchargé la base de données mais qu'il
avait fait les captures d'écran "à travers le web". N'importe qui s'y
connaît un peu en informatique sait que c'est faux, mais cet argument a été
repris (de mémoire) par le premier Procureur dans sa démonstration qu'il
fallait relaxer Kitetoa. Vous comprenez maintenant pourquoi je tente de
rétablir modestement la vérité...
> "il ne peut être reproché à un internaute d'accéder aux, ou de se > maintenir dans les parties des sites [...] devant être réputées non > confidentielles à défaut de toute indication contraire et de tout > obstacle à l'accès".
En autorisant un "hacker" à télécharger des fichiers confidentiels vous
autorisez aussi un spammer, un script-kiddy, une cellule de veille et tout
individu malveillant à télécharger ces mêmes fichiers.
> Cela defend la liberté des citoyens: "tout ce qui n'est pas > explicitement prohibé est permis". Que voulez vous faire ? Interdire aux > personnes de chercher/trouver des failles (meme sur des systèmes > manifestement non sécurisés) ? Interdire la communication sur ces > failles ? Interdire les outils qui permettent de les trouver ? Couvrir, > par rebond, les gens qui visiblement ne respectent pas la loi ?
Il faux trouver un compromis protégeant à la fois les internautes et les
entreprises, tout en laissant aux "hackers" la possibilité de rechercher les
failles. Il suffit d'assouplir le délit d'accès frauduleux et de conserver
le maintien frauduleux et le vol de données.
Pensez-vous vraiment que révéler l'existence de la faille dans le serveur de
Tati et permettre à tout lecteur de l'article de télécharger la base de
données de 4000 clients était le meilleur moyen de protéger les clients en
question? Evidemment non. Si pour vous la liberté c'est de favoriser le
piratage, alors nous n'avons pas les mêmes objectifs.
> Ils DOIVENT le faire. C'est la loi. "cinq ans d'emprisonnement et de > 300.000 euros d'amende". Ce n'est pas rien.
Votre citation est de mauvaise fois, car tronquée. Interdire le maintien
frauduleux et le vol de données est complémentaire d'une protection active.
Ca permet simplement de dissuader les personnes malveillantes et dans le cas
contraire de les sanctionner. Si vous autorisez le maintien et le vol de
données il n'y a plus de sanction possible pour les pirates.
Pour permettre à une minorité d'internautes technophiles de conserver leur
passe-temps favori qui consiste à s'introduire dans les systèmes vous êtes
prêt à mettre en danger la sécurité de l'ensemble des internautes et des
entreprises, ça n'est pas très rationnel. Chacun doit faire un effort : aux
entreprises d'accepter l'accès non autorisé, aux "hackers" de ne pas se
maintenir et de ne pas voler de données confidentielles.
Maintenant, si vous êtes de bonne fois, vous voudrez bien poster cette
réponse sous la vôtre ou préciser aux lecteurs que je ne dispose plus des
droits nécessaires pour participer à la discussion.
[^] # Re: Jurisprudence Tati/Kitetoa ?
Posté par Gloo . En réponse à la dépêche Jurisprudence Tati/Kitetoa ?. Évalué à 0.
To: Gloo
Subject: Re: Jurisprudence Tati/Kitetoa ?
From: Emmanuel JUD
Bonjour,
> Absolument pas. Mon commentaire est l'illustration qu'il faut condamner
> un acte delictueux . Rien d'autre. Vous voyez des dérives possibles
> (dans votre article), j'en vois d'autres.
S'introduire dans un système étranger en utilisant un exploit doit être
considéré comme un acte délictueux quel que soit le motif. C'était l'esprit
de la loi "Godfrain" jusqu'à présent et ça l'est encore à l'exception de
l'utilisation irrégulière d'un navigateur web.
> "Il semble inenvisageable d'instaurer une jurisprudence répressive dont
> il résulterait une véritable insécurité permanente, juridique et
> judiciaire, pour les internautes, certes avisés, mais de bonne foi, qui
> découvrent les failles de systèmes informatiques manifestement non
> sécurisés"
Le Procureur ne parle que de protéger les découvreurs de faille, pas
d'autoriser le téléchargement des fichiers confidentiels. Kitetoa a soutenu
devant la Cour qu'il n'avait pas téléchargé la base de données mais qu'il
avait fait les captures d'écran "à travers le web". N'importe qui s'y
connaît un peu en informatique sait que c'est faux, mais cet argument a été
repris (de mémoire) par le premier Procureur dans sa démonstration qu'il
fallait relaxer Kitetoa. Vous comprenez maintenant pourquoi je tente de
rétablir modestement la vérité...
> "il ne peut être reproché à un internaute d'accéder aux, ou de se
> maintenir dans les parties des sites [...] devant être réputées non
> confidentielles à défaut de toute indication contraire et de tout
> obstacle à l'accès".
En autorisant un "hacker" à télécharger des fichiers confidentiels vous
autorisez aussi un spammer, un script-kiddy, une cellule de veille et tout
individu malveillant à télécharger ces mêmes fichiers.
> Cela defend la liberté des citoyens: "tout ce qui n'est pas
> explicitement prohibé est permis". Que voulez vous faire ? Interdire aux
> personnes de chercher/trouver des failles (meme sur des systèmes
> manifestement non sécurisés) ? Interdire la communication sur ces
> failles ? Interdire les outils qui permettent de les trouver ? Couvrir,
> par rebond, les gens qui visiblement ne respectent pas la loi ?
Il faux trouver un compromis protégeant à la fois les internautes et les
entreprises, tout en laissant aux "hackers" la possibilité de rechercher les
failles. Il suffit d'assouplir le délit d'accès frauduleux et de conserver
le maintien frauduleux et le vol de données.
Pensez-vous vraiment que révéler l'existence de la faille dans le serveur de
Tati et permettre à tout lecteur de l'article de télécharger la base de
données de 4000 clients était le meilleur moyen de protéger les clients en
question? Evidemment non. Si pour vous la liberté c'est de favoriser le
piratage, alors nous n'avons pas les mêmes objectifs.
> Ils DOIVENT le faire. C'est la loi. "cinq ans d'emprisonnement et de
> 300.000 euros d'amende". Ce n'est pas rien.
Votre citation est de mauvaise fois, car tronquée. Interdire le maintien
frauduleux et le vol de données est complémentaire d'une protection active.
Ca permet simplement de dissuader les personnes malveillantes et dans le cas
contraire de les sanctionner. Si vous autorisez le maintien et le vol de
données il n'y a plus de sanction possible pour les pirates.
Pour permettre à une minorité d'internautes technophiles de conserver leur
passe-temps favori qui consiste à s'introduire dans les systèmes vous êtes
prêt à mettre en danger la sécurité de l'ensemble des internautes et des
entreprises, ça n'est pas très rationnel. Chacun doit faire un effort : aux
entreprises d'accepter l'accès non autorisé, aux "hackers" de ne pas se
maintenir et de ne pas voler de données confidentielles.
Maintenant, si vous êtes de bonne fois, vous voudrez bien poster cette
réponse sous la vôtre ou préciser aux lecteurs que je ne dispose plus des
droits nécessaires pour participer à la discussion.
EJ