C'est à mon avis une très bonne nouvelle car c'est une preuve concrète de l'implication de ProtonMail dans du code libre
Oui, alors à choisir je préférerai qu’il fasse du code non libre et interopérable plutôt que du code libre intentionnellement conçu pour ne pas pas être interopérable.
ProtonMail prend bien soin de mettre en avant le fait qu’ils ont choisi d’utiliser un protocole standard (OpenPGP). Par exemple :
We believe in compatibility and interoperability. Thus, ProtonMail’s encryption complies fully with the OpenPGP standard. This brings a number of benefits. Because we are using an open standard, you as the user can know exactly how we are applying end-to-end encryption to secure your emails. In the future, we will be adding to ProtonMail the ability to import and export PGP keys. By complying with OpenPGP, it will be possible to do things like, download ProtonMail messages and decrypt them locally using your own PGP software.
Why does ProtonMail use the OpenPGP standard? The reason is interoperability. By adhering to OpenPGP, we enable not just end-to-end encrypted messaging with other ProtonMail users, but compatibility with any PGP user worldwide. This means anybody, regardless of what email provider they use, can send end-to-end encrypted messages to ProtonMail users.
C’est beau comme de l’antique, pas vrai ?
Sauf que c’est du pipeau. Dans les faits, le chiffrement proposé par ProtonMail n’est utilisable qu’entre utilisateurs de ProtonMail.
Vous voulez envoyer un mail chiffré à un correspondant qui n’utilise pas ProtonMail ? Pas moyen. Les seules clefs publiques que vous pouvez utiliser depuis ProtonMail sont celles des autres utilisateurs de ProtonMail. Il est impossible d’importer une clef publique tierce pour l’utiliser depuis ProtonMail. Ça fait trois ans que la fonctionnalité est promise (notez par exemple la phrase commençant par In the future dans la citation ci-dessus), les utilisateurs l’attendent toujours.
La seule option pour envoyer un mail chiffré à un non-utilisateur de ProtonMail est d’utiliser leur méthode complètement non-standard qui consiste en gros à chiffrer le message symmétriquement avec un mot de passe et à envoyer votre correspondant sur une page web où il pourra entrer le mot de passe en question pour lire le message (et c’est à vous de vous débrouiller pour communiquer le mot de passe à votre correspondant).
Si vous voulez pouvoir recevoir sur ProtonMail des messages chiffrés provenant de correspondants non-ProtonMail, c’est théoriquement possible. Vous pouvez exporter votre clef publique, la diffuser comme bon vous semble, et donc la faire parvenir à vos correspondants qui peuvent dès lors l’utiliser pour chiffrer les messages qui vous sont destinés... Sauf que la possibilité d’exporter la clef publique semble avoir disparu des versions récentes de ProtonMail, et depuis ProtonMail ne cesse de promettre que ça va revenir « dans une version future ».
Concrètement, les seules personnes chez ProtonMail qui se soucient d’interopérabilité sont dans le département marketing, où « interopérabilité » est comme « open source » : c’est un mot qu’il est bon de caser partout où on peut sur le site web. Dans les faits, OpenPGP ou pas, ProtonMail ne propose de chiffrement de bout en bout qu’entre ses propres utilisateurs.
À part ça, oui, ProtonMail contribue à un projet open source. C’est bien mais ça n’en reste pas moins un service qui chercher à enfermer ses utilisateurs tout en se vantant d’être interopérable (non).
[^] # Re: ProtonMail
Posté par gouttegd . En réponse à la dépêche GnuPG, OpenPGP.js & cie : quoi de neuf ?. Évalué à 10. Dernière modification le 19 avril 2018 à 01:26.
Oui, alors à choisir je préférerai qu’il fasse du code non libre et interopérable plutôt que du code libre intentionnellement conçu pour ne pas pas être interopérable.
ProtonMail prend bien soin de mettre en avant le fait qu’ils ont choisi d’utiliser un protocole standard (OpenPGP). Par exemple :
Ou encore :
C’est beau comme de l’antique, pas vrai ?
Sauf que c’est du pipeau. Dans les faits, le chiffrement proposé par ProtonMail n’est utilisable qu’entre utilisateurs de ProtonMail.
Vous voulez envoyer un mail chiffré à un correspondant qui n’utilise pas ProtonMail ? Pas moyen. Les seules clefs publiques que vous pouvez utiliser depuis ProtonMail sont celles des autres utilisateurs de ProtonMail. Il est impossible d’importer une clef publique tierce pour l’utiliser depuis ProtonMail. Ça fait trois ans que la fonctionnalité est promise (notez par exemple la phrase commençant par In the future dans la citation ci-dessus), les utilisateurs l’attendent toujours.
La seule option pour envoyer un mail chiffré à un non-utilisateur de ProtonMail est d’utiliser leur méthode complètement non-standard qui consiste en gros à chiffrer le message symmétriquement avec un mot de passe et à envoyer votre correspondant sur une page web où il pourra entrer le mot de passe en question pour lire le message (et c’est à vous de vous débrouiller pour communiquer le mot de passe à votre correspondant).
Si vous voulez pouvoir recevoir sur ProtonMail des messages chiffrés provenant de correspondants non-ProtonMail, c’est théoriquement possible. Vous pouvez exporter votre clef publique, la diffuser comme bon vous semble, et donc la faire parvenir à vos correspondants qui peuvent dès lors l’utiliser pour chiffrer les messages qui vous sont destinés... Sauf que la possibilité d’exporter la clef publique semble avoir disparu des versions récentes de ProtonMail, et depuis ProtonMail ne cesse de promettre que ça va revenir « dans une version future ».
Concrètement, les seules personnes chez ProtonMail qui se soucient d’interopérabilité sont dans le département marketing, où « interopérabilité » est comme « open source » : c’est un mot qu’il est bon de caser partout où on peut sur le site web. Dans les faits, OpenPGP ou pas, ProtonMail ne propose de chiffrement de bout en bout qu’entre ses propres utilisateurs.
À part ça, oui, ProtonMail contribue à un projet open source. C’est bien mais ça n’en reste pas moins un service qui chercher à enfermer ses utilisateurs tout en se vantant d’être interopérable (non).