• [^] # Re: Aigreur, quand tu nous tiens

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal ils l'ont voulu, ils l'ont obtenu, et ils l'ont dans le baba.... Évalué à 6.

    « Après il faut toujours s'assurer que l'enseignant possède un savoir supérieur d'une année ou deux à ce qu'il peut enseigner. Par exemple au collège il faut que le professeur maîtrise parfaitement le programme de Lycée. »

    Vos deux premières phrases tiennent de l'oxymore. Inutile en effet d'avoir beaucoup de savoir en plus. Utile effectivement d'avoir une parfaite maîtrise du programme enseigné. Ores, comment s'acquiert-elle ? En mettant en pratique les notions au fil des années sur des problèmes de plus en plus complexe. Ce qui donne, selon moi, dans la figure de style, ce sont les « une ou deux années ». Il me semble qu'en si peu de temps, seuls quelques génies pourraient peut-être acquérir le recul nécessaire. Pour participer à la formation de futurs professeurs des écoles, je ne peux que constater que, par exemple, le niveau nécessaire pour enseigner les bases de la numération avec un peu de recul est sensiblement supérieur à ce qui est demandé en fin de lycée. Donc plutôt dix ans d'écart qu'un ou deux. Pour continuer sur le même exemple, combien de bacheliers sont bien à l'aise avec les changements de base (de numération) ? C'est pourtant ça le recul indispensable à enseigner les techniques opératoires élémentaires au CP. En effet, ne devrait-on pas attendre d'un enseignant, non seulement qu'il connaisse la règle (par exemple faire des retenus quand on pose une opération, additionner les dizaines avec les dizaines, les unités avec les unités...) mais aussi qu'il comprenne, au moins un peu, d'où vient cette règle ? Ceci étant vrai pour tous les savoirs fondamentaux, il paraît dès lors utile d'avoir un écart en nombre d'années d'études assez important entre enseignant et élève.
    Tout ceci dit, tout en approuvant parfaitement la position réclamant que les enseignants reçoivent une véritable formation à la pédagogie en sus de leur formation disciplinaire.

    Dernière remarque sur :

    « Pour les instituteurs en primaire c'est peut-être moins visible, mais dès le lycée/prépa il faut avoir une connaissance bien supérieure au programme « réel » »

    Ce n'est justement pas le cas et d'ailleurs pas vraiment possible ; pour des raisons ontologiques, les savoirs en plus ne sont guère que des détails pour spécialistes de domaines particuliers ; et pour des raisons pratiques la masse de connaissance à ingurgiter ne permet plus le rythme dolent de la pédagogie des primaire et secondaire. En prépa (comme à l'université), il n'est plus tellement question de pédagogie. Les cours s'adressent plus à des étudiants qu'à des élèves. Il devient donc plus ou moins raisonnable (souvent moins que plus à cause de la tendance à vouloir que tout le monde fasse des études) de simplement énoncer les connaissances à acquérir. L'étudiant se chargeant/étant chargé pour lui-même du travail d'assimilation.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace