Le logiciel libre n’induit pas nécessairement des « valeurs de partage et d’ouverture ». Déjà, je ne vois pas le rapport entre « ouverture du code » et l’« ouverture d’esprit », ce sont deux bestioles très différentes ; ne te fais pas avoir par la polysémie. Tu peux très bien faire de l’open source en étant extrêmement borné sur d’autres points, et les nombreux « incidents » communautaires ne sont pas là pour me démentir (les trolls de Linus/TdR, les forks hostiles pour des raisons d’ego type FFmpeg/libav, Firefox qui fait du libre tout en gardant jalousement sa marque, la monomanie de RMS qui bloque pendant des années l’extensibilité de GCC...)
De même, tu peux faire de l’open source sans pour autant avoir des « valeurs de partage ». Il ne faut aucun doute que l’Open Source que Microsoft fait, il ne le fait pas pour des « valeurs de partage ». Tu vas me dire, c’est plus difficile pour un particulier qui partage ce qu’il fait sur son temps libre, mais non : moi-même je ne me reconnaît pas particulièrement dans les valeurs de « partage », et pourtant tout ce que je fais sur mon temps libre est sur mon github sous licence MIT. Grosso-modo, pour moi, quelqu’un qui partage son code pour une « valeur de partage », il le fait parce qu’il ''espère'' que ça servira à quelqu’un d’autre (et sera déçu si ce n’est pas le cas). Je partage parce que ça ''pourrait'' être utile à quelqu’un d’autre et que ça me coûte rien (mais si ça sert à personne, c’est pas grave). Ma vraie motivation pour libérer mon code ? Je suis avant tout fainéant et viscéralement anti-gaspillage. Je déteste l’idée du travail fait en double. L’idée que quelqu’un ait à refaire ce que j’ai fait juste parce que j’ai pas publié mon travail m’est très déplaisante (d’ailleurs c’est aussi pour ça que je préfère une licence type MIT à GPL). Mais ça n’a rien à voir avec la moindre « valeur de partage ».
Bref : ton lien logiciel libre-valeurs me semble légèrement naïf.
2.
notamment quand je vois que les ouvriers sont prêts à voter pour des personnes qui par le passé ont ouvertement actés contre leurs intérêts
Cette image peut très bien être mensongère. Par exemple l’image dit peut-être « Marine Le Pen refuse de voter contre TAFTA » quand en réalité Marine Le Pen est une grande absentéiste et ne vote généralement rien du tout. Note que je n’en sais rien (et, honnêtement, je m’en cogne) : le point important est que peu de votants FN vont voir ce genre d’image, et encore moins vont le prendre au sérieux quand ils ont juste la possiblité de dire « propagande de gauchiste de mauvaise foi » (et qui peut le leur reprocher ? J’ai vu passer il n’y a pas longtemps une infographie du même type comparant certains points du programme FN, Insoumis et En Marche, pour conclure que les électeurs Insoumis devraient voter FN. Combien d’électeurs Insoumis y ont prêté attention plus que 10s ? Qui peut le leur reprocher ?) La plupart des gens votent sur les paroles, pas les actes.
Les gens peuvent très bien voter contre leurs intérêts par idéologie/sens du devoir/de la justice... Beaucoup de riches votent à gauche parce qu’il adhèrent aux valeurs égalitaires de la gauche ; pourquoi des pauvres ne pourraient voter à droite par adhésion à des valeurs de droite (responsabilité, stabilité de l’ordre social...) ?
Les gens peuvent avoir une opinion différente sur les effets probables d’une politique donnée, ce qui donnera lieu à des jugements différents sur ce qu’il faut voter pour « ses intérêts ». Par exemple, l’intérêt d’un ouvrier est-il de voter pour le protectionnisme ? Ça dépend si tu considères que l’effet principal du protectionnisme est d’augmenter les prix à la consommation ou d’augmenter les plus bas salaires. Note encore une fois que la réalité de la chose n’entre pas en ligne de compte : seul importe ce que l’électeur croit. Si l’électeur croit que X va dans son intérêt, que tu penses que X va contre son intérêt, et qu’il vote X, ta réaction sera « je ne comprend pas pourquoi il vote contre son intérêt », mais c’est ta réaction qui est fautive ; son vote est parfaitement compréhensible.
Tu n’as pas à être fermé d’esprit et contre le partage pour être nationaliste. Le nationaliste voit, grosso-modo, la France comme étant la maison des Français. TdR et Linus ne vivent pas dans la même maison (... je crois que je viens de tomber sur un concept d’émission de télé-réalité de geek, là), mais ça ne les empêche pas de partager du code/de la connaissance ; de même, vouloir que deux cultures vivent sur des territoires séparés n’interdit pas le partage de connaissance et la communication entre les deux cultures. Je ne dis pas que tous les électeurs FN (ou même la majorité) sont ouverts d’esprit et pour le partage, je dis juste qu’il n’y a pas d’incompatibilité fondamentale.
[^] # Re: Je ne comprends pas...
