On en déduirait que pour faire baisser le chômage, il faudrait développer le temps partiel. Mais quel intérêt si c’est pour faire augmenter la pauvreté ?
En dehors des aspects financiers pour les ménages touchés par le chômage, il y a d'autres aspects à considérer.
Par exemple la "désocialisation." Pour certaines personnes le travail est un vecteur important pour s'insérer dans la société et avoir des contacts sociaux. Pour certains ne plus travailler entraîne sur le long terme une sorte de dépression ou de dépréciation de soi-même, qui débouche sur une isolation et beaucoup de solitude. Mes mots sont sûrement maladroits, mais on pourrait presque parler de "maladie sociale." Tout le monde réagit différemment à cette situation, mais certaines personnes vivent de véritables tragédies sur le plan humain parceque pendant plusieurs années elles n'exercent aucune activité.
Un autre aspect que je trouve important est le travail au noir. Est-ce qu'il vaut mieux travailler au noir (conditions arbitraires, aucune protection contre le harcèlement moral ou sexuel, pas d'assurance sociale, pas de couverture en cas d'accident) ou travailler avec un contrat précaire, peu d'heures, mais profiter des protections que donne un cadre légal à l'activité?
Et une autre petite (en fait, une grande) remarque sur ce passage:
Flexibiliser le marché du travail revient à enlever des protections des salariés pris en charge par leur employeurs, ce qui implique de mettre cette protection à la charge de l’Etat.
(Je suis loin d'être très calé en droit donc merci de corriger les énormités que je pourrais écrire!)
Ma compréhension est que le droit du travail doit être le même pour tous les salariés et définit donc le cadre "moins disant" pour définir une relation de travail entre un salarié et son employeur: un contrat peut très bien définir plus de protections que ce que prévoit le droit – et certainement pas en enlever. Or aujourd'hui il y a une part significative – pas majoritaire, je le suppose, mais significative – de la population pourlaquelle cette protection n'a aucune valeur: je parle des catégories socio-professionnelles qui travaillent dans les prestations intellectuelles, dont par exemples les ingénieurs programmeurs, mais aussi beaucoup d'experts dans la gestion de projet (développement agricole pour donner un exemple) ou en droit qui peuvent travailler dans tout type d'organisation (ong défense environnementale pour donner un exemple). Dans ces métiers le marché du travail est très tendu et largement à l'avantage des employés qui peuvent négocier des conditions parfois étonnantes et des salaires plus élevés. (Par exemple j'ai un ami dont l'épouse a vécu quelques années en Autriche et dans cette période il alternait une semaine de télétravail avec une semaine de travail sur site!) Le développement de l'activité tertiaire de l'économie, puisque c'est ce dont il s'agit, est un changement majeur de la relation de dépendance entre employés et salariés puisque dans ce domaine les "moyens de production" se résument essentiellement aux capacités et compétences de l'employés, qui ne peuvent évidemment pas être possédées par l'employeur. Puisqu'il s'agit de personnes intellectuellement et financièrement autonomes elles sont tout à fait en position de décider de se mettre à leur compte pour une période plus ou moins longue si elles trouvent que la relation de travail n'est pas assez équilibrée. Dans ce contexte, un droit du travail très contraignant vient aggraver une situation très difficile pour les employeurs sans ajouter de véritable valeur pour l'employé: c'est donc une partie significative de l'activité économique qui se trouve pénalisée.
Cela ne signifie pas pour autant que les protections sociales des personnes qui travaillent dans les autres branches doivent disparaître mais elles doivent changer de cadre, et être implémentées dans les accords de branche au lieu du droit du travail en lui-même. À ma connaissance personne n'a jamais fait d'objection sur les possibilités formelles d'arriver à cela, toutes celles que j'ai pu entendre sont de nature purement politique: les organisations syndicales seraient sous perfusion financière des grands groupes industriels, etc. Si ces problèmes politiques sont avérés, ils méritent d'être réglés en eux-mêmes. Ce serait pour la France une véritable révolution culturelle. Pourrait-on imaginer que dans quelques années les syndicats industriels français négocient la semaine de 28 heures pour les ouvriers qualifiés comme c'est le cas en Allemagne?
