Cette carotte c’est l’inflation.
Non, cela est contredit l'expérience historique : le boom économique du XIXième siècle, avec tous les investissements liés à l'industrialisation s'est produit avec une monnaie ni inflationniste ni déflationniste. Tout était basé sur (environ) 5% de rendement (cf Piketty, dans l'introduction du Capital au XXIème siècle, qui le montre en donnant l'exemple de la littérature : sur tout le XIXième, les auteurs parlent indifféremment de capital ou de rente (donc tout le monde fait la même conversion), avec des montants similaires à des dizaines d'années d'écart. Au XXième siècle, parler de revenus dans un livre est absurde, puisque 10 ans après avec l'inflation le livre aura l'air d'avoir terriblement vieilli). Donc ce n'est pas l'inflation la carotte.
C'est seulement au XXème que cet argument que l'inflation produit la croissance est sorti. Pourtant la croissance n'a pas attendu l'inflation, non plus que la déflation n'interdit la croissance (par exemple l'alimentation a toujours été légèrement déflationniste, avec l'amélioration des rendements liés aux outils, aux engrais et à une meilleure gestion des sols, et pourtant la terre agricole n'a jamais valu aussi cher qu'au début du XXième siècle (toujours Piketty) ; par exemple, l'électronique est un secteur structurellement déflationniste, c'est bien connu ici qu'il vaut mieux attendre pour avoir un meilleur PC/smartphone/whatever, pourtant les entreprises de l'électronique ne se portent jamais aussi bien qu'aujourd'hui).
Plus tu joues la montre, plus t’es riche.
C'est déjà le cas aujourd'hui avec des placements : plus je place longtemps plutôt que de dépenser, plus je suis riche. Pas de différence.
Tu favorises les anciens riches, qui resteront riche ad vitam eternam, et les nouveau venu, à part braquer un wallet bien rempli, ils ont pas des masses d’espoirs que leur vie s’ameliore. C’est un cercle vicieux.
Je vois le même cercle vicieux aujourd'hui (bien décrit par par Piketty d'ailleurs) : aujourd'hui, plus tu es riche, plus tu peux trouver des rendements meilleurs que les autres. Au moins, avec une monnaie stable ou déflationniste, le type pas très malin financièrement et qui ne pense pas à placer son argent ne perd rien.
Avec de l'inflation, le pauvre devient encore plus pauvre, parce qu'il n'a pas accès aux meilleurs placements (s'il pense à placer), et le peu qu'il a est grignoté peu à peu. Cela favorise les riches ou les malins qui savent d'une part que l'inflation existe, d'autre part qui savent comment s'en protéger. C'est beau non ?
Tu favorises les anciens riches, qui resteront riche ad vitam eternam,
Il me semble que même Castro, qui disait dans les années 50 que rien ne pourrait l'empêcher de mener la révolution juqsu'au bout, a fini par mourir. Donc non, les anciens riches ne restent pas riches ad vitam aeternam : au mieux ils peuvent être taxés (au plus tard en droits de succession), au pire ils finissent bien par mourir.
Sans inflation, personne n’a aucune raison d’investir quoi que ce soit.
Pourtant, il y a toujours besoin d'acheter quelque chose (ne serait-ce qu'à manger), et donc des investissements par les producteurs de ce qui est nécessaire... La seule chose c'est donc qu'avec de la déflation l'équilibre "investissements et emprunts/argent qui dort est déplacé", pas qu'il n'y en a pas.
Est ce que ça clarifie les choses?
Je comprends bien ce que tu veux dire. Je trouve cela simpliste. À titre personnel, je ne sais pas si la déflation est une mauvaise chose, mais l semble que les arguments pour la condamner ont beaucoup de contre-arguments similaires.
Au fond il semble que la politique monétaire est de moins en moins liée à la croissance 'réelle'. J'ai l'impression que l'inflation est surtout un moyen, pour les États endettés, de ne pas rembourser leurs dettes à peu de frais.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par khivapia . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à -3. Dernière modification le 15 septembre 2017 à 13:46.
