• [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 4.

    ton avis est un peu tranché :D et mériterai plus de nuances et moins d'idéologie.

    Œil, poutre, toussa toussa, hein :-)

    J'ai toujours eu des doutes sur l'argument basé sur le principe «les politiques traditionnels ont montré leurs limites, alors essayons quelque chose qui n'a jamais été fait», c'est un argument majeur du populisme de droite et de gauche et c'est basé sur un raisonnement fallacieux (on peut être d'accord pour dire que X est faible, mais c'est fallacieux d'en déduire que Y est meilleur).

    Par contre, il est indéniable que le profile d'E. Macron est très différent du profil des politiques traditionnel. Il n'est pas attaché aux idéologies traditionnelles, et défend un modèle de gestion proche du monde de l'entreprise, avec des prises de risque, une évaluation basée presque exclusivement sur des critères financiers et budgétaires, et des décisions pragmatiques tournées vers un objectif d'efficacité. C'est «moderne», on va dire. On peut ne pas aimer, mais c'est différent.

    Du coup, je trouve que l'argument du style «la vraie gauche/la vraie droite n'a jamais réellement eu le pouvoir et n'a jamais pu appliquer leur programme» est assez faible, puisqu'on s'aperçoit que le réel libéralisme n'a jamais non plus été appliqué (parce que non, le programme de la droite traditionnel est plus conservateur que libéral).

    Après, les histoires de socialisation des pertes, de l'entreprise égoïste, de l'opposition citoyens/entreprises, il n'y a pas grand chose derrière. Je veux dire, c'est juste naïf et assez faux, c'est des slogans de campagne mais il n'y a pas de profondeur (et je dis ça alors que pendant longtemps je trouvais que ça avait de la gueule). Les modèles économiques sont évidemment faux, comme tous les modèles, mais ils sont formalisés, ils rendent possibles la simulation de politiques sociales et économiques, de prévoir leurs conséquences budgétaires et leur efficacité, de prévoir l'impact potentiel des politiques publiques. Oui, ils sont faux, mais en face, il n'y a que du vent : du «bon sens», de l'«indignation» (qui consiste à s'apitoyer sur les symptomes sans essayer de comprendre les causes), du mécontentement (super, "on n'est pas contents", c'est vachement utile comme information). Peut-être qu'avec le temps je deviens de plus en plus scientiste, mais quand j'ai en face de moi quelqu'un qui base ses déclarations sur des modèles, et quelqu'un d'autre qui prétend que «tout le monde sait que c'est faux» et que son petit doigt lui a dit qu'il suffisait de prendre l'argent aux riches (quand on est de la vraie gauche) ou aux pauvres qui ne sont pas comme nous (quand on est de la vraie droite) pour régler tous les problèmes du monde, bah je ne trouve pas ça compliqué de choisir mon camp.