Un jour, j'ai un professeur qui nous a dit que pour comprendre un cours, il valait mieux l'écouter plutôt que de ne faire que l'entendre en l'écrivant à côté.
J’ai ruiné mon espagnol à cause d’un prof comme ça. Et c’était justement le cours où « écrire » semble le plus inadapté : un cours de langue. Mais en fait j’avais élaboré une méthode qui me correspondait très bien : je notais tout ce qui passait dès que je sentais ou constatais que ma mémoire était incapable de ressortir spontanément un mot de vocabulaire ou une forme verbale etc. Mes notes n’étaient donc que des listes, et en fait je reproduisait une part de ce mécanisme des boîtes expliquée dans ce journal : ce que je constate ne pas savoir, ou pas assez, je le mettais « dans la boîte », sur ma feuille, et en fait je ne revenais jamais sur ces feuilles, ce qui comptait, c’est que je fasse un effort intellectuel pour ces choses que je constatais ne pas avoir mémorisé, et je le faisais en direct. Ce que je savais déjà, je l’ignorais, ce que je ne savais pas ou pas assez, je faisais ce geste simple engageant ma mémoire et mon intelligence : je le notais.
Je n’avais jamais été aussi bon en un quelconque cours de langue qu’en espagnol, puis j’ai changé de lycée, et le prof m’a retiré ma feuille. J’ai complètement sombré. Certains traits de mon caractère font que les cours de langues me sont habituellement complètement inadaptés dans leur forme.
Aussi, je reviendrai en particulier sur ce point :
de ne faire que l'entendre en l'écrivant à côté
Parfois ce mécanisme est essentiel voire vital pour certains élèves ayant un caractère plutôt secondaire. Il y a aussi des mécanismes implicites (inconscients ?) de mémorisation, quand la mémoire retient ce que l’intelligence ou le corps procède, sans avoir à y prêter attention : une forme d’apprentissage inconscient des données que la personne traite. Dans cette situation, tout ce que la personne entend ressort aussitôt, excepté ce qu’il sanctionne par écriture. Dans ce cas, forcer l’élève à ne pas noter le contraint à tout oublier, car on le prive du mécanisme qui enclenche ce processus inconscient de mémorisation et l’information n’atteint pas certaines zones de son intelligence, ces zones où la mémoire pioche ce qu’il faut retenir.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Automatiser n'est pas forcément une bonne idée dans ce cas
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Mes péripéties avec la répétition espacée. Évalué à 5.
J’ai ruiné mon espagnol à cause d’un prof comme ça. Et c’était justement le cours où « écrire » semble le plus inadapté : un cours de langue. Mais en fait j’avais élaboré une méthode qui me correspondait très bien : je notais tout ce qui passait dès que je sentais ou constatais que ma mémoire était incapable de ressortir spontanément un mot de vocabulaire ou une forme verbale etc. Mes notes n’étaient donc que des listes, et en fait je reproduisait une part de ce mécanisme des boîtes expliquée dans ce journal : ce que je constate ne pas savoir, ou pas assez, je le mettais « dans la boîte », sur ma feuille, et en fait je ne revenais jamais sur ces feuilles, ce qui comptait, c’est que je fasse un effort intellectuel pour ces choses que je constatais ne pas avoir mémorisé, et je le faisais en direct. Ce que je savais déjà, je l’ignorais, ce que je ne savais pas ou pas assez, je faisais ce geste simple engageant ma mémoire et mon intelligence : je le notais.
Je n’avais jamais été aussi bon en un quelconque cours de langue qu’en espagnol, puis j’ai changé de lycée, et le prof m’a retiré ma feuille. J’ai complètement sombré. Certains traits de mon caractère font que les cours de langues me sont habituellement complètement inadaptés dans leur forme.
Aussi, je reviendrai en particulier sur ce point :
Parfois ce mécanisme est essentiel voire vital pour certains élèves ayant un caractère plutôt secondaire. Il y a aussi des mécanismes implicites (inconscients ?) de mémorisation, quand la mémoire retient ce que l’intelligence ou le corps procède, sans avoir à y prêter attention : une forme d’apprentissage inconscient des données que la personne traite. Dans cette situation, tout ce que la personne entend ressort aussitôt, excepté ce qu’il sanctionne par écriture. Dans ce cas, forcer l’élève à ne pas noter le contraint à tout oublier, car on le prive du mécanisme qui enclenche ce processus inconscient de mémorisation et l’information n’atteint pas certaines zones de son intelligence, ces zones où la mémoire pioche ce qu’il faut retenir.
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