• # Avant, l'affaire des "annu"

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Free-electrons se fait attaquer en justice par Free, et change de nom. Évalué à 8. Dernière modification le 02 février 2018 à 04:54.

    Cela rappelle grandement les fameux "annu" au début des années 2000. Après avoir eu du mal à le trouver, voici un lien "d'époque" : http://transfert.net/Affaire-Annu-Iliad-depose-plainte

    Le contexte : Xavier Niels doit sa fortune au "vol" (j'employe ce terme vis-a-vis du fait qu'il y eut un procès) de l'annuaire France Télécom dans les années 90. Le service minitel était 36 17 ANNU. Et la marque ANNU de ce service est une marque déposée (il me semble par ailleurs qu'il fallait une marque, ou un nom de societé, pour avoir le droit d'éditer un service minitel).

    Or aux débuts d'internet, clonant le site à succès Yahoo, il était commun d'avoir des sites d' "annuaire" de liens. Souvent spécialisé dans un sujet donné. Cela permettait de palier au manque de visibilité lié à la mauvaise qualité des premiers moteurs de recherche, puis était une bonne excuse pour des échanges de backlinks (les débuts du référencement). C'est (削除) un peu (削除ここまで) totalement passé de mode les sites de "directory" ou "d'annuaire". Mais les premiers annuaires francophones ont souvent abregé leur nom en "annu".

    Il y eu plusieurs centaines d'annuaires de liens qui utilisaient le terme "annu", devenu synonyme à l'époque et pour l'internet aguerri "annuaire de liens". Ce qui devait embêter Iliad, parce que la situation rendait marque déposée difficile à protéger le nom et le service, le mot étant en passe de devenir un nom commun de l'internet (donc plus protégeable). Or si on ne protège pas sa marque déposée, on peut la perdre. Résultat donc, des centaines de lettres envoyés à des gestionnaires d' "annu" pour éviter de perdre la marque déposée... Ici le problème est surtout qu'Iliad n'a pas agit avec les premiers "annu" pour leur indiquer que le nom était déposé. La chose se serait allé mieux, mais le legalese étant ce qu'il est il se sentit d'attaquer... Et surtout, à ce moment-là, ce type de site était déjà en perte de vitesse, beaucoup de ces sites auraient fermés naturellement dans les années qui suivent faute d'intérêt / de visiteur. Quand au minitel...

    Par contre, en ce qui concerne le terme "Free", le dépot est vraiment douteux. Dans un pays anglophone, on lui répondrait de suite que c'est nom commun, pas protégeable pour le coup. Oui, mais en France ce n'est pas un nom commun (bien que ce soit un anglicisme qui se répande un peu). Aux USA, en Angleterre, et dans tout pays anglophone, ce serait un nom commun, donc non protégeable.

    Oui, mais voilà : « Bootlin (anciennement Free Electrons) est une société d’ingénierie spécialisée en Linux embarqué et plus généralement en logiciel libre et open-source pour systèmes embarqués. [..] Bootlin est basée en France, mais offre ses services dans le monde entier. ».

    Voilà. C'est donc une société française qui évolue dans le monde des NTIC qui reprends le nom de la première. Même s'il n'y a aucune volonté de parasiter (le site semble plus anglophone que francophone, et on tourne autour du "free software"), pour garder la marque déposée douteuse (sans valeur en Angleterre), Free est un peu obligé d'attaquer... Legalese ...