• [^] # Re: Cynisme

    Posté par . En réponse au journal Intuition. Évalué à 4.

    quand le désagrément sur soi est à des années lumières de ce qui l'a causé.

    Tu n'en sais rien. Le suicidé est peut-être un malade mental qui s'est suicidé sur une bête contrariété.
    Pire: c'est peut-être un détraqué mental qui a ruiné des dizaines de vie et qui se tue pour éviter d'être confronté.

    Je ne connais pas le suicidé et je ne porterai pas de jugement sur lui. Et quand je dis pas de jugement: ni mauvais, ni bon non plus. J'ai un peu de mal avec la béatification des gens morts de mort violente.

    Et je ne comprends pas bien non plus:
    Si je n'ai pas d'empathie pour cet inconnu qui vient de se suicider, je suis d'un égoïsme crasse, mais si le suicidé a montré une absence complète d'empathie pour les passagers et surtout le conducteur qui va trouver les morceaux éparpillés sous son train, c'est un malheureux en détresse?

    Tu connais la vie de 88? Tu sais s'il est heureux? Tu as une idée des conséquences que son retard aura sur sa vie? Peut-être qu'il vit la même situation que le suicidé mais que lui s'accroche et continue.
    Tu connais le conducteur? Tu es certain qu'il va encaisser? Tu as une idée de ce que ce malheureux suicidé pour qui on doit avoir de l'empathie vient de lui faire subir dans le contexte de sa vie?

    Tu ne sais rien sur le conducteur, ni sur le passager, ni sur le suicidé. Mais comme l'un s'est donné la mort, tu penses forcément que c'est un malheureux et l'autre est en vie alors il devrait s'estimer chanceux et la fermer. Il faut respecter cet inconnu dont on ne sait rien et faire la morale à un autre inconnu dont on ne sait rien non plus.

    • L'un a mis en retard un train et causé un traumatisme à un individu: le conducteur, et il s'est donné la mort. Jugement: Personne en détresse. On peut lui passer les fautes.
    • L'autre s'est plaint du retard, mais comme il ne s'est pas tué dans la foulée... Jugement: c'est un égoïste.

    Je ne me permettrais certainement pas de juger de la morale de l'un ni de l'autre.