Dommage d'être passé à côté des deux éléments importants et d'avoir juste réagi à des bouts de phrases tirées de leur contexte (voire placées dans un contexte qui n'a rien à voir: personne n'est aussi tranché ? ça tombe bien, c'est exactement mon propos: ces deux extrêmes sont des caricatures qui n'existent pas).
Ces deux éléments sont:
1) scientifiquement, à propos de l'effet de la langue sur les mentalités, la réponse est: ON SAIT PAS.
On sait que c'est pas 100%, on sait que c'est pas 0%, mais pour le reste, c'est sujet au débat scientifique. D'où mon intervention envers quelqu'un qui semblait prétendre que ce n'était pas le cas, que dire que c'est "pas nul mais négligeable" est la bonne solution scientifique.
Donc, oui, arriver et prétendre "non mais en fait, ça a de l'influence, mais pas tant que ça", c'est être non-scientifique. Et c'est là le problème avec l'argument habituel: il repose sur une croyance qu'on essaie de faire passer pour un fait.
À ça, les imbéciles répondront "oui mais en face, ils font pareil", sauf que attention, voici mon deuxième point:
2) l'écriture inclusive s'en fout de savoir si la langue a un petit ou un grand effet. Le principe n'est pas "la langue a un impact", le principe est: "pour lutter contre les préjugés, il faut rendre explicitement visible des formules qui contre-disent ces préjugés". Que ces formules soient des photos, des histoires pour enfants, des pub, ou bien une formulation langagière, ce n'est pas le problème.
(après, certains disent "la langue a un impact" dans le sens "la langue peut servir à fournir des formules qui contre-disent ces préjugés, ce qui a un impact sur la propagation de ces préjugés", ce qui n'a absolument rien à voir avec l'influence langage-mentalité, vu que ce mécanisme n'a rien à voir avec le type de langue ou le vocabulaire)
Donc, l'argument: "si le langage n'a pas d'impact, l'écriture inclusive ne sert à rien" est à côté de la plaque.
À part ça, quelques remarques:
Ce truc là, d'imprimer en loucedé du jour au lendemain une nouvelle syntaxe,
Euh, on parle d'une évolution qui a commencé à être discutée dans les années 90, avec des racines plus anciennes.
Et du jour au lendemain, la seule chose qui est arrivée, c'est des recommandations non contraignantes et des initiatives anecdotiques qui ont suivis ces recommandations.
Tu proposes quoi comme programme qui n'aurait pas été critiqué pour être "du jour au lendemain" ?
En fait, peu importe ce qu'on aurait fait, ce reproche sera toujours fait.
et de l'imposer au monde (oui, écrire est un acte)
Bon, déjà, du coup, ne pas utiliser l'écriture inclusive, c'est imposer une écriture non inclusive à ceux qui préfèrent l'écriture inclusive.
De toutes évidences, cette manière de penser est incohérente: lorsque je peins ma maison, je dois choisir une couleur. Si je la peints en bleu, ceux qui aiment le rouge raleront, si je la peints en rouge, ceux qui aiment le bleu raleront, si je la peints en mauve, ceux qui aiment le vert + ceux qui aiment le rouge + ceux qui aiment le bleu raleront.
La conclusion, c'est qu'il faut ignorer ce genre de commentaires (pas les autres basés sur autres choses), et que le problème est du côté des râleurs qui sont simplement trop immature pour considérer que le monde ne tourne pas autour d'eux, qu'il y a déjà des tas de décisions qui sont prises selon leur goût au détriment d'autres qui n'aiment pas ça, et que de temps en temps, ils doivent juste accepter qu'une décision ne leur convienne pas.
Après tout, c'est ça vivre en démocratie: pas prendre les décisions sur base de la majorité (ça, c'est la définition qu'on donne aux enfants de 7 ans), mais prendre des décisions sur base de consensus (parfois en satisfaisant les minorités, sisisi), ce qui implique qu'il y aura toujours des mécontents.
Aujourd'hui, t'es mécontent sur l'écriture, tu devrais en profiter: quitte à devoir s’acquitter d'une décision qu'on aime pas, celle-ci est un très bon deal vu le peu d'effet que ça a. Après, à toi de voir, on peut échanger: on fait comme tu le souhaites pour l'écriture, mais une autre décision sera prise contre ta volonté, et elle peut concerner des choses bien plus importantes: ta santé, ton patrimoine, ta vie privée, ...
en traitant au passage tous les locuteurs de d'attardés saixistes
Donc, tu réagis parce que "personne n'est aussi tranché", et ensuite, tu sors un gros cliché bien lourd, utilisé pour balayer d'un coup toute réflexion intelligente: "inutile de réfléchir sur ce sujet, si t'es pas d'accord, c'est que tu me traites d'attardés saixistes. Oh, pas toi bien sur, mais les autres là, tiens, celui-là par exemple. quoi ? tu me montres la citation et en fait, il a pas du tout dit ça. bon ben pas lui mais les autres alors. j'ai aucun exemple sous la main, c'est embêtant, c'est presque comme si je me les étais imaginé".