# Intérêt à travailler pour les travailleurs pauvres
Posté par Michaël (site web personnel) . En réponse au journal [HS ou presque] Réduire le chômage ?. Évalué à 3.
En dehors des aspects financiers pour les ménages touchés par le chômage, il y a d'autres aspects à considérer.
Par exemple la "désocialisation." Pour certaines personnes le travail est un vecteur important pour s'insérer dans la société et avoir des contacts sociaux. Pour certains ne plus travailler entraîne sur le long terme une sorte de dépression ou de dépréciation de soi-même, qui débouche sur une isolation et beaucoup de solitude. Mes mots sont sûrement maladroits, mais on pourrait presque parler de "maladie sociale." Tout le monde réagit différemment à cette situation, mais certaines personnes vivent de véritables tragédies sur le plan humain parceque pendant plusieurs années elles n'exercent aucune activité.
Un autre aspect que je trouve important est le travail au noir. Est-ce qu'il vaut mieux travailler au noir (conditions arbitraires, aucune protection contre le harcèlement moral ou sexuel, pas d'assurance sociale, pas de couverture en cas d'accident) ou travailler avec un contrat précaire, peu d'heures, mais profiter des protections que donne un cadre légal à l'activité?
Et une autre petite (en fait, une grande) remarque sur ce passage:
(Je suis loin d'être très calé en droit donc merci de corriger les énormités que je pourrais écrire!)
Ma compréhension est que le droit du travail doit être le même pour tous les salariés et définit donc le cadre "moins disant" pour définir une relation de travail entre un salarié et son employeur: un contrat peut très bien définir plus de protections que ce que prévoit le droit – et certainement pas en enlever. Or aujourd'hui il y a une part significative – pas majoritaire, je le suppose, mais significative – de la population pourlaquelle cette protection n'a aucune valeur: je parle des catégories socio-professionnelles qui travaillent dans les prestations intellectuelles, dont par exemples les ingénieurs programmeurs, mais aussi beaucoup d'experts dans la gestion de projet (développement agricole pour donner un exemple) ou en droit qui peuvent travailler dans tout type d'organisation (ong défense environnementale pour donner un exemple). Dans ces métiers le marché du travail est très tendu et largement à l'avantage des employés qui peuvent négocier des conditions parfois étonnantes et des salaires plus élevés. (Par exemple j'ai un ami dont l'épouse a vécu quelques années en Autriche et dans cette période il alternait une semaine de télétravail avec une semaine de travail sur site!) Le développement de l'activité tertiaire de l'économie, puisque c'est ce dont il s'agit, est un changement majeur de la relation de dépendance entre employés et salariés puisque dans ce domaine les "moyens de production" se résument essentiellement aux capacités et compétences de l'employés, qui ne peuvent évidemment pas être possédées par l'employeur. Puisqu'il s'agit de personnes intellectuellement et financièrement autonomes elles sont tout à fait en position de décider de se mettre à leur compte pour une période plus ou moins longue si elles trouvent que la relation de travail n'est pas assez équilibrée. Dans ce contexte, un droit du travail très contraignant vient aggraver une situation très difficile pour les employeurs sans ajouter de véritable valeur pour l'employé: c'est donc une partie significative de l'activité économique qui se trouve pénalisée.
Cela ne signifie pas pour autant que les protections sociales des personnes qui travaillent dans les autres branches doivent disparaître mais elles doivent changer de cadre, et être implémentées dans les accords de branche au lieu du droit du travail en lui-même. À ma connaissance personne n'a jamais fait d'objection sur les possibilités formelles d'arriver à cela, toutes celles que j'ai pu entendre sont de nature purement politique: les organisations syndicales seraient sous perfusion financière des grands groupes industriels, etc. Si ces problèmes politiques sont avérés, ils méritent d'être réglés en eux-mêmes. Ce serait pour la France une véritable révolution culturelle. Pourrait-on imaginer que dans quelques années les syndicats industriels français négocient la semaine de 28 heures pour les ouvriers qualifiés comme c'est le cas en Allemagne?