Et tu n'as pas parlé d'une partie qui me semble prendre de plus en plus de temps dans le monde académique : la recherche de financement.
Pour le langage développé au sein de sa nouvelle équipe, on trouve ces informations sur le site du langage. À l'origine, le projet fut financé par l'entreprise Boston Scientific spécialisé dans le matériel médical, puis par des fonds publics provenant de la National Science Foundation (équivalent américain du CNRS).
Je me demande, d'ailleurs, si le nom du langage (Abella) ne vient pas du premier financeur : l'entreprise a été cofondée par John Abele. Au départ (j'aime bien essayé de trouver l'origine des noms des projets) je pensais que le nom faisait référence au logicien de l'époque scolastique Pierre Abélard car il est souvent utilisé en théorie de la démonstration avec sa bien aimée Héloïse (comme dans l'article Formules valides, jeux et protocoles réseau qui utilise des principes identiques à ceux dont parle gasche dans son journal, mais pour la certification de protocoles réseau), mais l'hypothèse de John Abele me semble plus probable.
démystifier l'activité de recherche et montrer à quoi « ça sert » puisque l'on vit dans un monde où la finalité semble importante à beaucoup :-/
Il en a été de tout temps ainsi, et une citation du maître pour la route :-)
Il n'est point de connaissance qui soit superflue et inutile de façon absolue et à tous égards, encore que nous ne soyons pas toujours à même d'en apercevoir l'utilité. C'est par conséquent un objection aussi mal avisée qu'injuste que les esprits superficiels adressent aux grands hommes qui consacrent aux sciences des soins laborieux lorsqu'ils viennent demander : à quoi cela sert-il ? On ne doit en aucun cas poser une telle question quand on prétend s'occuper de science. À supposer qu'une science ne puisse apporter d'explication que sur un quelconque objet possible, de ce seul fait son utilité serait déjà suffisante. Toute connaissance logiquement parfaite a déjà quelque utilité possible : même si elle nous échappe jusqu'à présent, il se peut que la postérité la découvre. Si en cultivant les sciences on n'avait jamais mesuré l'utilité qu'au profit matériel qu'on pourrait retirer, nous n'aurions pas l'arithmétique et la géométrie. Aussi bien notre intelligence est ainsi conformée qu'elle trouve satisfaction dans la simple connaissance, et même une satisfaction plus grande que dans l'utilité qui en résulte. Platon l'avait déjà remarqué. L'homme y prend conscience de sa valeur propre; il a la sensation de ce qui se nomme : avoir l'intelligence. Les hommes qui ne sentent pas cela doivent envier les bêtes. La valeur intrinsèque que les connaissances tiennent de leur perfection logique est incomparable avec leur valeur extrinsèque, qu'elles tirent de leur application.
Emmanuel Kant, Logique
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Passionant
Posté par kantien . En réponse au journal La recherche en langages de programmation au quotidien. Évalué à 7. Dernière modification le 07 février 2018 à 11:47.
Pour le langage développé au sein de sa nouvelle équipe, on trouve ces informations sur le site du langage. À l'origine, le projet fut financé par l'entreprise Boston Scientific spécialisé dans le matériel médical, puis par des fonds publics provenant de la National Science Foundation (équivalent américain du CNRS).
Je me demande, d'ailleurs, si le nom du langage (Abella) ne vient pas du premier financeur : l'entreprise a été cofondée par John Abele. Au départ (j'aime bien essayé de trouver l'origine des noms des projets) je pensais que le nom faisait référence au logicien de l'époque scolastique Pierre Abélard car il est souvent utilisé en théorie de la démonstration avec sa bien aimée Héloïse (comme dans l'article Formules valides, jeux et protocoles réseau qui utilise des principes identiques à ceux dont parle gasche dans son journal, mais pour la certification de protocoles réseau), mais l'hypothèse de John Abele me semble plus probable.
Il en a été de tout temps ainsi, et une citation du maître pour la route :-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.