• # L'air du temps

    Posté par . En réponse au journal Misogynie et discrimination à l'embauche. Évalué à 6. Dernière modification le 10 février 2018 à 19:59.

    L'enfer est pavé de bonnes intentions.

    C'est si vrai. De manière générale je suis tout à fait d'accord avec ton propos même si il est à nuancer dans ce cas précis, l'Inde n'étant pour ainsi dire pas un pays où les féministes ont le même genre de préoccupations qu'en France, je peut concevoir qu'il n'y ait pas beaucoup d'autre solutions que des méthodes un peu grossières. Je ne connais pas le contexte mais je suppose qu'on est à la frontière classique entre discrimination moderne et récupération marketing.

    Sur le premier point je comprends la réaction très à la mode aujourd'hui semble-t-il de lutter (pro)activement contre l'oppression supposée d'une "catégorie" de personnes (j'allais dire "minorité" mais pour les femmes en France ça ne marche pas), ça semble naturel. Mais ça se révèle finalement toxique pour toutes les raisons que tu as citées. Ce qui n'empêche bien sûr pas l'éducation sur les sujets essentiels, le problème étant que même avec toutes les affiches, les "initiatives" et la bonne volonté du monde, les a priori méprisants ne vont pas disparaître du jour au lendemain.

    Il y a même un fait vraiment dur : c'est qu'ils ne disparaîtront sans doute jamais. L'opprimé social peut donc soit l'accepter et faire avec ses moyens, soit rejeter la responsabilité sur quelqu'un d'autre (le plus souvent l'oppresseur mais il a un visage flou) et décider de s'organiser contre lui, presque de partir en guerre. Arrive l'homme (la femme) politique ou un service communication en manque d'idées et tout part en testicules. Cf le mythe entretenu dans la joie tous les ans des femmes payées 30% de moins que les hommes, je ne doute pas d'une disparité mais le capitalisme aveugle (responsable officiel d'une bonne partie des maux la planète) fabriquerait à la chaîne des entreprise à majorité féminine si telle était la différence.

    Le problème de cette victimisation organisée, c'est non seulement qu'elle est agréable à ressentir (on se sent moderne et miséricordieux si on l'organise et dénué de responsabilité personnelle quand on y adhère passionnément) mais surtout qu'elle ferme finalement aux autres, ce qui est ironiquement exactement ce qui a motivé sa création, je considère donc ça stupide.