Le problème, c'est que je ne vois pas comment on pourrait mettre en place un système qui favorise les contrats à temps partiel sans «flexibiliser» le marché du travail. Si, par des dispositions légales, tu faisais en sorte que deux mi-temps reviennent moins cher qu'un temps plein, tu vas vite arriver à une multiplication des contrats à mi-temps, et donc à une forme de précarisation collective et une diminution massive des revenus des ménages. En fait, ça revient quand même à assumer l'idée qu'un temps plein n'est plus la norme sociale, et que les temps partiels (et donc les revenus partiels) sont acceptables. Dans un monde où les travailleurs pauvres commencent à se généraliser, ça me semble problématique. En plus, ça risque de reporter tout un tas de dépenses sociales (santé, chomage, retraite) sur le reste de la société ou sur les employeurs qui offrent des temps pleins.
J'ai un peu l'impression que comme tout dans le droit du travail, tout dépend de l'état du rapport de force entre les employeurs et les employés. Dans un monde sans chômage, ou bien dans un domaine où les compétences sont assez rares pour que l'employeur n'ait pas le choix, alors oui, il serait intéressant de pouvoir négocier des mi-temps ou des emplois du temps allégés, voire des diminutions du temps de travail sans contreparties financières. Par contre, dans un monde où le chomage est massif, et que les employeurs n'ont que l'embarras du choix, les salariés sont en compétition directe et ne sont pas en position de négocier ; les employeurs pourront utiliser l'ensemble des possibilités du système (y compris le recours au temps partiel non-souhaité) pour ajuster leur masse salariale. J'ai l'impression que la tendance actuelle est d'assouplir le système (en fait, ça revient à acter un état de fait), et la question de la pertinence d'ouvir encore une voie de flexibilité se pose réellement.
[^] # Re: Techniquement
Posté par arnaudus . En réponse au message Recherche de boulot en temps partiel voir mi-temps. Évalué à 2.
Le problème, c'est que je ne vois pas comment on pourrait mettre en place un système qui favorise les contrats à temps partiel sans «flexibiliser» le marché du travail. Si, par des dispositions légales, tu faisais en sorte que deux mi-temps reviennent moins cher qu'un temps plein, tu vas vite arriver à une multiplication des contrats à mi-temps, et donc à une forme de précarisation collective et une diminution massive des revenus des ménages. En fait, ça revient quand même à assumer l'idée qu'un temps plein n'est plus la norme sociale, et que les temps partiels (et donc les revenus partiels) sont acceptables. Dans un monde où les travailleurs pauvres commencent à se généraliser, ça me semble problématique. En plus, ça risque de reporter tout un tas de dépenses sociales (santé, chomage, retraite) sur le reste de la société ou sur les employeurs qui offrent des temps pleins.
J'ai un peu l'impression que comme tout dans le droit du travail, tout dépend de l'état du rapport de force entre les employeurs et les employés. Dans un monde sans chômage, ou bien dans un domaine où les compétences sont assez rares pour que l'employeur n'ait pas le choix, alors oui, il serait intéressant de pouvoir négocier des mi-temps ou des emplois du temps allégés, voire des diminutions du temps de travail sans contreparties financières. Par contre, dans un monde où le chomage est massif, et que les employeurs n'ont que l'embarras du choix, les salariés sont en compétition directe et ne sont pas en position de négocier ; les employeurs pourront utiliser l'ensemble des possibilités du système (y compris le recours au temps partiel non-souhaité) pour ajuster leur masse salariale. J'ai l'impression que la tendance actuelle est d'assouplir le système (en fait, ça revient à acter un état de fait), et la question de la pertinence d'ouvir encore une voie de flexibilité se pose réellement.