• [^] # Re: qui veut une dépêche ?

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Comment je suis devenu chef de projet. Évalué à 4.

    Le pluriel est carrément plus commun mais les deux sont justes, les deux formes sont à disposition du rédacteur qui peut en jouer. Le fait d’utiliser un singulier là où le pluriel est commun permet d’y placer une emphase discrète. C’est le cas pour « effet sonore ». Quelqu’un peut dire « Je suis un pro en dessin », ce qui désigne surtout la matière (quelque chose qu’il peut et sait travailler), désignant moins le produit de son travail que son domaine de compétence.

    Dans d’autre cas le passage au singulier indénombrable peut l’absolutiser en quelque sorte. Pour le singulier de « qualité » c’est le cas, cette différence est du même ordre que la différence entre « le bien » et « les biens » : le premier est un absolu (un principe transcendantal en philosophie), les seconds sont monnayables et contingents.

    Cela peut dans certains cas complètement changer le sens. Dans la liturgie sacrificielle, le presbytre qui dirait « agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde » (au lieu du singulier « qui enlève le péché du monde ») enlèverait pour le coup toute sa dimension au sacrifice qui se trouverait réduit à un passage de serpillière : incapable de désigner le mal dans son absolu, il ne s’y attaquerait pas dans son principe et ne pourrait le vaincre. Le combat entre le bien et le mal serait un non-lieu. Linguiste du dimanche, linguiste du dimanche et demi. ^_^

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