• [^] # Re: Abstention abstention ...

    Posté par . En réponse au journal Résultats des elections, qui est le vrai vainqueur ?. Évalué à 6. Dernière modification le 08 mai 2017 à 16:08.

    Moi rien qu'en lisant ces propositions sur la réforme du système politique, je trouve qu'on avance plutôt dans le bons sens:
    https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/vie-politique-et-vie-publique

    Intéressant, merci. J'ai quelques commentaires à faire :

    Nous instaurerons le non-cumul des mandats dans le temps. On ne pourra exercer plus de trois mandats identiques successifs.

    Trois mandats identiques successifs, c'est déjà beaucoup... Ça laisse largement le temps de se préparer un point de chute ailleurs. Quitte d'ailleurs à revenir ensuite au point d'origine (par exemple 3 fois député-maire de la ville A, puis conseiller régional, puis de nouveau député-maire de la même ville).

    Nous ouvrirons les postes d’autorité dans l’Etat à toute personne pouvant justifier d’une expérience et d’une compétence utiles au service de l’État, notamment au travers de l’exercice de responsabilités politiques.

    Ça, je n'ai pas compris ce que c'est. C'est terriblement vague, et ça peut être positif comme négatif. Le recrutement des hauts fonctionnaires par concours a tout de même du bon. Notamment pour limiter le copinage et les conflits d'intérêt, mais aussi pour s'assurer que la fonction publique reste indépendante des changements au pouvoir. Là, j'ai l'impression que Macron veut en filigrane recruter « directement » pour des postes-clés, histoire d'y caser des serviteurs zélés. Ce serait une rupture dangereuse avec le modèle actuel.

    Nous prévoirons que les nouveaux ministres, immédiatement après leur nomination, soient auditionnés par la commission permanente de l’Assemblée nationale compétente pour leur portefeuille.

    Si on veut... Là aussi, c'est terriblement vague : auditionnés à quel sujet ?

    les responsables politiques devront rendre des comptes. [...] Sur leur politique, surtout, parce que les Français demandent de la clarté.

    Les Français ne demandent pas de la clarté, ils demandent surtout qu'on n'applique pas une politique servant les intérêts d'une minorité au détriment de la majorité. C'est pourtant ce qui s'est passé pendant le quinquennat Hollande, dont Macron a été un des éléments clés...

    Le Président de la République présentera son bilan national et européen une fois par an devant le Congrès.

    Pour le coup, c'est un pas vers plus de présidentialisation.

    Nous demanderons aux parlementaires qui soutiennent notre action de mettre en place des dispositifs innovants d’évaluation du travail parlementaire (jurys citoyens, compte-rendus de mandat via les réseaux sociaux,...)

    Pitié, non, pas ça. La sanction du travail parlementaire, c'est le suffrage universel. Pas des « jurys citoyens » dont on se doute qu'ils seront trustés par des associations ou collectifs activistes représentant des positions minoritaires, encore moins les « réseaux sociaux » (sérieux, les mêmes qui hurlent aux trolls et aux « fake news » proposent de confier l'évaluation du travail parlementaire aux réseaux sociaux ? c'est du délire).

    Contrôle de l’utilisation de leurs indemnités par les parlementaires.

    Qui va contrôler et sur quels critères ? Parlementaire, ce n'est pas une profession, c'est un mandat du peuple. Il ne saurait y avoir un département RH qui cornaque les parlementaires et leur dit comment effectuer leur travail. La protection donnée aux parlementaires, tant dans leur organisation (liberté d'affectation de l'enveloppe de frais) que dans leurs actions (immunité parlementaire), n'est pas là pour faire plaisir à la caste des députés (qui, certes, en profite) mais à protéger la démocratie contre d'éventuelles ingérences d'autorités non-élues...

    Plus d’efficacité, c’est aussi plus de numérique : nous avons besoin de numériser notre démocratie, en instituant un vote électronique qui élargira la participation, réduira les coûts des élections et modernisera l’image de la politique.

    Je ne savais pas que le « coût des élections » était un motif d'inquiétude sérieux. Quant on veut tuer son chien, on l'accuse de la rage. Quant au vote électronique, je pense qu'on sait tous ici le danger qu'il représente.

    Limiter le nombre de mois pendant lequel on légifère et consacrer plus de temps parlementaire à l’évaluation de l’action du gouvernement.

    Encore plus de présidentialisation, donc. Le parlement, d'autorité législatrice, devient un organe d'évaluation du gouvernement... En fait, c'est une sorte d'application du modèle de l'UE (une Commission puissante et un Parlement faible réduit à donner son avis de temps à autre sans garantie qu'il soit pris en compte) à la Vè République. Un modèle généralement considéré comme très peu démocratique.

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    Ma conclusion : je ne suis pas pour une hypothétique VIè République, mais je suis encore moins pour ces propositions dont beaucoup tendent à limiter la démocratie parlementaire et à la remplacer par une logique managériale qui n'a rien de démocratique. Mis à part quelques mesures cosmétiques, je trouve que ces propositions apportent un vrai recul de la démocratie via l'affaiblissement des représentants du peuple, au profit d'un pouvoir exécutif dont le quinquennat Hollande a montré qu'il pouvait être acharné dans la poursuite d'une politique suscitant un très fort rejet populaire.

    Si Macron compte vraiment mettre en place ces propositions, cela confirme le constat qu'il représente un danger pour la République. Je pensais que les tentations monarchiques de Macron tenaient de l'anecdote, il semblerait que cela soit plus sérieux...