• [^] # Re: Aigreur, quand tu nous tiens

    Posté par . En réponse au journal ils l'ont voulu, ils l'ont obtenu, et ils l'ont dans le baba.... Évalué à 1.

    Vos deux premières phrases tiennent de l'oxymore.

    Je n'ai en effet pas été très clair, il me semble pourtant bien que le concours du CAPES permet d'enseigner jusqu'au niveau Lycée (et même dans des universités sous certaines conditions visiblement). Ainsi quand je disais « un savoir supérieur d'une année ou deux à ce qu'il peut enseigner », il fallait le comprendre au sens légal du terme (je ne vois d'ailleurs pas d'autre interprétation cohérente). Un professeur au collège possède un CAPES et doit donc maîtriser le programme de Lycée, ma remarque voulant simplement dire que comme il doit pouvoir enseigner au Lycée il n'est pas absurde de lui demander de connaître dans sa matière un peu plus que le programme de terminale (une L1 ou L2).

    Toutefois je me rends bien compte que ma remarque sur les professeurs des écoles est infondée: il faut en effet bien plus de recul qu'une année ou deux pour enseigner en CM2. En revanche je ne comprends pas pourquoi les professeurs des écoles devraient maîtriser parfaitement le changement de base ... Enfin, c'est un exemple très particulier, qui correspond à de l'arithmétique « pointue », puisque si on parle de changement de base on parle de base, et si on parle de base on parle de congruence assez vite et on fait de l'arithmétique de Terminale S spécialité Mathématiques. Je précise mon raisonnement: si on peut exiger du professeur des écoles un savoir équivalent aux spécialités en Terminale de chacune des matières qu'il enseigne alors il faut bien plus qu'un master dans une des disciplines.

    C'est peut-être d'ailleurs ce que tu voulais affirmer en disant qu'il faudrait plus de formation à la pédagogie (qu'il y ait du recul non pas seulement sur une spécialité, mais sur l'ensemble du programme).

    En prépa (comme à l'université), il n'est plus tellement question de pédagogie. Les cours s'adressent plus à des étudiants qu'à des élèves. Il devient donc plus ou moins raisonnable (souvent moins que plus à cause de la tendance à vouloir que tout le monde fasse des études) de simplement énoncer les connaissances à acquérir. L'étudiant se chargeant/étant chargé pour lui-même du travail d'assimilation.

    Je ne comprends pas pourquoi il ne serait plus question de pédagogie ... Bien au contraire, en prépa il faut bien que le professeur fasse preuve d'une pédagogie exceptionnelle s'il veut faire rentrer dans la tête des étudiants les choses qui leurs serviront au concours. Et ne nous leurrons pas à penser que "Les élèves de prépa vont chercher dans des livres les savoirs complémentaires et auront du recul dessus parce qu'ils ont une certaine maturité", c'est tout simplement faux. Je pense au contraire que le manque de "pédagogie" en université est plus dû au travail que cela demande (il est beaucoup plus dur d'avoir du recul sur un sujet en M2) doublé du fait qu'on demande souvent à des enseignants de faire en même temps de la recherche (qui ne permet donc pas de se concentrer sur l'objectif pédagogique), et que cela ne relève pas d'une raison "ontologique" quelconque.

    Pour conclure, quand bien même à terme il faut dans un cursus être capable d'aller chercher soi-même les compléments de connaissance ... Remarquons qu'aucun cours en Master/License ne forme à ce genre de choses, et que bien souvent c'est en "autodidacte" que les étudiants vont à la bibliothèque universitaire.... Ce qui relève bien d'un manque pédagogique.