• [^] # Re: Variant

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal L’écriture neutre. Évalué à 6.

    Alors que le français est à la base est complètement cohérent : "Ils allaient, ils vont, ils iront", quand on change de temps, le verbe change de racine c'est normal ?!

    Ouhlà, trop de sérieux dans tes propos, fais attention, prend du recul !
    Cela étant dit, l’écriture inclusive est sexiste :
    En effet, elle indique qu’il y a des hommes et des femmes, et qu’on les distingue, même si on les inclut tous les deux.
    Alors qu’en vrai il y a simplement des gens...

    Et donc à chaque mot acceptant un masculin et un féminin on va rappeler, de façon claire et visuelle, qu’il y a plusieurs catégories de gens. Certes on leur parle à tous, mais les uns indépendamment des autres, car chaque « point » sépare une catégorie de la population.

    Bref, on ne parle pas de la même chose. Je ne dis pas que cette écriture inclusive (points médians et nouveaux pronoms) soit la bonne réponse mais rien à voir avec la "difficulté". C'est pas joli, c'est pas prononçable, mais c'est pas non plus compliqué à lire.

    Sauf que si.
    En vrai c’est extrêmement compliqué de savoir exactement quels groupes sont inclus, il faut détailler tout les point médians, chaque élément, pour se rendre compte qu’au final on inclut tout le monde sauf les oubliés de la faute de frappe.

    Je m’explique mieux : on pourrait écrire agricult·eurs·ice ce qui en détail donne agriculteurs (au pluriel) et agricultrice (au singulier), je n’ai bien sûr pas de cas d’usage particulier à donner, mais c’est super compliqué, et bien moins clair que « les agriculteurs et l’agricultrice », et il faut détailler chaque élément pour savoir de quoi tu parles précisément. Ou considérer la faute de frappe ou l’erreur d’écriture inclusive.
    L’œil a l’habitude de lire le mot d’un coup, de voir la terminaison et donc de savoir qu’on parle spécifiquement d’hommes ou de femmes (ou pas), et de voir le « s » final qui indique le pluriel (ou de constater son absence), c’est câblé dans les réseaux de neurones de notre matière grise. Cette notation change le câblage et oblige à s’intéresser en détail à des milieux de mot, puisque le mot est tellement rallongé que la terminaison « inclusive » peut dépasser à elle seule la taille du mot initial !
    C’est objectivement plus difficile à lire.

    Et bien sûr, plutôt que de parler des gens qui pratiquent l’agriculture, tu parles des hommes qui pratiquent l’agriculture et des femmes qui pratiquent l’agriculture, en mettant de côté explicitement les gens qui ne sont ni hommes ni femmes, sauf à accroître ton écriture inclusive pour les inclure explicitement – ou les exclure implicitement ? – alors que les « gens » sont implicitement de tout les genres possibles y compris non inventés et que leur genre n’a pas d’importance pour le propos en question, de façon à la fois implicite et explicite mais non inclusive puisqu’universelle.
    Et ça c’est super sexiste ! Parce que si ton propos concerne les gens, pourquoi distinguer les hommes et les femmes au point de l’écrire noir sur blanc ? Même si c’est pour les inclure tous à égalité, ça ne change rien !

    Dire que les hommes et les femmes sont sur un pied d’égalité, c’est déjà faire du sexisme, parce que ça indique qu’il y a une différence entre les deux mais qu’ici en l’occurrence la différence est nulle.

    C’est tellement plus simple de parler des gens, c’est tellement plus simple de parler français...
    Et tellement plus simple à comprendre, et à lire !

    Yth.