Pour les bases de programmation de μcontrôleur, sûrement, oui. J'ai aussi codé en mode réel sur du 16bits, c'était clairement plus simple. Plus simple aussi de cramer la machine en se trompant d'adresse mémoire.
Pour les microcontrôleurs, c'est certain. C'est ce qui s'en rapproche le plus aujourd'hui (même si les microcontrôleurs existaient déjà à cette époque et étaient à peu près du même niveau de puissance).
Le mode réel sur 16 bits, c'était plus simple aussi, même si à l'époque on s'arrachait les cheveux pour comprendre à quoi ça correspondait quand on était habitués aux « banques » de mémoire paginée. Et surtout : c'était déjà du PC. C'était quand même intéressant de pouvoir constater qu'un ordinateur n'est pas nécessairement un ersatz de l'IBM PC et de son 8086. En plus, à ce stade, on parle déjà d'assembleur et pour le coup, le grand débat de l'époque, c'était l'opposition Intel vs. Motorola. On disait que les premiers avaient été pensés par des électroniciens, les seconds par des programmeurs.
Du coup, même si on a eu toute la vague des Atari ST/Falcon vs Amiga, les huit bits branchés sur le téléviseur familial (ou déjà sur leur propre avec les Amstrad CPC) étaient vraiment une époque particulière, ne serait-ce parce que chaque machine était en elle-même une architecture propre et distincte des autres, même (et surtout) si tous les ordinateurs fonctionnent suivant le même principe. C'était vraiment la même différence qu'il pouvait y avoir entre un avion de ligne et un avion de chasse.
Par contre, pour des trucs plus compliqués, pas vraiment non. D'ailleurs, c'était passionnant, le graphisme en 16 couleurs... ou pas. Bon, j'exagère, je sais: c'était 256 couleurs en 320x200, vive le mode 13h.
Oui, le mode X aussi, toussa. Mais là encore, c'est le contraire même de ce que l'on parle, puisqu'il s'agit déjà d'assembleur sur PC. Note que l'assembleur, c'est génial en soi, même sur PC, mais ce n'est pas l'objet de ce qui nous intéresse. Quand tu faisais LINE en BASIC, tu mettais le numéro de couleur à la fin. Du coup, que tu disposes de 16 couleurs ou de 4294967296, ça ne changeait pas la syntaxe du langage, et ça ne change pas non plus celle des langages actuels.
Vraiment? Pas de POST, pas de BIOS?
Oui, vraiment.
Quand tu allumais un MO5 ou un CPC 6128, tu tombais immédiatement sur le BASIC. Il y avait environ une demi-seconde d'initialisation. Quand tu allumais un MO6 ou un TO8, tu tombais sur une page d'accueil où tu tapais un chiffre qui t'orientait immédiatement vers le BASIC de ton choix parce qu'il en proposait deux, ou vers de menus utilitaires, le tout étant contenu en ROM. Et tout cela parce que pendant très longtemps, les ordinateurs personnels, y compris PC, n'étaient pas dotés de disques durs.
Rien que le POST de mes 1ères machines (16bits, encore une fois... quoique, si ça se trouve j'ai connu du 8bits et je m'en souviens pas.
Oui mais tes machines étaient-elles des compatibles PC ? On rappelle bien que PC veut dire « Personal Computer » et que c'est à la base une marque et un modèle déposé d'IBM. Ça n'a jamais été un nom commun. Comme ils ont (volontairement) laissé leurs concurrents les imiter, ceux-ci ont dès le départ produit des ordinateurs « compatibles PC » (ou « compatible IBM », comme on le disait à l'époque) mais c'était une hypocrisie avouée dès le départ : il ne s'agissait pas d'une architecture complètement indépendante mais capable d'exécuter les programmes prévus pour l'IBM, mais bien d'un clone, à chaque fois.
C'est quand même malheureux parce que c'est à une époque où l'informatique n'a jamais été aussi répandue qu'il y a le moins de diversité et, paradoxalement, parce qu'il n'existe justement plus d'ordinateur grand public non-PC, hormis le mac, les gens ne sont plus capables de s'apercevoir qu'il s'agit bien du même, même s'il a tellement évolué en 35 ans qu'il n'a presque plus rien à voir avec l'original.
C'est vraiment un destin à la John Spartan : « et alors maintenant, tous les restaurants sont des Pizza Hut ». On en rigole en voyant le film mais il est de fait que c'est ce qui est arrivé à l'informatique grand public et quand on sait l'importance que ça a aujourd'hui, ça n'est pas réjouissant.
Je veux dire, en tant que PC pour bosser, sinon c'est certain que j'ai connu) mettait plusieurs secondes... passer l'étape complète du BIOS mettait plusieurs dizaines de secondes.
BIOS et POST sont des terminologies propres à l'IBM PC, même si les autres ordinateurs étaient dotés en ROM de routines d'initialisation similaires puisqu'on ne peut pas s'en passer.