[^] # Re: tout a fait
Posté par j-c_32 . En réponse au journal L’écriture neutre. Évalué à -1.
Dommage d'être passé à côté des deux éléments importants et d'avoir juste réagi à des bouts de phrases tirées de leur contexte (voire placées dans un contexte qui n'a rien à voir: personne n'est aussi tranché ? ça tombe bien, c'est exactement mon propos: ces deux extrêmes sont des caricatures qui n'existent pas).
Ces deux éléments sont:
1) scientifiquement, à propos de l'effet de la langue sur les mentalités, la réponse est: ON SAIT PAS.
On sait que c'est pas 100%, on sait que c'est pas 0%, mais pour le reste, c'est sujet au débat scientifique. D'où mon intervention envers quelqu'un qui semblait prétendre que ce n'était pas le cas, que dire que c'est "pas nul mais négligeable" est la bonne solution scientifique.
Donc, oui, arriver et prétendre "non mais en fait, ça a de l'influence, mais pas tant que ça", c'est être non-scientifique. Et c'est là le problème avec l'argument habituel: il repose sur une croyance qu'on essaie de faire passer pour un fait.
À ça, les imbéciles répondront "oui mais en face, ils font pareil", sauf que attention, voici mon deuxième point:
2) l'écriture inclusive s'en fout de savoir si la langue a un petit ou un grand effet. Le principe n'est pas "la langue a un impact", le principe est: "pour lutter contre les préjugés, il faut rendre explicitement visible des formules qui contre-disent ces préjugés". Que ces formules soient des photos, des histoires pour enfants, des pub, ou bien une formulation langagière, ce n'est pas le problème.
(après, certains disent "la langue a un impact" dans le sens "la langue peut servir à fournir des formules qui contre-disent ces préjugés, ce qui a un impact sur la propagation de ces préjugés", ce qui n'a absolument rien à voir avec l'influence langage-mentalité, vu que ce mécanisme n'a rien à voir avec le type de langue ou le vocabulaire)
Donc, l'argument: "si le langage n'a pas d'impact, l'écriture inclusive ne sert à rien" est à côté de la plaque.
À part ça, quelques remarques:
Euh, on parle d'une évolution qui a commencé à être discutée dans les années 90, avec des racines plus anciennes.
Et du jour au lendemain, la seule chose qui est arrivée, c'est des recommandations non contraignantes et des initiatives anecdotiques qui ont suivis ces recommandations.
Tu proposes quoi comme programme qui n'aurait pas été critiqué pour être "du jour au lendemain" ?
En fait, peu importe ce qu'on aurait fait, ce reproche sera toujours fait.
Bon, déjà, du coup, ne pas utiliser l'écriture inclusive, c'est imposer une écriture non inclusive à ceux qui préfèrent l'écriture inclusive.
De toutes évidences, cette manière de penser est incohérente: lorsque je peins ma maison, je dois choisir une couleur. Si je la peints en bleu, ceux qui aiment le rouge raleront, si je la peints en rouge, ceux qui aiment le bleu raleront, si je la peints en mauve, ceux qui aiment le vert + ceux qui aiment le rouge + ceux qui aiment le bleu raleront.
La conclusion, c'est qu'il faut ignorer ce genre de commentaires (pas les autres basés sur autres choses), et que le problème est du côté des râleurs qui sont simplement trop immature pour considérer que le monde ne tourne pas autour d'eux, qu'il y a déjà des tas de décisions qui sont prises selon leur goût au détriment d'autres qui n'aiment pas ça, et que de temps en temps, ils doivent juste accepter qu'une décision ne leur convienne pas.
Après tout, c'est ça vivre en démocratie: pas prendre les décisions sur base de la majorité (ça, c'est la définition qu'on donne aux enfants de 7 ans), mais prendre des décisions sur base de consensus (parfois en satisfaisant les minorités, sisisi), ce qui implique qu'il y aura toujours des mécontents.
Aujourd'hui, t'es mécontent sur l'écriture, tu devrais en profiter: quitte à devoir s’acquitter d'une décision qu'on aime pas, celle-ci est un très bon deal vu le peu d'effet que ça a. Après, à toi de voir, on peut échanger: on fait comme tu le souhaites pour l'écriture, mais une autre décision sera prise contre ta volonté, et elle peut concerner des choses bien plus importantes: ta santé, ton patrimoine, ta vie privée, ...
Donc, tu réagis parce que "personne n'est aussi tranché", et ensuite, tu sors un gros cliché bien lourd, utilisé pour balayer d'un coup toute réflexion intelligente: "inutile de réfléchir sur ce sujet, si t'es pas d'accord, c'est que tu me traites d'attardés saixistes. Oh, pas toi bien sur, mais les autres là, tiens, celui-là par exemple. quoi ? tu me montres la citation et en fait, il a pas du tout dit ça. bon ben pas lui mais les autres alors. j'ai aucun exemple sous la main, c'est embêtant, c'est presque comme si je me les étais imaginé".