• # Technocratie, Union Soviétique, etc.

    Posté par . En réponse au journal ils l'ont voulu, ils l'ont obtenu, et ils l'ont dans le baba.... Évalué à 7.

    En parlant avec un collègue qui a fait de la qualité (de la vraie :-), son avis est qu'un indicateur n'est qu'un indicateur. Là où l'organisation commence à déconner c'est si elle évalue le personnel sur la tenue des indicateurs.

    Un indicateur révèle une information, toujours tronquée et partielle, mais néanmoins intéressante : avec l'expérience, des SSII peuvent estimer à l'avance le nombre de bugs trouvés en tests locaux, le nombre de bugs trouvés chez le client avant la production, etc. Si au cours du projet on trouve très peu de bugs lors des tests par l'équipe de dév, c'est un indicateur intéressant : soit le projet était moins compliqué que prévu, soit le projet a bien mieux roulé que d'habitude et on va rechercher pourquoi, soit c'est inquiétant et on risque d'en trouver beaucoup chez le client ou pire en production... Par contre évaluer les développeurs sur un indicateur de ce type est une connerie sans nom : l'indicateur sera bon, mais il ne dira rien du coût du projet, de la satisfaction client, etc.

    Par définition, un indicateur est une approximation de la réalité, et ne dit rien sur la façon dont il faut traiter les choses. D'où le problème quand on transforme un indicateur en objectif, avec toutes les conséquences possibles. On les constate dans la technocratie qui est la nôtre en France : parfois, avec 1€ de plus en salaire, on perd 300€ d'aides diverses, les impôts considèrent qu'un repas coûte 4,17€ qu'on soit à Paris ou en province, un médecin de montagne ne peut pas se faire rembourser l'utilisation d'un 4x4 nécessaire à ses consultations dans des villages potentiellement mal déneigés... Bref tout est taillé à la serpe, et on a l'impression que chaque décision économico-fiscale fait toujours 20% de perdants. Ou alors dans les administrations, les directeurs de centre n'ont pas la responsabilité des salaires mais leurs coût (gardiennage, électricité et téléphone, etc.) sont regardés, ainsi ils auraient presque intérêt à fermer le centre le plus de jours possible dans l'année afin de limiter ces coûts. Sans parler des 'queues de budget à dépenser' ou autres 'rationnalisations' des achats (remontée des besoins puis marché public puis retour des achats 2 ans après, par exemple pour des PC de bureau...), qui engendrent des comportements aberrants (dépenses pressées mal ficelées, thésaurisation de matériel car une fois le recensement de besoins passé impossible d'en avoir d'autre avant 2 ans, façon Union Soviétique).

    Bref de mes études j'ai retenu le cours d'un prof d'économie qui s'attachait à nous montrer les effets pervers des incitations (salaire sur indicateurs) et des organisations. C'était je pense une bonne leçon !