• [^] # Re: Pas tout à fait

    Posté par . En réponse au journal L’État d’urgence permanent. Évalué à 2.

    C'est un superbe "Homme de paille". Tu feins d'ignorer les fondements de la philosophie libérale pour la transformer en une sorte de synonyme d'un capitalisme débridé, pour arriver (quand même) à la conclusion que l'objectif du libéralisme est de réduire les individus au statut de troupeaux de consommateurs.

    Certes, le lien entre capitalisme et libéralisme est complexe, parce que le capitalisme est une conséquence de la plupart des doctrines qui se prétendent "libérales", mais à force de caricaturer, tu passes quand même à côté de l'intérêt majeur du libéralisme. C'est un peu trop facile de faire passer les libéraux pour des «méchants» si on retire le fondement de leur pensée ; ça permet aussi au passage de ne pas trop parler les petits problèmes de libertés individuelles qu'ont connu la plupart des régimes qui se prétendaient d'inspiration communiste...

    L'exemple que j'aime bien (pour la réflexion), c'est l'histoire de la concurrence libre et non faussée. C'est une doctrine essentiellement libérale, mais fondamentalement anticapitaliste (puisque sa seule raison d'être est d'éviter la formation de trusts, de monopoles, ou de pratiques déloyales de la part des grandes multinationales). Considérer que l'Europe est le paradis des multinationales et en même temps utiliser l'exemple de la concurrence libre et non faussée, c'est carrément paradoxal ; on dirait que c'est un peu un gloubiboulga de "banques + méchants capitalistes + économie de marché = ça doit bien être contre la liberté des peuples et la démocratie ce machin que je ne comprends pas". Il faut quand même arriver à un raisonnement un peu plus structuré si on veut être capables de mettre en place une europe sociale...