Posté par Moonz . En réponse au journal Vendredi tout est permis. Évalué à 10.
Pour moi, la réponse tient en deux points :
1.
Le logiciel libre n’induit pas nécessairement des « valeurs de partage et d’ouverture ». Déjà, je ne vois pas le rapport entre « ouverture du code » et l’« ouverture d’esprit », ce sont deux bestioles très différentes ; ne te fais pas avoir par la polysémie. Tu peux très bien faire de l’open source en étant extrêmement borné sur d’autres points, et les nombreux « incidents » communautaires ne sont pas là pour me démentir (les trolls de Linus/TdR, les forks hostiles pour des raisons d’ego type FFmpeg/libav, Firefox qui fait du libre tout en gardant jalousement sa marque, la monomanie de RMS qui bloque pendant des années l’extensibilité de GCC...)
De même, tu peux faire de l’open source sans pour autant avoir des « valeurs de partage ». Il ne faut aucun doute que l’Open Source que Microsoft fait, il ne le fait pas pour des « valeurs de partage ». Tu vas me dire, c’est plus difficile pour un particulier qui partage ce qu’il fait sur son temps libre, mais non : moi-même je ne me reconnaît pas particulièrement dans les valeurs de « partage », et pourtant tout ce que je fais sur mon temps libre est sur mon github sous licence MIT. Grosso-modo, pour moi, quelqu’un qui partage son code pour une « valeur de partage », il le fait parce qu’il ''espère'' que ça servira à quelqu’un d’autre (et sera déçu si ce n’est pas le cas). Je partage parce que ça ''pourrait'' être utile à quelqu’un d’autre et que ça me coûte rien (mais si ça sert à personne, c’est pas grave). Ma vraie motivation pour libérer mon code ? Je suis avant tout fainéant et viscéralement anti-gaspillage. Je déteste l’idée du travail fait en double. L’idée que quelqu’un ait à refaire ce que j’ai fait juste parce que j’ai pas publié mon travail m’est très déplaisante (d’ailleurs c’est aussi pour ça que je préfère une licence type MIT à GPL). Mais ça n’a rien à voir avec la moindre « valeur de partage ».
Bref : ton lien logiciel libre-valeurs me semble légèrement naïf.
2.
Cette image peut très bien être mensongère. Par exemple l’image dit peut-être « Marine Le Pen refuse de voter contre TAFTA » quand en réalité Marine Le Pen est une grande absentéiste et ne vote généralement rien du tout. Note que je n’en sais rien (et, honnêtement, je m’en cogne) : le point important est que peu de votants FN vont voir ce genre d’image, et encore moins vont le prendre au sérieux quand ils ont juste la possiblité de dire « propagande de gauchiste de mauvaise foi » (et qui peut le leur reprocher ? J’ai vu passer il n’y a pas longtemps une infographie du même type comparant certains points du programme FN, Insoumis et En Marche, pour conclure que les électeurs Insoumis devraient voter FN. Combien d’électeurs Insoumis y ont prêté attention plus que 10s ? Qui peut le leur reprocher ?) La plupart des gens votent sur les paroles, pas les actes.
Les gens peuvent très bien voter contre leurs intérêts par idéologie/sens du devoir/de la justice... Beaucoup de riches votent à gauche parce qu’il adhèrent aux valeurs égalitaires de la gauche ; pourquoi des pauvres ne pourraient voter à droite par adhésion à des valeurs de droite (responsabilité, stabilité de l’ordre social...) ?
Les gens peuvent avoir une opinion différente sur les effets probables d’une politique donnée, ce qui donnera lieu à des jugements différents sur ce qu’il faut voter pour « ses intérêts ». Par exemple, l’intérêt d’un ouvrier est-il de voter pour le protectionnisme ? Ça dépend si tu considères que l’effet principal du protectionnisme est d’augmenter les prix à la consommation ou d’augmenter les plus bas salaires. Note encore une fois que la réalité de la chose n’entre pas en ligne de compte : seul importe ce que l’électeur croit. Si l’électeur croit que X va dans son intérêt, que tu penses que X va contre son intérêt, et qu’il vote X, ta réaction sera « je ne comprend pas pourquoi il vote contre son intérêt », mais c’est ta réaction qui est fautive ; son vote est parfaitement compréhensible.
Tu n’as pas à être fermé d’esprit et contre le partage pour être nationaliste. Le nationaliste voit, grosso-modo, la France comme étant la maison des Français. TdR et Linus ne vivent pas dans la même maison (... je crois que je viens de tomber sur un concept d’émission de télé-réalité de geek, là), mais ça ne les empêche pas de partager du code/de la connaissance ; de même, vouloir que deux cultures vivent sur des territoires séparés n’interdit pas le partage de connaissance et la communication entre les deux cultures. Je ne dis pas que tous les électeurs FN (ou même la majorité) sont ouverts d’esprit et pour le partage, je dis juste qu’il n’y a pas d’incompatibilité fondamentale.
J’espère t’avoir aidé à comprendre.