Cette carotte c’est l’inflation.
Non, cela est contredit l'expérience historique : le boom économique du XIXième siècle, avec tous les investissements liés à l'industrialisation s'est produit avec une monnaie ni inflationniste ni déflationniste. Tout était basé sur (environ) 5% de rendement (cf Piketty, dans l'introduction du Capital au XXIème siècle, qui le montre en donnant l'exemple de la littérature : sur tout le XIXième, les auteurs parlent indifféremment de capital ou de rente (donc tout le monde fait la même conversion), avec des montants similaires à des dizaines d'années d'écart. Au XXième siècle, parler de revenus dans un livre est absurde, puisque 10 ans après avec l'inflation le livre aura l'air d'avoir terriblement vieilli). Donc ce n'est pas l'inflation la carotte.
C'est seulement au XXème que cet argument que l'inflation produit la croissance est sorti. Pourtant la croissance n'a pas attendu l'inflation, non plus que la déflation n'interdit la croissance (par exemple l'alimentation a toujours été légèrement déflationniste, avec l'amélioration des rendements liés aux outils, aux engrais et à une meilleure gestion des sols, et pourtant la terre agricole n'a jamais valu aussi cher qu'au début du XXième siècle (toujours Piketty) ; par exemple, l'électronique est un secteur structurellement déflationniste, c'est bien connu ici qu'il vaut mieux attendre pour avoir un meilleur PC/smartphone/whatever, pourtant les entreprises de l'électronique ne se portent jamais aussi bien qu'aujourd'hui).
Plus tu joues la montre, plus t’es riche.
C'est déjà le cas aujourd'hui avec des placements : plus je place longtemps plutôt que de dépenser, plus je suis riche. Pas de différence.
Tu favorises les anciens riches, qui resteront riche ad vitam eternam, et les nouveau venu, à part braquer un wallet bien rempli, ils ont pas des masses d’espoirs que leur vie s’ameliore. C’est un cercle vicieux.
Je vois le même cercle vicieux aujourd'hui (bien décrit par par Piketty d'ailleurs) : aujourd'hui, plus tu es riche, plus tu peux trouver des rendements meilleurs que les autres. Au moins, avec une monnaie stable ou déflationniste, le type pas très malin financièrement et qui ne pense pas à placer son argent ne perd rien.
Avec de l'inflation, le pauvre devient encore plus pauvre, parce qu'il n'a pas accès aux meilleurs placements (s'il pense à placer), et le peu qu'il a est grignoté peu à peu. Cela favorise les riches ou les malins qui savent d'une part que l'inflation existe, d'autre part qui savent comment s'en protéger. C'est beau non ?
Tu favorises les anciens riches, qui resteront riche ad vitam eternam,
Il me semble que même Castro, qui disait dans les années 50 que rien ne pourrait l'empêcher de mener la révolution juqsu'au bout, a fini par mourir. Donc non, les anciens riches ne restent pas riches ad vitam aeternam : au mieux ils peuvent être taxés (au plus tard en droits de succession), au pire ils finissent bien par mourir.
Sans inflation, personne n’a aucune raison d’investir quoi que ce soit.
Pourtant, il y a toujours besoin d'acheter quelque chose (ne serait-ce qu'à manger), et donc des investissements par les producteurs de ce qui est nécessaire... La seule chose c'est donc qu'avec de la déflation l'équilibre "investissements et emprunts/argent qui dort est déplacé", pas qu'il n'y en a pas.
Est ce que ça clarifie les choses?
Je comprends bien ce que tu veux dire. Je trouve cela simpliste. À titre personnel, je ne sais pas si la déflation est une mauvaise chose, mais l semble que les arguments pour la condamner ont beaucoup de contre-arguments similaires.
Au fond il semble que la politique monétaire est de moins en moins liée à la croissance 'réelle'. J'ai l'impression que l'inflation est surtout un moyen, pour les États endettés, de ne pas rembourser leurs dettes à peu de frais.