Dans cette situation, je te propose le deal suivant : je te prête 100 zorgluf au 31 décembre et tu me rends 100 zorgluf au 1er janvier. Un prêt à un taux d’intérêt nominal de 0%.
Deal ou pas deal ?
Ton exemple sur un jour n'a pas vraiment de sens. Inverse le truc, tu me prêtes 100 le 1er janvier, je te rends 100 le 31 décembre. Tu m'as prếté de quoi acheter 100 carambars, et je te rends de quoi acheter 110 carambars. Pour moi, c'est équivalent à un prêt à 10%. Si j'avais besoin de cet argent, alors ça peut être intéressant pour moi. Si je n'en avais pas besoin, évidemment que non, puisque c'est toujours le cas quand on emprunte de l'argent. Pour toi, l'opération est neutre. Tu es aussi riche à la fin que si tu ne m'avais rien prếté, puisqu'au 31 décembre, tu peux t'acheter 110 carambars dans les deux cas. Tu aurais pu garder ton argent.
Comme tu as une bonne bouille, je te fais un prix d’ami. Je te prête 100 zorgluf au 31 décembre et tu me rends 95 zorgluf au 1er janvier. Taux d’intérêt nominal négatif !
Deal ou pas deal ?
Toujours pareil, inverse les dates, autrement c'est un prêt à 10% journalier. Donc on part toujours sur une déflation à 10%, le premier janvier j'emprunte de quoi acheter 100 carambars, et le 31 décembre je te rends l'équivalent de 104.5 carambars. Mais en plus j'ai de quoi m'acheter 5.5 carambars, j'ai donc gagné 1 carambar dans l'affaire. Donc deal, évidemment! Prête-moi 1 milliard, je les met au chaud, et je te rends moins à la fin de l'année!
Maintenant, de ton point de vue, l'opération est débillissime. Tu me prêtes de quoi m'acheter 100 carambars, et je te rends l'équivalent de 104.5 carambars... Sauf que si tu ne m'avais pas prêté de l'argent, tu aurais maintenant 110 carambars! En me prêtant de l'argent, tu as donc perdu du pouvoir d'achat en carambars.
Donc voila, une monnaie déflationniste, c'est hyper-dangereux, rien ne peux marcher. Le seul comportement rationnel est de ne surtout rien dépenser, et éventuellement de prêter de l'argent à des taux positifs, taux qui va s'additionner au taux de déflation pour le calcul du coût des crédits, ce qui risque de rendre les crédits irremboursables (plus ça va, plus les salaires diminuent, moins on peut rembourser, jusqu'au point de non-retour où au fil des mois la dette augmente malgré les remboursements!!). L'économie est complètement bloquée et l'argent ne circule pas.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 10. Dernière modification le 13 septembre 2017 à 17:37.
Ton exemple sur un jour n'a pas vraiment de sens. Inverse le truc, tu me prêtes 100 le 1er janvier, je te rends 100 le 31 décembre. Tu m'as prếté de quoi acheter 100 carambars, et je te rends de quoi acheter 110 carambars. Pour moi, c'est équivalent à un prêt à 10%. Si j'avais besoin de cet argent, alors ça peut être intéressant pour moi. Si je n'en avais pas besoin, évidemment que non, puisque c'est toujours le cas quand on emprunte de l'argent. Pour toi, l'opération est neutre. Tu es aussi riche à la fin que si tu ne m'avais rien prếté, puisqu'au 31 décembre, tu peux t'acheter 110 carambars dans les deux cas. Tu aurais pu garder ton argent.
Toujours pareil, inverse les dates, autrement c'est un prêt à 10% journalier. Donc on part toujours sur une déflation à 10%, le premier janvier j'emprunte de quoi acheter 100 carambars, et le 31 décembre je te rends l'équivalent de 104.5 carambars. Mais en plus j'ai de quoi m'acheter 5.5 carambars, j'ai donc gagné 1 carambar dans l'affaire. Donc deal, évidemment! Prête-moi 1 milliard, je les met au chaud, et je te rends moins à la fin de l'année!
Maintenant, de ton point de vue, l'opération est débillissime. Tu me prêtes de quoi m'acheter 100 carambars, et je te rends l'équivalent de 104.5 carambars... Sauf que si tu ne m'avais pas prêté de l'argent, tu aurais maintenant 110 carambars! En me prêtant de l'argent, tu as donc perdu du pouvoir d'achat en carambars.
Donc voila, une monnaie déflationniste, c'est hyper-dangereux, rien ne peux marcher. Le seul comportement rationnel est de ne surtout rien dépenser, et éventuellement de prêter de l'argent à des taux positifs, taux qui va s'additionner au taux de déflation pour le calcul du coût des crédits, ce qui risque de rendre les crédits irremboursables (plus ça va, plus les salaires diminuent, moins on peut rembourser, jusqu'au point de non-retour où au fil des mois la dette augmente malgré les remboursements!!). L'économie est complètement bloquée et l'argent ne circule pas.