Moi j'appelle ça aussi le management par la feuille Excel ! (Les chiffres comptent plus que les personnes, le bon sens...) Je l'ai vu en œuvre quand j'ai bossé à la MSA, mais aussi dans l'expérience de pas mal d'amis dans des grosses boites.
J'ai une amie qui a fait une thèse sur un des aspects de ce phénomène, qui tend à rendre très difficile le travail des employés (et l'organisation ne tient souvent que grâce à ce qu'on appelle les travailleurs sentinelles, des travailleurs qui malgré la difficulté garde à cœur de bien faire leur travail).
Dans son cas il s'agissait de retrouver de l'espace pour la reconnaissance du don que font les employés dans leur travail. Le don est super intéressant pour ça car il échappe vraiment à la dimension marchande, il a une valeur au delà de sa quantification, car la valeur n'est pas dans l'objet (ou le coût du service) mais dans le fait qu'il soit réalisé, souvent au service de la relation (voir l'esprit du don). Le don a par contre une nécessité: celui d'être reçu. Dans le travail, ceci veut souvent dire qu'il doit être reconnu (pas nécessairement la personne mais le don en lui même, son existence, lui laisser de l'espace)
Or justement les gens du Mauss disent que pour adapter la règle à la réalité, il est souvent nécessaire d'introduire le don. Dans le milieu médical c'est par exemple le sourire, le petit mot gentil, mais aussi essuyer le vomi de Mr Bidule, même si ce n'est pas prévu dans mes tâches à moi, minutées, où lui approcher sa table de nuit, lui attraper son livre, etc... La règle ne prévois pas tout ce qui peut arriver, et est parfois trop rigide... l'employé qui veut bien faire son boulot, se retrouve donc à enfreindre la règle dans la lettre, mais pour ne pas trahir la mission qu'elle est censée encadrer. Il le fait en prenant sur lui même, par don.
En général un système d'indicateurs froids, uniquement quantitatif (mais qui a décidé de ce qui compte ou pas et est-ce adapté à toute les situation ?) ne prend pas en compte ces dimensions...
Les indicateurs quantitatifs sont bien sur très utiles, mais seulement s'ils ne sont pas absolutisés.
# Et le don...
Posté par Alex G. . En réponse au journal ils l'ont voulu, ils l'ont obtenu, et ils l'ont dans le baba.... Évalué à 10.
Moi j'appelle ça aussi le management par la feuille Excel ! (Les chiffres comptent plus que les personnes, le bon sens...) Je l'ai vu en œuvre quand j'ai bossé à la MSA, mais aussi dans l'expérience de pas mal d'amis dans des grosses boites.
J'ai une amie qui a fait une thèse sur un des aspects de ce phénomène, qui tend à rendre très difficile le travail des employés (et l'organisation ne tient souvent que grâce à ce qu'on appelle les travailleurs sentinelles, des travailleurs qui malgré la difficulté garde à cœur de bien faire leur travail).
Dans son cas il s'agissait de retrouver de l'espace pour la reconnaissance du don que font les employés dans leur travail. Le don est super intéressant pour ça car il échappe vraiment à la dimension marchande, il a une valeur au delà de sa quantification, car la valeur n'est pas dans l'objet (ou le coût du service) mais dans le fait qu'il soit réalisé, souvent au service de la relation (voir l'esprit du don). Le don a par contre une nécessité: celui d'être reçu. Dans le travail, ceci veut souvent dire qu'il doit être reconnu (pas nécessairement la personne mais le don en lui même, son existence, lui laisser de l'espace)
Or justement les gens du Mauss disent que pour adapter la règle à la réalité, il est souvent nécessaire d'introduire le don. Dans le milieu médical c'est par exemple le sourire, le petit mot gentil, mais aussi essuyer le vomi de Mr Bidule, même si ce n'est pas prévu dans mes tâches à moi, minutées, où lui approcher sa table de nuit, lui attraper son livre, etc... La règle ne prévois pas tout ce qui peut arriver, et est parfois trop rigide... l'employé qui veut bien faire son boulot, se retrouve donc à enfreindre la règle dans la lettre, mais pour ne pas trahir la mission qu'elle est censée encadrer. Il le fait en prenant sur lui même, par don.
En général un système d'indicateurs froids, uniquement quantitatif (mais qui a décidé de ce qui compte ou pas et est-ce adapté à toute les situation ?) ne prend pas en compte ces dimensions...
Les indicateurs quantitatifs sont bien sur très utiles, mais seulement s'ils ne sont pas absolutisés.