Le PC, c'est vraiment le Vigor de l'informatique : une machine industrielle reconditionnée à petite échelle pour l'adapter à l'utilisateur individuel. Sur les grosses machines, la procédure d'initialisation n'avait pas beaucoup d'importance parce qu'elles sont vouées à rester allumées en permanence et parce qu'elles font souvent, par ailleurs, l'objet d'un contrat de maintenance une fois vendues aux structures auxquelles elles sont destinées. Sur AS/400, le démarrage s'appelle même « IPL » (Initial Program Load).
Le PC, par contre, outre le fait qu'il a été dès le départ une grosse boîte lourde, imposante et majoritairement vide, était doté d'équipements qui, pendant très longtemps, ne servaient vraiment à rien. Par exemple, le ventilateur. Aujourd'hui, ce serait difficile de faire sans mais à l'époque, la technologie était guère différente de celle des huit bits et même l'Amiga 1200, qui était un 32 bits sorti en 1992 et contemporain du 486 (68020, pas x86) s'en passait fort bien.
Pendant longtemps, le PC m'est apparu comme étant à la fois la machine la plus chère et la plus mal conçue, jusqu'à ce que ces défauts soient compensés par un moteur de fusée.
Il me semble bien que c'est le cas également de tous les langages interprétés que je connais, anciens ou modernes.
Oui, il me semblait que certains étaient moins adaptés que d'autres à cet usage mais comme, à y réfléchir, je n'ai pas d'exemple probant en tête, je ne te contredirai pas sur ce point.
Hum. De nos jours, il est possible au néophyte de faire des choses très élaborées avec Excel, sans jamais taper la moindre ligne de code. Malheureusement pour les devs qui doivent rattraper les dégâts, d'ailleurs :)
Oui mais là encore, c'est l'opposé de ce qui nous intéresse ici. Excel propose d'ailleurs le VBA, dont on pense ce que l'on veut, mais qui permet effectivement de faire pas mal de choses dans une feuille de calcul (à commencer par des âneries). Mais il s'agit quand même d'un logiciel dédié à une utilisation précise, qu'il faut lancer dans un environnement déjà opérationnel, et par des utilisateurs déjà grands.
À contrario, le PC, le Minitel et le TO7 sont sortis à la même époque, qui correspondait pour moi à la classe de CP (où on était venu nous présenter le dernier) et mes premiers vrais programmes, c'était en CM2 sur les machines du plan Informatique pour tous. L'idée est de faire en sorte que l'interface par défaut, même à destination des plus jeunes, puisse permettre de faire ce genre de choses sans que ce soit obligatoire.
Les notices ont été supprimées parce que ça coûte cher à imprimer et que de toute façon les gens ne les lisent pas. Ironiquement, c'est moi qui lis le plus souvent les notices des appareils dans ma famille, alors que je suis celui qui a la plus grande maîtrise de cet outil. Et je râle pas mal quand je dois aller chercher la doc sur le net ou dans les tréfonds d'un CD...
Oui mais ça, ça s'appelle de l'expérience. :)
La notice a disparu aussi parce qu'il n'y a plus grand chose à y mettre. Mais c'est surtout parce qu'on peut l'installer directement dans l'interface si on a un ordinateur qui démarre normalement. Et là, on pourrait y mettre les mêmes indications.
[^] # Re: Les 8 bits
Posté par Obsidian . En réponse au message Basic, Logo ou alternative. Évalué à 4.
Pour les microcontrôleurs, c'est certain. C'est ce qui s'en rapproche le plus aujourd'hui (même si les microcontrôleurs existaient déjà à cette époque et étaient à peu près du même niveau de puissance).
Le mode réel sur 16 bits, c'était plus simple aussi, même si à l'époque on s'arrachait les cheveux pour comprendre à quoi ça correspondait quand on était habitués aux « banques » de mémoire paginée. Et surtout : c'était déjà du PC. C'était quand même intéressant de pouvoir constater qu'un ordinateur n'est pas nécessairement un ersatz de l'IBM PC et de son 8086. En plus, à ce stade, on parle déjà d'assembleur et pour le coup, le grand débat de l'époque, c'était l'opposition Intel vs. Motorola. On disait que les premiers avaient été pensés par des électroniciens, les seconds par des programmeurs.
Du coup, même si on a eu toute la vague des Atari ST/Falcon vs Amiga, les huit bits branchés sur le téléviseur familial (ou déjà sur leur propre avec les Amstrad CPC) étaient vraiment une époque particulière, ne serait-ce parce que chaque machine était en elle-même une architecture propre et distincte des autres, même (et surtout) si tous les ordinateurs fonctionnent suivant le même principe. C'était vraiment la même différence qu'il pouvait y avoir entre un avion de ligne et un avion de chasse.
Oui, le mode X aussi, toussa. Mais là encore, c'est le contraire même de ce que l'on parle, puisqu'il s'agit déjà d'assembleur sur PC. Note que l'assembleur, c'est génial en soi, même sur PC, mais ce n'est pas l'objet de ce qui nous intéresse. Quand tu faisais LINE en BASIC, tu mettais le numéro de couleur à la fin. Du coup, que tu disposes de 16 couleurs ou de 4294967296, ça ne changeait pas la syntaxe du langage, et ça ne change pas non plus celle des langages actuels.
