• [^] # Re: Aigreur, quand tu nous tiens

    Posté par . En réponse au journal ils l'ont voulu, ils l'ont obtenu, et ils l'ont dans le baba.... Évalué à 5.

    Il est parfaitement légitime de remettre en question le système de Grandes Écoles, et de concours en général. Toutefois, il faut reconnaître que c'est un moyen "classique" dans la fonction publique pour recruter. Ainsi, le CAPES comme l'Agrégation sont des concours de recrutement, et il n'est pas absurde, si on considère que les "étudiants" sont des adultes qui travaillent à étudier comme vous le suggériez plus tôt, que l'État se réserve le droit d'en recruter un certain nombre sur concours avec un titre de fonctionnaire, afin de former des professeurs et chercheurs dont il maîtrise finement la qualité. La question à se poser est alors la suivante : pourquoi donc les ENS bénéficieraient de ce traitement de faveur, et non les universités en général ? Ou encore : quelle est la "légitimité" (non au sens légal, mais de l'apport à la société) des autres Grandes Écoles (elles aussi subventionnées il me semble par de l'argent public) ? Une fois qu'on a répondu à ces questions, et que la notion du concours est tranchée, il devient plus aisé de discuter des CPGE dont le but avoué est d'y préparer.

    J'estime que le débat qui avait lieu n'était pas celui-ci. Et il y avait plusieurs points qui me semblaient d'intérêt

    1. Quelle formation pour les professeurs des écoles ? J'ai en effet été convaincu par votre argumentaire sur la nécessité d'avoir une éducation plus large et portée sur la pédagogie et la maîtrise des fondamentaux, plutôt que d'exiger un diplôme élevé dans une seule des matières qu'il aura à enseigner
    2. Quelle place pour la pédagogie après le secondaire ? Et c'est ici, selon moi, que nos avis divergent encore, ou du moins qu'il reste quelques choses à discuter.

    En effet, il me semblait que votre position était qu'à un certain niveau d'éducation, l'enseignement devient plus la transmission d'information brute (voire simplement de références vers ces informations) qu'un transfert effectif de "savoir". Je ne peux bien entendu pas parler de statistiques, et mon expérience personnelle vaut ce qu'elle vaut, mais il me semble que le principal critère d'évaluation d'un professeur en université par les élèves est justement ce point fondamental : est-il capable d'expliquer clairement quelque chose ? Et bien trop souvent la réponse est négative.

    Il existe des choses qui arrivent tardivement dans les programmes d'informatique ; par exemple la complexité avancée et ce théorème dont la démonstration est « qualifiée d'élémentaire mais subtile ». Dans cas précis, quel intérêt d'énoncer le théorème et faire référence à une démonstration dans un polycopié/livre ? Tout l'intérêt du résultat est dans le « mais subtile ». C'est un exemple précis, mais on peut de manière plus générale attendre de la personne chargée de la transmission du savoir qu'il réponde aux critères suivants:

    1. Accompagne la compréhension des méthodes subtiles du domaine
    2. Relie les différents résultats du domaine pour former un tout « cohérent » dans la mesure du possible. Par exemple en soulignant l'importance de certains des problèmes ouverts du domaine en rapport avec les choses enseignées, le lien entre les différentes parties du programme etc...
    3. Fournisse une base d'exercices et de corrections pour donner non seulement de quoi vérifier l'acquisition des connaissances, mais aussi le type de rédaction attendue dans le domaine (on écrit pas une preuve d'algorithme comme une preuve d'appartenance à une classe de complexité etc.)

    C'est ici mon point de vue, et je suis curieux de connaître le votre, surtout au vu de votre expérience (à former des professeurs des écoles si j'ai bien compris).

    Cordialement