• [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 2.

    Le "problème" avec la proportionnelle est évidemment l'impossibilité de dégager une majorité, ne fais pas semblant de ne pas le savoir. Plus tu mets de proportionnelle et plus tu auras de compromis, d'alliances contre-natures, de gens qui bouffent leur chapeau tous les jours parce qu'ils appliquent un programme avec lequel ils sont en désaccord.

    C'est un problème vieux comme le monde : comment représenter au mieux une opinion publique diverse, changeante et multidimensionnelle ?

    Multidimensionnelle au sens statistique du terme : aujourd'hui, les préférences politiques d'un individu ne s'alignent plus sur un unique axe gauche/droite, mais sur au moins 4 axes : progressiste/conservateur, restrictions ou non de la liberté d'entreprendre, ouverture au monde/fermeture, autoritarisme/libertés individuelles (pour ceux qui sont familiers de l'analyse en composantes principales, on peut peut-être réduire ces préférences à 3 axes à condition d'admettre qu'ils ne correspondent plus à aucune étiquette simple).

    Changeante, parce qu'au gré des événements, des attaques terroristes, de Facebook, de l'immigration, de l'évolution économique, les opinions des individus changent.

    Diverse, parce que les individus peuvent en venir à franchement se polariser sur certains sujets : ce n'est pas pour rien que les discussions politiques sont purement et simplement interdites dans certains contextes (elles ont tout de même lieu, parce que tout est politique, que l'individu s'inscrit toujours dans un collectif, et que par conséquent, ce qui affecte l'individu a souvent une dimension collective).

    Ça semble une tâche impossible, mais il existe des solutions. Déjà, la proportionnelle, ça marche quand même pas trop mal dans les pays où c'est en place depuis longtemps. Surtout, ça implique un changement culturel : ça oblige les politiques à dialoguer entre eux, or, bien souvent, la meilleure solution est celle qui émerge du consensus. Nous n'avons pas cette culture du dialogue en France.

    Si, vraiment, personne ne veut dialoguer, il existe des solutions plus radicales : limitation du nombre de mandats à 3 et pas un de plus, convocation automatique d'élections législatives si aucun gouvernement n'a été formé après 2 mois, vote d'une motion de censure entraînant la dissolution de l'assemblée nationale si la motion passe. Très vite, les parlementaires vont comprendre que s'ils veulent garder leur poste, ils ont intérêt à se mettre d'accord.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.