Oui, vraiment.
Quand tu allumais un MO5 ou un CPC 6128, tu tombais immédiatement sur le BASIC. Il y avait environ une demi-seconde d'initialisation. Quand tu allumais un MO6 ou un TO8, tu tombais sur une page d'accueil où tu tapais un chiffre qui t'orientait immédiatement vers le BASIC de ton choix parce qu'il en proposait deux, ou vers de menus utilitaires, le tout étant contenu en ROM. Et tout cela parce que pendant très longtemps, les ordinateurs personnels, y compris PC, n'étaient pas dotés de disques durs.
Oui mais tes machines étaient-elles des compatibles PC ? On rappelle bien que PC veut dire « Personal Computer » et que c'est à la base une marque et un modèle déposé d'IBM. Ça n'a jamais été un nom commun. Comme ils ont (volontairement) laissé leurs concurrents les imiter, ceux-ci ont dès le départ produit des ordinateurs « compatibles PC » (ou « compatible IBM », comme on le disait à l'époque) mais c'était une hypocrisie avouée dès le départ : il ne s'agissait pas d'une architecture complètement indépendante mais capable d'exécuter les programmes prévus pour l'IBM, mais bien d'un clone, à chaque fois.
C'est quand même malheureux parce que c'est à une époque où l'informatique n'a jamais été aussi répandue qu'il y a le moins de diversité et, paradoxalement, parce qu'il n'existe justement plus d'ordinateur grand public non-PC, hormis le mac, les gens ne sont plus capables de s'apercevoir qu'il s'agit bien du même, même s'il a tellement évolué en 35 ans qu'il n'a presque plus rien à voir avec l'original.
C'est vraiment un destin à la John Spartan : « et alors maintenant, tous les restaurants sont des Pizza Hut ». On en rigole en voyant le film mais il est de fait que c'est ce qui est arrivé à l'informatique grand public et quand on sait l'importance que ça a aujourd'hui, ça n'est pas réjouissant.
BIOS et POST sont des terminologies propres à l'IBM PC, même si les autres ordinateurs étaient dotés en ROM de routines d'initialisation similaires puisqu'on ne peut pas s'en passer.
Le PC, c'est vraiment le Vigor de l'informatique : une machine industrielle reconditionnée à petite échelle pour l'adapter à l'utilisateur individuel. Sur les grosses machines, la procédure d'initialisation n'avait pas beaucoup d'importance parce qu'elles sont vouées à rester allumées en permanence et parce qu'elles font souvent, par ailleurs, l'objet d'un contrat de maintenance une fois vendues aux structures auxquelles elles sont destinées. Sur AS/400, le démarrage s'appelle même « IPL » (Initial Program Load).
Le PC, par contre, outre le fait qu'il a été dès le départ une grosse boîte lourde, imposante et majoritairement vide, était doté d'équipements qui, pendant très longtemps, ne servaient vraiment à rien. Par exemple, le ventilateur. Aujourd'hui, ce serait difficile de faire sans mais à l'époque, la technologie était guère différente de celle des huit bits et même l'Amiga 1200, qui était un 32 bits sorti en 1992 et contemporain du 486 (68020, pas x86) s'en passait fort bien.
Pendant longtemps, le PC m'est apparu comme étant à la fois la machine la plus chère et la plus mal conçue, jusqu'à ce que ces défauts soient compensés par un moteur de fusée.
Oui, il me semblait que certains étaient moins adaptés que d'autres à cet usage mais comme, à y réfléchir, je n'ai pas d'exemple probant en tête, je ne te contredirai pas sur ce point.
Oui mais là encore, c'est l'opposé de ce qui nous intéresse ici. Excel propose d'ailleurs le VBA, dont on pense ce que l'on veut, mais qui permet effectivement de faire pas mal de choses dans une feuille de calcul (à commencer par des âneries). Mais il s'agit quand même d'un logiciel dédié à une utilisation précise, qu'il faut lancer dans un environnement déjà opérationnel, et par des utilisateurs déjà grands.
À contrario, le PC, le Minitel et le TO7 sont sortis à la même époque, qui correspondait pour moi à la classe de CP (où on était venu nous présenter le dernier) et mes premiers vrais programmes, c'était en CM2 sur les machines du plan Informatique pour tous. L'idée est de faire en sorte que l'interface par défaut, même à destination des plus jeunes, puisse permettre de faire ce genre de choses sans que ce soit obligatoire.
Oui mais ça, ça s'appelle de l'expérience. :)
La notice a disparu aussi parce qu'il n'y a plus grand chose à y mettre. Mais c'est surtout parce qu'on peut l'installer directement dans l'interface si on a un ordinateur qui démarre normalement. Et là, on pourrait y mettre les mêmes indications.