Merci Jérôme pour ces gentillesses.
En ce qui concerne le développement d'un logiciel libre au sein d'un labo de recherche public, je ne peux parler que de mon expérience personnelle, qui n'est pas franchement négative : Après presque 10 ans de développement, on a atteint un stade où on se sent quand même très soutenu moralement par la direction du laboratoire, et par les collègues.
On peut quand même mentionner quelques petits points noirs qui pourraient s'améliorer (et qui vont le faire avec le temps, j'en suis persuadé) :
1 - Les possibilités d'obtenir des aides financières spécifiquement pour le développement de logiciels libres ne semblent pas encore très variées, si on les compare avec les instruments qui existent pour financer la recherche en général (RIN, ANR et consorts).
2 - En parallèle, il est difficile de mettre légalement en place des systèmes de dons ou de campagnes de financements participatifs pour aider au développement (achat de matériel, stage...). Ce n'est pas quelque chose qui apparemment se fait très souvent pour un labo de recherche.
Donc les points 1 + 2 font qu'on peut pas vraiment obtenir de source de financement pour le développement du logiciel, et cela même si on avait des centaines/milliers d'utilisateurs prêts à donner un peu de sous (sur une plateforme de type Patreon/Liberapay par exemple). Je ne dis pas que c'est le cas hein, juste que de toute façon ça semble pas possible.
3 - Par ailleurs, on a la forte impression que l'activité de développement de logiciels (libres en particulier) n'est que très peu valorisé lors de l'évaluation de notre activité de recherche par nos pairs. Si encore le logiciel générait des revenus (vente de licence d'exploitation à une entreprise par ex), alors ça serait surement mieux perçu. Mais pour du logiciel libre... J'entends souvent dire qu' "un logiciel compte comme une publication", ce qui fait un peu mal au coeur, car si on compare le temps passé à écrire une publi, et à développer/s'occuper d'un logiciel (comprenant la maintenance et toute l'activité autour)...
Mieux vaudrait s'empêcher d'écrire du logiciel libre pour bien réussir sa carrière!
De manière plus anecdotique : j'ai pu entendre deux trois remarques que je qualifierais d'étranges (pour rester poli), mais c'est surement du classique du genre : "mais si vous avez des milliers d'utilisateurs, pourquoi vous les faites pas payer 1 euro par téléchargement ?", ou encore "y a pas de différences fondamentales entre la CeCILL et la CeCILL-B" (venant d'un prétendu spécialiste des licences logicielles).
(Pour ceux qui connaissent pas trop les licences CeCILL, ça revient à dire que les licenses GPL et BSD c'est la même soupe).
Voilà, mais à part ça, rien de bien grave. On fait avec ce qu'on a, et on continue quand même :)
[^] # Re: Retour d'expérience sur 10 ans
Posté par David Tschumperlé (site web personnel) . En réponse à la dépêche G’MIC : 2.2, v’là les filtres !. Évalué à 10.
Merci Jérôme pour ces gentillesses.
En ce qui concerne le développement d'un logiciel libre au sein d'un labo de recherche public, je ne peux parler que de mon expérience personnelle, qui n'est pas franchement négative : Après presque 10 ans de développement, on a atteint un stade où on se sent quand même très soutenu moralement par la direction du laboratoire, et par les collègues.
On peut quand même mentionner quelques petits points noirs qui pourraient s'améliorer (et qui vont le faire avec le temps, j'en suis persuadé) :
1 - Les possibilités d'obtenir des aides financières spécifiquement pour le développement de logiciels libres ne semblent pas encore très variées, si on les compare avec les instruments qui existent pour financer la recherche en général (RIN, ANR et consorts).
2 - En parallèle, il est difficile de mettre légalement en place des systèmes de dons ou de campagnes de financements participatifs pour aider au développement (achat de matériel, stage...). Ce n'est pas quelque chose qui apparemment se fait très souvent pour un labo de recherche.
Donc les points 1 + 2 font qu'on peut pas vraiment obtenir de source de financement pour le développement du logiciel, et cela même si on avait des centaines/milliers d'utilisateurs prêts à donner un peu de sous (sur une plateforme de type Patreon/Liberapay par exemple). Je ne dis pas que c'est le cas hein, juste que de toute façon ça semble pas possible.
3 - Par ailleurs, on a la forte impression que l'activité de développement de logiciels (libres en particulier) n'est que très peu valorisé lors de l'évaluation de notre activité de recherche par nos pairs. Si encore le logiciel générait des revenus (vente de licence d'exploitation à une entreprise par ex), alors ça serait surement mieux perçu. Mais pour du logiciel libre... J'entends souvent dire qu' "un logiciel compte comme une publication", ce qui fait un peu mal au coeur, car si on compare le temps passé à écrire une publi, et à développer/s'occuper d'un logiciel (comprenant la maintenance et toute l'activité autour)...
Mieux vaudrait s'empêcher d'écrire du logiciel libre pour bien réussir sa carrière!
Voilà, mais à part ça, rien de bien grave. On fait avec ce qu'on a, et on continue quand même :)